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FIL D'ACTUALITÉ

Tradition

La Lutte contre l’infanticide rituel entravées par l’intransigeance de la tradition




Au nom de la tradition, l’infanticide rituel fait de nombreuses victimes parmi les enfants mal nés ou qui font mal leur dentition dans certaines localités, surtout au Nord du Bénin. Face à ce crime contre l’humanité, la conscience collective n’est pas restée indifférente. En dépit des actions menées pour l’éradiquer, la pratique qui était vivace hier, a lieu aujourd’hui dans la clandestinité. Mais, ce n’est pas pour autant que la lutte engagée sur le front va connaître un relâchement.

Par Nazaire TAHOUE

Pendant qu’ailleurs, le cercle de famille applaudit à grands cris lorsque l’enfant parait, chez les Baatonu, Boo et Peulh au Nord du Bénin, dans les départements de l’Atakora, de la Donga, du Borgou et de l’Alibori, les naissances ne sont souvent pas sources de gaieté. Malheur aux enfants « mal nés » ou qui « font mal leur dentition ». Ils ne sont pas tolérés. Dans les régions de Kalalé, Pèrèrè, Sinendé, Nikki, Sègbana, Kérou, Kouandé, Djougou, N’Dali, Bembèrèkè, Karimama et Gogounou, ils sont victimes de l’infanticide rituel qui est une réalité. Et pourtant, un enfant que l’on sacrifie est un adulte de demain, un bras valide dont le pays aura certainement besoin.

L’état des lieux

Les Baatonu, Boo et Peulh sont victimes d’une tradition qui continue de s’imposer douloureusement à eux. Il s’agit de l’infanticide rituel qui, contrairement à ce qu’aura été sa pratique par le passé, n’est plus vivace aujourd’hui.
En effet, l’infanticide rituel n’a jamais pris fin dans la plupart de ces localités au nord du Bénin, informe le père Pierre Bio-Sanou qui a consacré plus de 40 ans de son apostolat pour le combattre. « Il a désormais lieu sous une forme plus discrète », alerte-t-il. Au moment où il engageait la lutte contre le phénomène vers les années 1968, le prélat se souvient que c’était une question taboue.
Il ne sera pas contredit par le directeur exécutif de l’Association pour la protection de l’enfance malheureuse (APEM), Mohamed Alidou. La soixantaine, ce dernier n’a pas constaté une grande régression dans la pratique de l’infanticide rituel. « Malgré nos sensibilisations et campagnes, il se poursuit et n’a guère diminué », confie-t-il. Le silence qui l’entoure, fait-il également observer, entrave les efforts déployés par les organisations chargées de la protection de l’enfant et l’Etat pour l’éradiquer.
« La pratique est malheureusement encore présente et de façon un peu plus subtile. Il ne faut pas se voiler la face », fait remarquer quant à lui, le père Patrick Sabi Sika qui a dirigé l’Ong Espoir lutte contre l’infanticide au Bénin (ELIB), après que le père Pierre Bio-Sanou, accusant le poids de l’âge, lui ait passé la main. « Le phénomène persiste, parce que beaucoup ont récupéré le travail qui a été fait, en créant tous azimuts des Ong. Pourvu qu’elles ne se soient pas jetées dans la danse, pour s’engraisser sur le dos des enfants concernés. Nous aurions pu fédérer nos forces pour une unité d’actions », regrette-t-il.

Mohamed Alidou et l’APEM ont sauvé de nombreux enfants de l’infanticide rituel au
nord du Bénin

Changer une culture, confie quelques responsables de l’Ong Franciscains-Bénin, demande du temps. Selon une étude menée par cette organisation en 2017, Sinendé, Pèrèrè et Kalalé sont les trois communes où la prévalence du phénomène est encore élevée. Sur 914 enfants, la même étude a révélé que 410 présentaient des signes d’enfants taxés de sorciers.
Aujourd’hui, ces enfants sont de plus en plus abandonnés, envoyés dans les orphelinats ou confiés à des guérisseurs traditionnels. Ils sont souvent rejetés par les membres de leur famille.
Le nombre d’enfants sauvés de l’infanticide rituel ne se compte plus. Quant aux bourreaux, ils ne courent plus aujourd’hui les rues. Ils ne sont plus nombreux et ne peuvent plus se faire reconnaître ou montrer en public.

Des actions initiées

Désavouant la pratique qui consiste à ôter la vie aux enfants taxés de « sorciers », le prêtre Pierre Bio-Sanou a créé l’Ong ELIB en 1983. Il est le témoignage vivant et le symbole de ce combat qui, au vu de tous les risques qu’il fait courir, peu de personnes mènent.
« Cette lutte, c’est dans ma propre famille que je l’ai commencée en septembre 1968. Je ne peux jamais l’oublier. Des bourreaux s’étaient emparés d’un bébé né par présentation du siège. Informé tardivement, je n’ai rien pu faire. Estimant que c’était là une survivance d’une coutume en voie d’extinction, j’ai été traumatisé. Pour moi, le serment était fait. Je ne serai plus témoin de cela », confie le septuagénaire qui, aujourd’hui, s’est retiré à Tanguiéta.
Cinq ans plus tard, se souvient-il, c’était le tour de l’une de ses nièces. « Heureusement, j’ai réussi à la sauver. Mais, c’est à mon corps défendant que je me suis retrouvé dans l’obligation de menacer son oncle maternel, avec mon fusil », poursuit le père. Mais il a par la suite changé de stratégie en procédant avec souplesse, ténacité, dialogue et persuasion. Tout en montrant fièrement leurs photos, il se réjouit d’avoir sauvé plusieurs dizaines d’enfants d’une mort certaine.
Comme les prêtres Pierre Bio-Sanou et Patrick Sabi Sika, sous le sceau de leur Ong ELIB, la congrégation des Franciscains-Bénin s’est également impliquée dans cette lutte, à travers diverses actions et plaidoyers. Depuis 2012, elle a pris l’habitude d’organiser des campagnes de sensibilisation dans les régions les plus touchées par la pratique au Bénin. Elle était à Pèrèrè, dans le cadre de la 7e édition de ladite campagne. Pendant près d’une semaine en avril 2018, elle a parcouru Pèrèrè-centre et les villages de Bougnankou, Sountou et Gnynsi. C’est pour rencontrer les autorités politico-administrative, les chefs traditionnels et autres dignitaires religieux, les sages-femmes, les responsables de centres de promotion sociale et les populations, puis à échanger avec eux sur le thème « infanticide rituel dans le nord Bénin ».
Aux côtés de l’église catholique et de quelques bonnes volontés, des Organisations de la société civile comme l’Association pour la protection (APEM) de Mohamed Alidou sont également présentes sur le terrain. Leur contribution est appréciable.
Par ailleurs, Mohamed Alidou rapporte le cas du regretté Omar Ky-Sama, un chef traditionnel qui a sauvé de nombreux enfants à Sègbana. « Après les avoir récupérés, il leur a redonné le goût de vivre. Ces rescapés de l’infanticide rituel vivent aujourd’hui en paix à Ségbana, dans un grand quartier au niveau de l’ancien site royal. D’autres enfants doivent leur survie aux Peulhs qui ont bien voulu les élever ou aux enseignants alors en poste dans la localité de Ségbana », précise-t-il. « Les paysans, en se rendant au champ ou les bonnes femmes, au marché, ramassent régulièrement sur leurs routes des nouveau-nés abandonnés, qu’ils nous apportent. C’est un drame », renchérira à sa suite, Justin Zossoungbo qui dirige le Centre d’accueil et de sauvegarde de l’enfant (CASE) avec son épouse, à Parakou.
Mais, quelle est cette tradition qui n’accorde aucune importance au droit à la vie de ces innocents enfants ? Si, à défaut de les aider à affirmer leur identité, elle bride leur développement au mépris du respect de la dignité humaine, Quel est alors son utilité pour les communautés auprès desquelles l’infanticide rituel continue d’avoir pignon sur rue ?

L’ignorance et la peur de l’inconnu

Embrigadées par la tradition, les populations des localités où l’on s’adonne à cette pratique, explique Mohamed Alidou de l’APEM, n’ont aucun égard envers leurs enfants qui ne sont pas nés normalement. Non satisfaites de les qualifier d’enfants « sorciers », elles voient également en eux des « mangeurs d’hommes », des « malfaiteurs » ou des « enfants maudits ». Elles préfèrent ne pas avoir d’enfants, que de vivre avec des enfants sorciers. Autant de préjugés socio-cultuels qui les poussent à leur ôter la vie ou se débarrasser d’eux, sans aucune forme de procès. C’est pour éviter les commentaires de l’entourage, d’avoir à connaître la honte ou supporter le regard des autres.
Au-delà de la peur, il y a également un souci d’orgueil, de fierté personnelle, sinon de préservation. Les membres des ères cultuelles Baatonu et Boo tiennent, par exemple, à leur pureté. Ils n’admettent pas que ces enfants, surtout ceux souffrant de malformations congénitales, deviennent pour eux des charges durant toute leur vie.
Pour le père Patrick Sabi Sika, c’est la peur née de l’ignorance, ainsi que le poids de la tradition, qui poussent les membres de ces communautés à commettre l’extrême. « Il faut essayer de les comprendre, puis les amener à se corriger par la sensibilisation », conseille-t-il.

L’implication des Franciscains-Bénin dans la lutte contre l’infanticide rituel n’est plus à démontrer

« La mère a peur de son enfant. Elle pense qu’il va la tuer. Même si parfois, certains parents veulent bien garder leur enfant, ils craignent la réaction des membres de leur entourage. Chaque fois qu’un malheur s’abattra sur leur famille, ils n’hésiteront pas à le montrer du doigt, puis à l’accuser d’en être le responsable », soutient Amidath Chérifatou B. En service dans une quincaillerie à Banikoara, elle l’a échappé belle. Agée de 27 ans, elle avoue avoir fait sa dentition par le haut. Elle s’en est sortie, après avoir été récupérée par sa tante maternelle qui finalement, a perdu la vie dans un accident de la circulation. Deux mois plus tard, c’est la maladie qui emportera un de ses oncles maternels. « J’avais à peine 3 ans. Rapidement, on n’a commencé par me soupçonner de sorcellerie. Les démarches étaient déjà en cours pour procéder à mon élimination. Je dois la vie aujourd’hui à une structure de protection de l’enfance », reconnait-elle.
En effet, dès qu’un enfant naît dans des conditions inhabituelles, raconte Mohamed Alidou, les femmes âgées, les vieilles tantes et celle qui vient de le mettre au monde, prennent leurs jambes à leur cou. Mais avant, elles prennent le soin de barricader la porte avec des troncs d’arbres pour l’empêcher de s’enfuir. Pendant ce temps, le nouveau-né est abandonné à même le sol jusqu’à l’arrivée du bourreau qui se chargera de son sort. C’est le chef de la collectivité qui, mis au courant de la situation, est allé le chercher. A son arrivé sur les lieux, ce dernier ouvre la porte et amène l’enfant vers une destination d’où il ne reviendra plus jamais. Une corde attachée autour des chevilles du nourrisson, il va le tournoyer plusieurs fois, avant de lui fracasser le crâne contre le tronc d’un arbre. C’est pour se faire récompenser, une fois sa lugubre et macabre besogne de « réparation d’une anomalie de la nature » accomplie. En dehors de l’argent et des vêtements, il reçoit parfois un taureau lorsque l’enfant exécuté est du sexe masculin, ou une génisse, s’il est une fille. Très souvent, c’est de l’argent, un pagne noir, une chèvre noire et tout ce qui avait été préparé pour la naissance de l’enfant. Quel paradoxe, s’exclame le père Pierre Bio-Sanou, si les parents de l’innocent enfant que l’on a fait passer pour un monstre, doivent encore récompenser son bourreau.

Victimes de la tradition

Lorsqu’un enfant naît soit prématuré, sans avoir poussé de cris, avec les dents, par le siège, les pieds, l’épaule, la face contre terre, avec des malformations, ou que sa mère décède en couche, la tradition dans certaines régions au nord du Bénin suppose qu’il y a des préjugés qui pèsent sur lui. Elle le taxe d’enfant « sorcier » qu’il ne faut pas laisser vivre. De même, l’enfant sera condamné, si sa première dent apparaît par la mâchoire supérieure ou avant l’âge de huit mois. C’est par égorgement, noyade, empoisonnement, envoûtement, privation alimentaire, fracas de la tête contre le tronc d’un arbre et abandon dans la forêt, explique le père Pierre Bio-Sanou, qu’ils sont condamnés à mort par leurs propres géniteurs.
Chez les Peulhs, les jumeaux sont également logés à la même enseigne. A leur naissance, leurs parents se séparent d’eux. C’est tout le campement qui déménage, les abandonnant sur les lieux, jusqu’à ce qu’ils meurent ou soient sauvés par d’autres personnes.
Quelques soient les conditions dans lesquelles un enfant nait, il demeure avant tout un être humain et sa vie est sacrée. Un avis que ne partage pas la septuagénaire Fazia Mama Foudounga, une vendeuse de feuilles médécinales au marché de Kandi. Selon elle, ce n’est pas à dessein que la tradition a été établie. Baatonu d’origine, elle fait partie de ceux qui croit que l’enfant qui naît avec les dents est venu pour "dévorer" des êtres humains. « Si c’est une fille, elle va tuer ses parents maternels sans oublier sa propre mère. Quant au garçon, il s’en prendra aux membres de sa famille paternelle, en commençant par son père », soutient avec insistance la vieille dame.
Par rapport aux bébés qui présentent le siège à leur naissance, la tradition laisse entendre, selon le sociologue Candide Adjagbénon, qu’ils ne pourront pas retenir leur soif de s’asseoir sur le monde, pour le dominer. Quant à ceux qui sortent avec les pieds, leur intention est de marcher sur le tout le monde. La pire de toutes les positions redoutées, poursuit-il, c’est celle où l’enfant sort à plat ventre. « Elle augure d’un mauvais présage et ferme la porte du bonheur aux membres de l’entourage de l’enfant », souligne le sociologue. « En tenant compte de ces réalités, ce n’est pas facile pour les membres desdites communautés de se détacher de leurs traditions, en acceptant ces genres d’enfants parmi eux », fait-il remarquer.
Dans la majorité des cas, explique la sage-femme Germaine Alitonon, c’est au cours de la période embryonnaire que les malformations interviennent. « C’est à ce moment que tous les organes se mettent en place et les malformations peuvent survenir. Pendant celle fœtale, elles n’intéressent seulement que le système nerveux et les organes génitaux », assure-t-elle. Les causes de malformations sont, poursuit-elle, parfois génétiques et héréditaires. Elles sont gamétiques et non héréditaires avec les facteurs familiaux liés par exemple à l’âge avancé de la mère de l’enfant. Il faudra également ajouter, selon elle, les causes infectieuses telles que le virus rubéole, ainsi que les malformations associées entre autres à l’arriération mentale et à l’hydrocéphalie. Viennent ensuite les malformations dentaires, ainsi que les tentatives d’avortements provoqués ou répétés. De même, déplore la sage-femme, il y a le cas des femmes qui ne viennent pas aux consultations prénatales. « Pour celles qui y viennent, nombreuses ne respectent pas les périodicités. Ce qui peut également provoquer des malformations et des anomalies lors des accouchements », prévient-elle.
Aussi, les Franciscains-Bénin recommandent-ils que la sensibilisation sur le terrain vise également à orienter les femmes enceintes vers les maternités, puis à les entretenir souvent sur les comportements à adopter pendant la grossesse. Abondant dans le même sens, le père Patrick Chabi Sika estime que le problème serait en partie résolu, si les parturientes reçoivent des soins médicaux appropriés.

Des stigmatisés à vie

Les conséquences de l’infanticide rituel sont dramatiques. Que de foyers et de familles disloqués, à cause de cette pratique. Des femmes ont été répudiées parce qu’elles se sont opposées à ce que l’on les dépossède de leur enfant, pour aller leur supprimer la vie.
Mbouké Assani, la cinquantaine révolue, mérite bien que l’on s’apitoie sur son cas. Après avoir vu les deux enfants qu’elle a eu taxés de « sorciers », puis éliminés, les membres de la famille de son époux l’on renvoyée de son foyer. Elle ne s’en est jamais remise et n’arrive plus à retrouver le goût à la vie.
Peu enviable parait également le sort réservé aux enfants rescapés de cette pratique. Même devenus adultes, soutient Mohamed Alidou, ils traînent avec eux les préjugés néfastes d’enfants sorciers et sont stigmatisés par leur communauté. « A jamais traumatisés, ils sont marqués par un sentiment de culpabilité. Leur intégration dans leurs milieux d’origine est souvent difficile. Poursuivis, ils sont l’objet de menaces de mort. Le danger plane sur leur tête de façon permanente », ajoute le père Patrick Sabi Sika.
A plusieurs reprises, le père Pierre Bio-Sanou a tenté de mettre certains en contact avec leurs véritables parents. Mais il n’a pas eu la tâche facile. Aussi bien pour les enfants et que sa propre personne, l’entreprise s’est avérée à risques. Combien de fois ne l’a-t-on pas menacé, s’il persistait dans sa démarche.

Le père Patrick Sabi Sika souhaite une unité d’actions contre la pratique

Toutefois, grande est aujourd’hui sa satisfaction de constater que ces enfants qu’il a sauvés, sont devenus des adultes. Dans la vie active, ils n’ont tellement pas à se plaindre, même si à leur âge, certains continuent encore de tout ignorer par rapport à leur passé. Pour ceux qui le connaissent, c’est comme un boulet qu’ils traînent à l’un de leurs pieds.
Au-delà de la sensibilisation

L’infanticide rituel est une pratique traditionnelle qui, malheureusement, ôte la vie à des enfants innocents. A ce titre, il doit être condamné et puni.
Les textes nationaux et internationaux engageant le Bénin reconnaissent à tous les enfants, le droit à la vie. Mieux, il y a eu des avancées au Bénin en 2015, avec la criminalisation de l’infanticide sous sa forme rituelle par le législateur. C’est à travers les dispositions de l’article 340 de la loi No 2015-08 du 8 décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin.
En effet, pour réprimer l’infanticide rituel, les lois et la force de l’État doivent être appliquées sans complaisance. Mais, avec la pratique qui est devenue clandestine, puis en l’absence de plaignants, les parents préférant garder leur silence, ce n’est pas le cas.
Tel un paradoxe, en déduit le père Pierre Bio-Sanou, les enfants qualifiés de « sorciers » sont livrés par leurs propres parents censés porter plainte. Ils deviennent des complices. Ce qui fait que, très peu de bourreaux aient été interpellés et condamnés par la justice. Au passage, le prêtre dénonce la complicité de certaines autorités locales.
En attendant, les différents acteurs impliqués dans la lutte contre la pratique sont unanimes sur un fait. Puisque ce n’est souvent pas facile de s’attaquer à la tradition, tous appellent à la poursuite de la sensibilisation. Selon eux, l’accent doit également être mis sur l’éducation et l’enseignement de la dignité humaine.
Une autre alternative de taille que les pères Pierre Bio-Sanou et Patrick Sabi Sika ont envisagé pour pouvoir éradiquer le phénomène, c’est la construction des maternités et centres de santé dans les localités où il sévit. C’est selon eux, un moyen pour empêcher les traditionalistes de déclarer qu’un enfant est « mal né ». N’ayant pas été autorisé à accéder dans la salle, ils ne savent pas comment est-ce que l’enfant est né. Ce qui protège ce dernier contre les préjugés et autres accusations de sorcellerie.
En effet, les sages-femmes admettent de moins en moins les parents dans les salles d’accouchement. Le devoir s’impose également à elles, de garder le secret par rapport à la position dans laquelle l’enfant est sortie, ainsi que ses malformations non perceptibles.
« Mais encore faudrait-il que, les femmes enceintes acceptent de fréquenter les maternités pour les consultations prénatales. Qu’elles évitent d’accoucher à la maison », prévient le père Patrick Sabi Sika. C’est dans ce cadre, poursuit-il, que l’association ELIB avait d’ailleurs fait construire en 1994 la maternité du village de Sékogourou, à Kouandé, qui a permis à de nombreux enfants d’échapper aux regards malveillants qui voient en certains parmi eux, des bébés « mal nés ». « C’est une Ong française qui nous a aidé à la construire. L’Etat béninois prend en charge la paye de l’infirmier et de la sage-femme », rappelle le père Pierre Bio-Sanou.
Toutefois, ce n’est pas parce que l’enfant est né dans une maternité, qu’il ne peut plus être victime de l’infanticide rituel. Il n’en sera à l’abri que, lorsqu’il n’aura pas fait sa dentition par la mâchoire supérieure. Mais qu’à cela ne tienne, Mohamed Alidou propose que tous les enfants nés soient désormais recensés et suivis jusqu’à leur dentition. De même, que soit signalé leur décès, puis précisées les conditions dans lesquelles il est survenu. Pour démystifier le phénomène, il souhaite que les cas d’enfants déclarés « sorciers » ayant réussi dans la vie ou qui font la fierté de leurs parents adoptifs, soient montrés en exemple. A ce titre, le Dahomey devenu Bénin peut être fier d’avoir eu parmi ses anciens hommes d’Etat, quelqu’un qui était né avec des dents.

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