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FIL D'ACTUALITÉ

Dialogue politique et dégel de la crise sociopolitique au Bénin

« C’est un premier pas » (Joël Aïvo)




Invité Afrique sur RFI ce jeudi 24 octobre 2019, le constitutionnaliste Joël Aïvo s’est prononcé sur des points du dialogue politique du 10 au 12 octobre dernier, initié par le Président de la République, au palais des congrès de Cotonou. Il s’agit notamment de l’objectif visé par cette rencontre, la loi d’amnistie qui doit être votée, la levée des poursuites contre l’ex-président Boni Yayi et l’introduction de parrainage dans les critères de candidatures à l’élection présidentielle.

A la question de savoir si le dialogue politique est de nature à régler la crise des législatives d’avril dernier, le constitutionnaliste souligne que « c’est un premier pas ». « D’abord, il permet d’arrêter le déni de la crise parce qu’on sait que plusieurs acteurs ont nié que le Bénin était en crise et ensuite, il permet de commencer le diagnostic des causes de la crise et de pourquoi nous en sommes arrivés à ce point de non-retour », a-t-il déclaré
Joël Aïvo regrette l’absence de certains acteurs clés de la crise à cette rencontre politique notamment les acteurs de l’opposition, l’ensemble de l’opposition, les autres acteurs historiques du Renouveau démocratique du Bénin à savoir le clergé catholique, la société civile « dont le rôle actif dans la stabilité du Bénin et dans l’approfondissement démocratique n’est plus à dénié ».
Concernant la loi d’amnistie qui doit être votée pour ce qui est des violences post-électorales, le professeur de droit pense qu’il va falloir « veiller à ce que l’amnistie ne rime pas avec l’impunité ». Pour lui, « l’amnistie ne peut pas, ne doit pas blanchir un certain nombre de crimes qui sont pour certains des crimes de sang ».
Joël Aïvo qui a toujours plaidé pour qu’il y ait une vérité sur ce qui s’est passé lors des violences post-électorales a souligné qu’ « on ne peut pas amnistier tant qu’on n’a pas situé les responsabilités et tant qu’on n’a pas su qui a tué ces citoyens dans les manifestations ». « Le Bénin n’a jamais connu ça depuis très longtemps donc, on ne peut pas passer sous silence des actes aussi graves qui ont affecté le moral du pays, la psychologie du pays et la stabilité du pays », a-t-il ajouté.

S’agissant des poursuites contre l’ex-président qui vont être levées, Joël Aïvo estime que cela va dans le bon sens puisque Boni Yayi étant un acteur majeur « fait partie des solutions à la crise au Bénin ».
Par ailleurs, il indique que la crise au Bénin englobe « d’autres acteurs qui pensent et qui disent d’une manière ou d’une autre font l’objet d’une traque judiciaire aussi », faisant référence « à toutes ces personnalités qui sont à l’étranger dont le pays a besoin ».
D’après lui, « l’apaisement passe par ces mesures globales qui ne peuvent pas se limiter seulement au président Boni Yayi ».
Selon le constitutionnaliste, en plus du point relatif à la dissolution du parlement et la reprise des législatives, « on attend également des précisions sur beaucoup d’autres points ». Il cite entre autres, « le toilettage du code électoral, de la charte des partis politiques pour sortir de ces dispositions électorales qu’on peut considérer comme étant des chicanes, qui ont obstrué le pluralisme et la concurrence lors des dernières élections ».
« Sur les élections générales, je voudrais avoir la précision du parlement ou du gouvernement qu’il ne s’agit pas seulement du couplage des élections municipales et communales de 2020 avec la présidentielle mais que dans ces élections générales, il y a bien la convocation de nouvelles élections législatives qui donnent désormais la possibilité à notre peuple de choisir à lui-même les représentants qui vont siéger à l’Assemblée nationale », a-t-il signalé.

La question du parrainage aux élections
L’Invité de la Radio mondiale a aussi abordé les inquiétudes relatives à l’introduction de parrainage dans les critères de candidatures à l’élection présidentielle.
Le parrainage explique-t-il « apparaît comme un cheveu dans la soupe qui n’a rien à voir avec le besoin de décrispation et de dégel ». Joël Aïvo soutient que le parrainage annoncé, est « un peu contraire au parrainage par exemple qui a eu lieu au Sénégal et qui est un portage des idées des candidats par les électeurs ».
Au Bénin, d’après ce qui a été annoncé par le conseil des ministres, « il s’agit d’un parrainage par les élus notamment les élus communaux ». « Alors, l’inquiétude dans la classe politique est partie du moment où on sait quand on prend le parlement, qu’il s’agit d’un parlement monocolore dont les 83 députés soutiennent l’action du président ; on peut se douter qu’aucun candidat de l’opposition ou aucun candidat n’étant pas de la majorité présidentielle ne bénéficiera de parrainage d’aucun député de ce parlement », relève-t-il.
Ensuite, enchaîne Joël Aïvo « lorsqu’on prend les élus communaux ou municipaux, on sait là aussi quelle était la couleur de l’ensemble des communes à l’avènement du président du Bénin Patrice Talon ».
« Pour beaucoup, il y avait les maires d’opposition, des conseillers communaux qui appartenaient à des partis différents. Aujourd’hui, la tendance est à des conseillers monocolores en raison du soutien qu’ils attendent au gouvernement de leur projet, de leur budget. La crainte est que, à partir du moment où le portage des candidats devient un portage politique, que ce parrainage soit utilisé pour empêcher des candidats sérieux de se présenter à l’élection. Peut-être même des candidats qui sont issus de partis qui ont des conseillers communaux de bénéficier de parrainage de leurs propres conseillers en raison du poids, en raison peut être des menaces et des contraintes, qui peuvent peser sur le parrainage », avertit-il.
Le constitutionnaliste Joël Aïvo pense qu’il ‘’faut faire très attention’’ et de « faire en sorte que le parrainage ne soit pas utilisé comme une nouvelle technique d’exclusion ; et que quel que soit le système que l’on imagine pour rationaliser la vie politique, que ce soit plutôt des systèmes qui garantissent le pluralisme et qui permettent au Bénin de confirmer sa réputation démocratique ».

Akpédjé AYOSSO

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