mercredi, 3 juin 2020 •

438 visiteurs en ce moment


 
 

 
 
 
 
FIL D'ACTUALITÉ

Elections législatives d’Avril 2019 au Bénin.

Que ce passé proche parle à son présent.




Par Thomas Suru Cofi

Nous voilà à la veille pour ainsi dire de la date prévue pour l’installation de la 8ieme législature issue des élections du 28 Avril 2019 dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ont été secouées par des turbulences. Nous scrutons l’horizon proche avec l’espoir que tous, acteurs à divers degrés oeuvrions pour que cette actualité quelque peu agitée évolue vers un mode plus serein afin que les meilleures de nos énergies soient mobilisées autour des nombreux défis qui se posent au quotidien de nos populations.

Un peuple qui ne connaît pas ou oublie son histoire n’a point d’avenir di-t-on. Au moment où l’actualité nationale quoique en voie d’apaisement, nous le souhaitons, reste chargée d’interrogations, jetons donc un regard vers le passé, non pas en espérant forcément y trouver des réponses et des solutions, mais tout au moins pour éclairer le chemin parcouru.
Commençons par nous souvenir des circonstances dans lesquelles les candidats Nicéphore Soglo et Adrien Houngbedji positionnés second et troisième derrière Mathieu Kérékou refusèrent successivement de participer au second tour des présidentielles de 2001, ce qui donna lieu à un « match amical » entre le Président Kérékou et son Ministre d’Etat Bruno Amoussou classé 4ieme au premier tour. Cet épisode aurait pu mettre à mal la paix et la cohésion nationale ; Fort heureusement, l’essentiel fut sauvegardé. C’est le lieu de saluer les acteurs majeurs de cet épisode qui ont su s’élever au-dessus des contingences déstabilisatrices. Cependant aucun débat d’envergure n’a suivi pour tirer des enseignements de cet épisode électoral problématique.
Plus proche dans le temps, nous avons assurément frôlé des extrêmes lors des élections présidentielles houleuses de Mars 2011 et qui se soldèrent au premier tour par l’investiture du Président Yayi Boni dans un contexte de tension substantielle. L’opposition, rassemblée pour l’essentiel autour du candidat Adrien Houngbedji avait alors dénoncé un holdup électoral, un scrutin plié d’avance. L’opposition fit contre mauvaise fortune bon cœur pour ainsi dire, préservant ainsi le pays de graves dissensions. Ces élections présidentielles furent suivies des législatives d’Avril avec du côté du pouvoir des résultats bien au-dessous de ses espérances. Au sortir de ces péripéties électorales de 2011, le Médiateur de la République d’alors, Mr Albert Tévoedjrè avait pris l’initiative d’assises « nationales » dénommées « Forum vérité et sursaut patriotique ». Mais ce forum prévu pour le 4 Mai 2011 fut annulé à la surprise générale au tout dernier moment sur instruction du chef de l’Etat selon ce qui fut rapporté à l’époque. D’autre part, l’initiative de ce forum ne faisait pas l’unanimité dans l’opinion. En effet, des voix s’élevèrent dans l’opinion publique et spécifiquement du côté de l’opposition pour y voir une organisation visant à donner une aura de légitimité au prétendu holdup électoral. De quoi aurait accouché ce forum s’il avait eu lieu ? Aurait-il permis au second quinquennat du Président Yayi Boni de se dérouler sous de meilleurs auspices ? Aurait-il posé les bases de dialogues ultérieurs permettant de définir des objectifs clés de la nation et des feuilles de routes « consensuels » dont pourraient même bénéficier les quinquennats et gouvernements ultérieurs ? La question mérite d’être posée, non pas pour ressasser le passé mais pour éclairer les difficultés actuelles, notamment cette difficulté récurrente sur laquelle nous butons, celle d’engager des transformations, d’obtenir l’adhésion, et les rendre opérationnelles dans la durée. Nous pouvons remonter au quinquennat du Président Nicéphore Soglo et nous poser les mêmes interrogations. Nous en venons alors à nous demander si nous n’avons pas brûlé une étape après la conférence nationale. Car lorsqu’on a dit démocratie, Etat de droit, multipartisme etc…on a bien défini un cadre socio-politique mais toutes les bases pour une transformation socio-économique tenant compte de nos spécificités restent à construire. Car héritant de presque une vingtaine d’année de régime « politico-militaro-marxiste-léniniste » avec à la clé une société sclérosée, bloquée, fonctionnant avec des tendances lourdes, nous n’avons pas élaboré les bases « consensuelles » d’un projet de société dans un contexte difficile avec toutes sortes de disparités sociales et économiques. Et lorsqu’un gouvernement tente d’infléchir un peu ces tendances lourdes, de bouger un peu les équilibres établis, le système ou du moins des composantes s’arc-boutent, réagissent par des grincements de machine bloquée. Peu de temps après le début de son premier mandat, Le Président Yayi Boni déclarait de très bonne foi, avec beaucoup de sincérité, lors d’une allocution face à la presse qu’en gagnant la lutte contre la corruption il serait à même de financer en bonne partie les investissements socio-économiques nécessaires au développement du pays. Après deux quinquennats, le bilan de cette lutte contre la corruption et les prévarications se passe de commentaire. Le système a dicté sa loi ; un éléphant grisâtre sur la berge lagunaire à l’entrée de Porto-Novo nous en donne entre autres la preuve palpable. Que dire des longues grèves récurrentes qu’il a sans cesse affrontées ? Le Président Kérékou qui avait une certaine connaissance du système ne nous a-t-il pas interpellés lors des campagnes électorales précédant son « retour » au pouvoir en 1996 en ces termes « Si vous êtes prêt, moi aussi je suis prêt » s’entend, prêt pour le changement ? Sauf en régime dictatorial, changer les fondements d’un système socio-politique sans heurts nécessite doigté car les risques sont nombreux notamment : L’adhésion ou non des diverses composantes de la société, la pression du temps limité d’un mandat, le risque que les « blocs » que vous cherchez à réarranger vous bousculent ou même vous écrasent et reprennent leur configuration initiale.

Ce rapide coup d’œil en arrière nous amène à plusieurs interrogations dont l’une est essentielle : Pouvons-nous nous passer d’un dialogue national au sortir de cet épisode électoral ? Nous voudrions penser que nous gagnerions à poser les bases d’un dialogue constructeur, un dialogue pilote, appelé à être renouvelé périodiquement et qui enfante des perspectives, des feuilles de route partagées par toutes et tous, bénéfiques à toutes et tous.

Au vu des expériences du passé proche, les questions abondent : Qui initierait ce dialogue, quels en seront les attributs, les attributions, les objectifs, les prérogatives ? Quel en sera le format ? etc… autant de réflexions qui interpellent chacun et tous comme nous le rappelle la symbolique de la jarre trouée : Si chacun de vous, fils de cette nation, peut boucher un trou avec son doigt, la jarre retiendra l’eau.

Gageons que nous saurons encore une fois cheminer tous ensemble en toute confiance vers la paix et la concorde nationale, consolidées par les leçons tirées des expériences diverses, soient-elles heureuses ou douloureuses afin d’enfanter d’institutions indépendantes, fortes, représentatives, apprenantes, affranchies des individualités, des personnes, des personnalités, de l’ethnicisme, du régionalisme.

Thomas Suru Cofi (citoyen de la Diaspora)

www.24haubenin.info ; L'information en temps réel

15 mai 2019 par Dg24h


Le mariage à l’épreuve du lesbianisme


3 juin 2020 par Dg24h
L’union entre l’homme et la femme a été de tout temps reconnue par la (...)
Lire la suite

L’huissier de Justice Maxime Bankolé en détention


3 juin 2020 par Ignace B. Fanou
Mardi noir pour les auxiliaires de justice. Après la condamnation de (...)
Lire la suite

Des personnes disparues retrouvées enchaînées comme des esclaves


2 juin 2020 par Akpédjé Ayosso
Au moins cinq personnes portées disparues depuis quelques temps (...)
Lire la suite

Les populations fuient l’eau des forages pour les marigots


1er juin 2020 par Dg24h
L’eau est source de vie dit-on. Mais dans le village de Tchicomey, (...)
Lire la suite

« Les artistes sont déjà morts de leur vivant »


31 mai 2020 par Akpédjé Ayosso
Figure emblématique de la musique béninoise, Assa Cica est décédé le (...)
Lire la suite

Acquéreurs de parcelle, la peur au ventre


30 mai 2020 par Dg24h
Immersion dans le dédale foncier
Lire la suite

Les lesbiennes sortent de l’ombre à cœur ouvert


28 mai 2020 par Dg24h
Rosine et Francine vivent en couple depuis bientôt deux ans. Très (...)
Lire la suite

La fondation ABAKÈ fait don de masques et de dispositifs de lavage des (...)


28 mai 2020 par Hubert Marcel Houéto
La Fondation ABAKÈ poursuit sa lutte contre la propagation du (...)
Lire la suite

Aboubacar Yaya n’obtient pas la majorité pour se faire élire (...)


28 mai 2020 par Dg24h
Seul candidat au poste, le candidat des FCBE n’a pu se faire élire au (...)
Lire la suite

« De grandes portes ouvertes » pour prêcher l’Évangile dans le (...)


26 mai 2020 par Dg24h
Après 30 ans d’expérience dans les missions à travers le monde et grâce (...)
Lire la suite

Menace sur les terres agricoles


25 mai 2020 par Dg24h
Achats massifs de terres en milieu rural, non respect des textes sur (...)
Lire la suite

Agoué, une destination touristique menacée de disparition


24 mai 2020 par Dg24h
La ville historique d’Agoué, le plus grand et plus peuplé arrondissement (...)
Lire la suite

Le chanteur Assa Cica décédé ce vendredi


22 mai 2020 par Ignace B. Fanou
Un grand baobab de la musique béninoise vient de tomber. Le chanteur (...)
Lire la suite

Les responsables de la prison limogés


22 mai 2020 par Ignace B. Fanou
Les responsables de la prison civile d’Akpro-Missérété viennent d’être (...)
Lire la suite

Bars, mosquées et marchés autorisés à rouvrir


22 mai 2020 par F. Aubin Ahéhéhinnou
Les marchés frontaliers, les bars et autres débits de boissons, et le (...)
Lire la suite

Les populations fuient l’eau des forages pour les marigots


21 mai 2020 par Dg24h
L’eau est source de vie dit-on. Mais dans le village de Tchicomey, (...)
Lire la suite

Jean Codo L’ancien conseiller de feu Kérékou n’est plus


21 mai 2020 par Ignace B. Fanou
L’Ancien conseiller technique au tourisme de feu Général Mathieu Kérékou (...)
Lire la suite

La fondation MTN fait don de tables-bancs


20 mai 2020 par Hubert Marcel Houéto
La Fondation MTN a fait don de 250 tables-bancs aux collèges (...)
Lire la suite


ÉCOUTER FRISSONS RADIO


Derniers articles



Autres vidéos





Les plus populaires