24 Heures au Bénin https://www.24haubenin.info Webzine, Quotidien Béninois indépendant, d'analyses et d'information en ligne Thu, 17 Oct 2019 22:26:22 +0000 fr-FR hourly 1 Spip 24 Heures au Bénin https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L144xH117/siteon0-fad27.png?1571351219 https://www.24haubenin.info 117 144 Le Nigéria interdit les échanges de marchandises via ses frontières terrestres https://24haubenin.info/?Le-Nigeria-interdit-les-echanges-de-marchandises-via-ses-frontieres-terrestres https://24haubenin.info/?Le-Nigeria-interdit-les-echanges-de-marchandises-via-ses-frontieres-terrestres Tue, 15 Oct 2019 08:44:29 +0000 fr La Rédaction <p>Pas d'ouverture des frontières nigérianes sans un accord avec les pays voisins. Le gouvernement fédéral a ordonné la fermeture complète de ses frontières en interdisant les entrées et les sorties des marchandises via ses frontières terrestres. <br class='autobr' /> Le colonel à la retraite Hameed Ali l'a notifié aux douanes nigérianes lors d'une conférence de presse mixte sur une patrouille conjointe des frontières baptisée "Ex-Swift Response". <br class='autobr' /> Selon le colonel à la retraite Hameed Ali rapporté par le site ‘'Nairametrics'', (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH85/arton22605-18e23.jpg?1571351224' width='150' height='85' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Pas d'ouverture des frontières nigérianes sans un accord avec les pays voisins. Le gouvernement fédéral a ordonné la fermeture complète de ses frontières en interdisant les entrées et les sorties des marchandises via ses frontières terrestres.<br class='autobr' /> Le colonel à la retraite Hameed Ali l'a notifié aux douanes nigérianes lors d'une conférence de presse mixte sur une patrouille conjointe des frontières baptisée "Ex-Swift Response".</strong></p> <p>Selon le colonel à la retraite Hameed Ali rapporté par le site ‘'Nairametrics'', les marchandises n'entreront dans le pays que par voies aériennes et maritimes car elles peuvent être contrôlées grâce aux scanners. <br class='autobr' /> A en croire le colonel Hameed, cette mesure d'interdiction d'importation et exportation de biens via les frontières terrestres du pays est prise jusqu'à ce qu'un accord soit conclu avec les pays voisins. <br class='autobr' /> La fermeture des frontières nigérianes est une décision du gouvernement fédéral intervenue depuis le 20 août 2019. Elle a été prise suite aux activités massives de contrebande, en particulier de riz, qui ont lieu sur son corridor. <br class='autobr' /> Le gouvernement fédéral avait annoncé une fermeture partielle et temporaire des frontières afin de permettre aux forces de sécurité nigérianes « de développer une stratégie sur la façon d'endiguer l'exportation frauduleuse des produits agricoles à travers la frontière nigériane ».<br class='autobr' /> La décision de fermeture des frontières nigérianes entrave la libre circulation des personnes et des biens au sein de l'espace CEDEAO.<br class='autobr' /> Pour le contrôleur général des services des douanes du Nigéria, le pays veut par cette mesure s'assurer que son peuple est protégé.</p> <table class="spip"> <tbody> <tr class='row_odd odd'> <td><strong> <i>A lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Modeste-Toboula-de-retour-a-Cotonou" class='spip_out' rel='external'><strong>Après son évacuation sanitaire : Modeste Toboula de retour à Cotonou</strong></a></td></tr> <tr class='row_even even'> <td><strong> <i>A lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?L-ecole-urbaine-centre-cambriolee" class='spip_out' rel='external'><strong>Djougou : L'école urbaine centre cambriolée</strong></a></td></tr> <tr class='row_odd odd'> <td><strong> <i>A lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Les-dos-d-ane-occasionne-des-accidents" class='spip_out' rel='external'><strong>Tronçon Houègbo-Allada : Les dos-d'âne occasionnent des accidents</strong></a></td></tr> <tr class='row_even even'> <td><strong> <i>A lire aussi :</i> </strong><a href="https://www.24haubenin.info/?Un-proche-du-regisseur-disparu-soupconne-de-complicite" class='spip_out' rel='external'><strong>Affaire DGI : Un proche du régisseur disparu soupçonné de complicité</strong></a></td></tr> </tbody> </table> <p><strong>A.A.A</strong></p></div> 800 000 conteneurs à traiter d'ici 2025 https://24haubenin.info/?800-000-conteneurs-a-traiter-d-ici-2025 https://24haubenin.info/?800-000-conteneurs-a-traiter-d-ici-2025 Tue, 23 Jul 2019 15:32:33 +0000 fr Dg24h <p>Le DG du port autonome de Cotonou (PAC), Joris Thys impulse un nouveau dynamisme au poumon de l'économie nationale. Après quelques mois de gestion, il établit un nouveau plan. Dans le but d'accueillir dans ses bassins des bâtiments de 300 mètres d'ici à la fin de 2019, il entrevoit dès le mois d'août, huit semaines de travaux à cet effet, selon un publication de JA du 23 juillet. Aussi devra-t-il engager des travaux de dragage et d'agrandissement qui démarrent en avril 2020. Ces travaux entrent dans (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH105/arton21612-18d14.jpg?1571353450' width='150' height='105' /> <div class='rss_texte'><p>Le DG du <a href="https://www.afropages.fr/economie/ja-economie/logistique-le-belge-pai-accelere-la-mue-du-port-de-cotonou" class='spip_out' rel='external'>port autonome de Cotonou</a> (PAC), Joris Thys impulse un nouveau dynamisme au poumon de l'économie nationale. Après quelques mois de gestion, il établit un nouveau plan. Dans le but d'accueillir dans ses bassins des bâtiments de 300 mètres d'ici à la fin de 2019, il entrevoit dès le mois d'août, huit semaines de travaux à cet effet, selon un publication de JA du 23 juillet.<br class='autobr' /> Aussi devra-t-il engager des travaux de dragage et d'agrandissement qui démarrent en avril 2020. Ces travaux entrent dans le cadre d'un plan de 591 milliards de FCFA (900 millions d'euros) impulsé par PAI, en cours de bouclage auprès de banques et de bailleurs de fonds internationaux.<br class='autobr' /> La vision qui sous-tend cette initiative est d'atteindre d'ici à trois ans les 15 à 16 m de tirant d'eau partout dans la darse (de 11,5 à 13,5 m actuellement) et une surface de près de 270 hectares (soit 25 ha de plus).</p> <blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">Jeune Afrique économie - Logistique : le belge PAI accélère la mue du port de Cotonou <a href="https://t.co/pxNsqUmc5Q">https://t.co/pxNsqUmc5Q</a> <a href="https://t.co/IWtJWtEXWC">pic.twitter.com/IWtJWtEXWC</a></p> <p>— Afropages (@Afropages) <a href="https://twitter.com/Afropages/status/1153635818436792321?ref_src=twsrc%5Etfw">July 23, 2019</a></p> </blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script> <p>Lesdits travaux qui restent la grande préoccupation du directeur général, faciliteront l'accostage des bateaux plus longs, de 340 m (contre 275 m aujourd'hui).<br class='autobr' /> Aussi pourra-t-on passer de 526 000 à 800 000 conteneurs équivalents vingt pieds (EVP) d'ici à 2025.<br class='autobr' /> L'érection d'un terminal vraquier et une zone logistique sous douane de 50 ha sont en projet pour desservir l'hinterland. <br class='autobr' /> G.A.</p></div> « On rêve d'aller en demi-finale... » (E. Imorou) https://24haubenin.info/?On-reve-d-aller-en-demi-finale-E-Imorou https://24haubenin.info/?On-reve-d-aller-en-demi-finale-E-Imorou Sat, 06 Jul 2019 18:53:13 +0000 fr Dg24h <p>Le Bénin a tiré son épingle du jeu en huitièmes de finale à laCoupe d'Afrique des Nations Egypte 2019. Les Ecureuils ont éliminé les Lions de l'Atlas aux tirs au but et se qualifient pour les quarts de finale. Une victoire historique qui a d'ailleurs fait pleurer le défenseurEmmanuel Imorou. <br class='autobr' /> L'équipe béninoise 🇧🇯 en quarts de finale de la Coupe d'Afrique des Nations après avoir battu le Maroc aux tirs au but 👏 <br class='autobr' /> Voici le rapport du match : #TotalAFCON2019https://t.co/GWndG8yIaL— CAF (FR) (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH100/arton21405-435a1.jpg?1571353450' width='150' height='100' /> <div class='rss_texte'><p>Le Bénin a tiré son épingle du jeu en huitièmes de finale à la<a href="https://fr.africanews.com/2019/07/05/can-2019-qualification-historique-du-benin-pour-les-quarts-de-finale//" class='spip_out' rel='external'>Coupe d'Afrique des Nations Egypte 2019</a>. Les Ecureuils ont éliminé les Lions de l'Atlas aux tirs au but et se qualifient pour les quarts de finale. Une victoire historique qui a d'ailleurs fait pleurer le défenseur<a href="https://www.francefootball.fr/fiche/joueur/emmanuel-imorou/29284" class='spip_out' rel='external'>Emmanuel Imorou.</a></p> <blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">L'équipe béninoise 🇧🇯 en quarts de finale de la Coupe d'Afrique des Nations après avoir battu le Maroc aux tirs au but 👏</p> <p>Voici le rapport du match : <a href="https://twitter.com/hashtag/TotalAFCON2019?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw">#TotalAFCON2019</a><a href="https://t.co/GWndG8yIaL">https://t.co/GWndG8yIaL</a></p> <p>— CAF (FR) (@caf_online_FR) <a href="https://twitter.com/caf_online_FR/status/1147222515133112320?ref_src=twsrc%5Etfw">July 5, 2019</a></p> </blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script> <p>Dans un entretien accordé à France 24, il est revenu sur les moments forts de ce match.</p> <p>Le Bénin a fait un exploit face au grand favori Maroc qui restera graver dans l'histoire de la CAN Egypte 2019.<br class='autobr' /> A en croire Emmanuel Imorou, la fin du match était le « genre de situation qui fait monter la pression, et gagner aux tirs au but, c'est le summum du stress ». <br class='autobr' /> S'agissant de cette qualification historique du Bénin, il a confié : « Je ne sais pas si j'ai vraiment conscience ou si je mesure vraiment le phénomène ». Toutefois, le défenseur déclare qu'avec les images vues au Bénin, les messages reçus et joie du ministre des Sports, le président de la Fédération, déjà après avoir passé le premier tour « On sentait qu'il se passait quelque chose ». L'équipe étant qualifiée en quarts de finale, « c'est une étape supplémentaire ». « Quand on voit la liesse dans la rue, on dirait des images de titre. Et nous sommes fiers de les rendre fiers », a-t-il signalé à France 24. <br class='autobr' /> A la question de savoir si le fait d'avoir eu moins de jours de repos que le Maroc, n'a pas joué sur cette qualification, Emmanuel Imorou, admet que « les conditions n'étaient pas optimales ».<br class='autobr' /> « Nous étions plus fatigués qu'eux (...). Après une fois qu'on est sur le terrain, on se doit de l'oublier (...). On est à dix, on souffre, on se bat... On fait tout pour que ça passe », a-t-il affirmé. <br class='autobr' /> Le défenseur n'a pas manqué de se prononcer sur leur prochain match face aux Lions de la Teranga,<br class='autobr' /> du Sénégal mercredi prochain en quarts de finale. « On sait qu'ils sont meilleurs que nous, qu'ils sont archifavoris et que tout le monde nous donnera perdants au départ. On va tâcher d'être solides, on sait que c'est compliqué de nous mettre des buts et qu'on est capables de marquer aussi, dans le jeu comme sur coups de pied arrêtés ».<br class='autobr' /> Pour lui, le match Bénin-Sénégal se jouera comme celui avec le Maroc « comme ça, sans pression, juste avec la sensation qu'on pouvait faire quelque chose d'extraordinaire ». « On est en quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations... C'est un truc de fou ! », s'est-il exprimé. <br class='autobr' /> D'après lui, leur rêve était déjà accompli lorsqu'il était qualifié en huitièmes de finale. « Le reste, (...) c'est que du bonus », a annoncé Emmanuel Imorou.<br class='autobr' /> Il poursuit « Soyons francs, je ne vais pas vous dire qu'on a l'objectif d'aller en finale, ça n'aurait pas de sens... Après, ce serait aussi mentir que de ne pas dire qu'on rêve d'aller en demi-finale... Mais on fait étape par étape. Peut-être, justement, que le Maroc pensait déjà au match d'après ».<br class='autobr' /> Le match entre le Bénin et le Maroc était selon le défenseur, les moments les plus intenses de sa carrière. « J'en ai pleuré, et c'est la première fois que je pleure pour du football. C'était le summum, très clairement... », a-t-il avoué.<br class='autobr' /> Akpédjé AYOSSO</p></div> ‹‹ Il faut que les produits fabriqués au Bénin alimentent le commerce régional›› https://24haubenin.info/?Il-faut-que-les-produits-fabriques-au-Benin-alimentent-le-commerce-regional https://24haubenin.info/?Il-faut-que-les-produits-fabriques-au-Benin-alimentent-le-commerce-regional Thu, 04 Jul 2019 05:40:56 +0000 fr Dg24h <p>Le Professeur Barthélemy Biao, Directeur du Laboratoire de recherche en économie et gestion (Lareg) de l'Université de Parakou, a procédé le mercredi 26 juin 2019 à Cotonou, au lancement de l'édition 2019 du Rapport de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le développement (Cnuced) sur le développement économique de l'Afrique. Au cours de la cérémonie, le Professeur Biao a fait un exposé pour présenter le rapport aux médias et au public béninois. Dans cette interview, il fait le point des (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L117xH150/arton21376-9af8f.jpg?1571353450' width='117' height='150' /> <div class='rss_texte'><p>Le Professeur Barthélemy Biao, Directeur du Laboratoire de recherche en économie et gestion (Lareg) de l'Université de Parakou, a procédé le mercredi 26 juin 2019 à Cotonou, au lancement de <a href="https://unctad.org/fr/Pages/AllPressRelease.aspx" class='spip_out' rel='external'>l'édition 2019 du Rapport de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le développement</a> (Cnuced) sur le développement économique de l'Afrique.<br class='autobr' /> Au cours de la cérémonie, le Professeur Biao a fait un exposé pour présenter le rapport aux médias et au public béninois. Dans cette interview, il fait le point des recommandations issues du rapport.</p> <p><strong>24heures au Bénin : À l'occasion du lancement de l'édition 2019 du Rapport de la Cnuced sur le développement économique de l'Afrique, vous avez fait un exposé pour présenter le rapport au public et aux médias. Que peut-on retenir des conclusions de ce rapport ?*</strong></p> <p><strong>Barthélémy Biao</strong> :<br class='autobr' /> Cet exposé sur le Rapport de développement économique en Afrique pour cette année porte sur le thème « <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/made-in-africa-nouveau-made-in-china/00075969" class='spip_out' rel='external'>Made in Africa</a>-les règles d'origine, un tremplin pour le commerce africain ».<br class='autobr' /> D'abord, il faut dire que les règles d'origine sont très importantes lorsqu'une région notamment l'Afrique s'engage dans un processus de libéralisation préférentielle. Mais les règles d'origine sont complexes. Dans le passé, elles ont été un instrument qu'on peut dire mal utilisé parce que les pays n'ont pas pu les exploiter suffisamment lorsqu'il y a des règles d'origine concurrentielles. La principale leçon de cet rapport, c'est-de-dire que l'avènement de la Zone de libre-échange continentale va être l'occasion de définir de nouvelles règles d'origine au niveau du continent africain.<br class='autobr' /> Et il serait important que ces règles d'origine aient un certain nombre de qualité. Ces nouvelles règles doivent être transparentes, flexibles, favorables aux entreprises et tenir compte des niveaux de développement différenciés. Elles doivent permettre aux pays quel que soit leur niveau de développement de pouvoir s'insérer efficacement dans les chaînes de valeur au niveau continental alors que jusqu'à présent notre commerce extérieur a été essentiellement orienté vers les pays occidentaux.</p> <p><strong>24 heures au Bénin : Que gagne le Bénin en s'insérant dans cette chaîne de valeur au niveau continental ?</strong></p> <p><strong><br class='autobr' /> Barthélemy Biao</strong> :<br class='autobr' /> La vérité vous le savez. Le Bénin est un petit pays comparativement aux autres pays et dans le processus d'intégration en règle générale, cette différenciation des niveaux de développement est une source d'avantages différenciés. On peut donc à priori penser que les pays les plus développés tireront de meilleurs avantages que les pays les moins développés comme le Bénin. Toutefois, le rapport dit que si on définit des règles d'origine assez flexibles quel que soit le niveau de développement, chaque pays peut s'insérer dans la chaîne de valeur entre la matière première et le produit fini. On peut également dire que lorsqu'on considère chaque pays, il doit être en mesure de définir ses avantages comparatifs. Et pour le moment, le principal produit que le Bénin exporte c'est le coton. Alors que l'étude considère le secteur textile et vêtement comme une chaîne de valeur régionale potentiellement bénéfique. A partir de ce moment, il appartient au Bénin de mettre des politiques idoines pour améliorer son insertion dans cette chaîne de valeur. Et si je considère le passé, il y avait au niveau du Bénin des industries textiles qui ont pratiquement fermé boutique. C'est peut-être l'occasion de réfléchir et de voir, pas en créant nécessairement des entreprises publiques mais en créant des conditions pour que l'investissement direct étranger puisse s'installer dans les meilleures conditions, comment permettre que des produits de mieux en mieux ou de plus en plus transformés soient fabriqués au Bénin et alimentent le commerce régional.</p> <p><strong>24 heures au Bénin : Parlez-nous professeur du contexte dans lequel s'est déroulée l'activité ?</strong></p> <p> <strong>Barthélemy Biao</strong> : Il faut dire que dans ses activités de collaboration extérieure, le Laboratoire de Recherche en Economie et Gestion (Lareg) de l'Université de Parakou est entré en contact avec la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développent (Cnuced). C'est donc dans ce cadre que nous avons été chargé du lancement des rapports réalisés par la Cnuced tantôt sur le développement économique de l'Afrique tantôt sur les Pays les moins avancés (Pma). L'année dernière, c'était sur les pays les moins avancés et cette année, c'est sur le développement économique de l'Afrique. Comme la Cnuced n'a pas de représentation permanente au Bénin, nous servons en quelque sorte de courroie de transmission entre cette institution et le public béninois pour le lancement de ses rapports au Bénin.</p> <p>Juliette MITONHOUN</p></div> Cotonou accueille la 2e édition Benin Investment Forum du 11 au 12 juillet https://24haubenin.info/?Cotonou-accueille-la-2e-edition-Benin-Investment-Forum-du-11-au-12-juillet https://24haubenin.info/?Cotonou-accueille-la-2e-edition-Benin-Investment-Forum-du-11-au-12-juillet Tue, 28 May 2019 10:23:02 +0000 fr Dg24h <p>La 2e édition Benin Investment Forum 2019 se déroulera du 11 au 12 Juillet 2019 à l'hôtel Golden Tulip Le Diplomate Cotonou. Cette rencontre qui sera consacrée à l'accompagnement et au financement des PME au Bénin et la promotion des investissements dans le secteur privé, va rassembler les dirigeants d'entreprises florissantes, entrepreneurs à succès, investisseurs et porteurs de projets innovants, etc. <br class='autobr' /> Après l'édition 2018 qui a connu un record de 600 participants venus de 15 pays, celle de 2019 (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH79/arton20944-1d88e.jpg?1571353450' width='150' height='79' /> <div class='rss_texte'><p><strong>La 2e édition Benin Investment Forum 2019 se déroulera du 11 au 12 Juillet 2019 à l'hôtel Golden Tulip Le Diplomate Cotonou. Cette rencontre qui sera consacrée à l'accompagnement et au financement des PME au Bénin et la promotion des investissements dans le secteur privé, va rassembler les dirigeants d'entreprises florissantes, entrepreneurs à succès, investisseurs et porteurs de projets innovants, etc. </strong></p> <p>Après l'édition 2018 qui a connu un record de 600 participants venus de 15 pays, celle de 2019 s'annonce encore plus prometteuse. Cette 2ème édition se tiendra sous le thème</p> <h3 class="spip">« Redynamiser la croissance par l'investissement privé : Le pari du Bénin ».</h3> <p>Représentant désormais le plus grand rendez-vous du secteur privé et public béninois, ces deux jours de forum seront marqués par des conférences et des débats de haut niveau, la découverte de l'innovation Made in Bénin, un espace d'échanges et de contacts B2B pertinents, des opportunités concrètes d'investissement, des rendez-vous investisseurs avec l'Agence pour la promotion des investissements au Bénin, des échanges avec des experts sur des projets techniques. <br class='autobr' /> En effet, le Bénin a mené des réformes dans le but d'améliorer le climat des affaires et à attirer les investissements directs étrangers (IDE).<br class='autobr' /> Benin Investment Forum 2019 est donc une plateforme internationale de promotion des opportunités d'investissement dans plusieurs domaines du Bénin. <br class='autobr' /> Pour cette édition, le Benin Investment Forum va accueillir le Salon des banques, assurance et produits.<br class='autobr' /> Le salon est dédié aux Finances, Banques, Assurances et autres services annexes (Bourse, Sociétés en bourse, Sociétés de Leasing, Bureaux d'études et conseil spécialisés).<br class='autobr' /> Parmi les intervenants et participants au cours de ce forum, il y a M. Romuald Wadagni, ministre de l'Economie, des finances et des Programmes de dénationalisation du Bénin, et également membre du Global IFRS and Offerings Services Group depuis 2006 ; Robert Aouad, directeur Général à Isocel Telecom, Grace O. Wallace, CEO à KF-Group et Créatrice de la griffe « Grace Wallace » ; Adidjatou Zanouvi, directrice Générale de African Guarantee Fund pour les PME en Afrique de l'Ouest, basé à Lomé au Togo et pleins d'autres talents, de personnes ressources et compétentes. <br class='autobr' /> L'objectif du Benin Investment forum est de « réunir chaque année, fonds d'investissement, marchés financiers, banques de développement, corporate ou d'affaires et dirigeants d'entreprises africaines afin de leur permettre de multiplier les rencontres et d'élaborer de nouveaux projets ».</p> <p><strong>Akpédjé AYOSSO </strong></p></div> « L'économie béninoise se porte bien, de mieux en mieux » (Romuald Wadagni) https://24haubenin.info/?L-economie-beninoise-se-porte-bien-de-mieux-en-mieux-Romuald-Wadagni https://24haubenin.info/?L-economie-beninoise-se-porte-bien-de-mieux-en-mieux-Romuald-Wadagni Thu, 18 Apr 2019 07:23:23 +0000 fr La Rédaction <p>L'économie béninoise a fait un véritable rebond ces dernières années. Depuis l'avènement du gouvernement du Nouveau départ en 2016, la courbe de l'économie béninoise connaît une ascendance remarquable. Ces performances dûes aux réformes engagées par le Président Patrice TALON et son équipe. Les performances remarquables de l'économie, saluées par diverses institutions financières aux plans sous régional et international ont été possibles grâce au management de qualité du Ministre de l'économie et des finances, (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH95/arton20451-fdf4e.jpg?1571353450' width='150' height='95' /> <div class='rss_texte'><p>L'économie béninoise a fait un véritable rebond ces dernières années. Depuis l'avènement du gouvernement du Nouveau départ en 2016, la courbe de l'économie béninoise connaît une ascendance remarquable. Ces performances dûes aux réformes engagées par le Président Patrice TALON et son équipe. Les performances remarquables de l'économie, saluées par diverses institutions financières aux plans sous régional et international ont été possibles grâce au management de qualité du Ministre de l'économie et des finances, Romuald Wadagni.<br class='autobr' /> Ce jeune ministre a su en trois années conduit les réformes structurelles et structurantes. Un casting payant puisque le Ministre ne ménage aucun effort pour redresser l'économie et créer de la richesse.<br class='autobr' /> Aussi, note-t-on de l'amélioration du train de vie des Béninois, pilier 3 du PAG induit par l'amélioration des performances. À travers un entretien bilan, le Ministre Romuald Wadagni a fait l'état des lieux de l'économie béninoise qui, aujourd'hui, se porte de mieux en mieux. Au cours de cet entretien, l'argentier national a promis de maintenir le cap pour davantage de dividendes à tirer de ce regain de performance de économie nationale. Il a montrer la confiance que les partenaires font à la gouvernance du pays aujourd'hui tant sur le plan continental que mondial. Ce qui témoigne des levées de fonds sur les marchés régionaux et européen.</p> <p><strong>G. A.</strong></p> <p><strong>L'intégralité de l'entretien diffusé sur la télévision nationale.</strong></p> <p><strong>Monsieur le Ministre, comment se porte l'économie béninoise ?</strong><br class='autobr' /> <strong>Romuald WADAGNI :</strong> Bonjour et Merci Messieurs les journalistes ! L'économie béninoise va bien. Les performances macroéconomiques enregistrées en 2018, confirment que pendant trois années successives, les effets des réformes, des investissements menés par le gouvernement depuis 2016 portent leurs fruits. Pour étayer mon propos, je voudrais faire deux choses. La première, prendre quelques agrégats macroéconomiques généralement utilisés pour analyser avec des exemples. La deuxième, étant donné que nous ne vivons pas en vase clos, il s'agira de regarder les appréciations de nos partenaires. Alors de façon classique, la première indication regardée est celle du taux de croissance du PIB.<br class='autobr' /> De façon simple, le taux de croissance du PIB permet de mesurer le rythme de création de richesse dans un pays. Cet indicateur pour 2018 s'élève à 6,8% contre 2,1% en 2015 (source FMI). Quand on le dit, la première question qu'on peut se poser, est de savoir à quoi correspond ce chiffre ? Surtout de se demander si ces chiffres sont fiables ? Alors d'abord 6,8% c'est d'abord 3 fois mieux que le taux de 2015, et ce sont des chiffres du FMI. De l'autre côté, regardant de façon globale, le niveau de production de richesse, dans la sous-région et au niveau mondial, vous allez constater que ce taux fait partie des meilleures performances aujourd'hui. Donc, ce taux est bon.</p> <p><strong>Est-ce que ces chiffres sont-ils fiables ?</strong><br class='autobr' /> Vous savez en octobre 2018, nous avons subi une revue du FMI. Sur la base des données à fin Septembre, le FMI a revu le taux de croissance qui était au début de l'année à 6,00% à 6,5% déjà à fin septembre. Pour 2018, le Bénin a été le seul pays où le FMI, après un contrôle, a revu à la hausse les performances économiques. Il faut saluer cela. Depuis 2016, que nous, nous sommes là, de manière constante et continue, nous avons toujours livré des performances beaucoup mieux que celles attendues.</p> <p><strong>De façon factuelle cela implique quoi ?</strong><br class='autobr' /> J'aime prendre les éléments concrets qui impactent le quotidien des Béninois. Un des premiers moteurs, c'est le secteur agricole avec en ligne de mire, le coton. Vous savez pour la campagne 2018-2019, les données enregistrées indiquent que nous allons dépasser les 700.000 tonnes de coton. Le Bénin sera le premier producteur du coton en Afrique. En 2015, moins de 300.000 tonnes, on était 5e ou 6e producteur du coton en Afrique. Cela est concret et les performances sont prévues pour atteindre 1 million de tonnes en 2021. Vous prenez les départements de l'Atacora et de l'Alibori, les données statistiques indiquent qu'un paysan emblave en moyenne 5 hectares. Or en 2015, un paysan emblavait 5 hectares, avec une production de 877 kg à l'hectare. En 2018, la productivité est passée à 1150 kg à l'hectare. 2015-2016, le prix d'achat du coton à l'ha a également pris 5F au kg. Ce qui veut dire que le paysan qui emblave 5 ha voit son niveau de revenu passer de 1.100.000 FCFA à 1.500.000 FCFA par an. Il gagne 400.000 F de plus, c'est colossal. Un revenu comparable à celui d'un cadre en début de carrière.<br class='autobr' /> En milieu rural, vous verrez aujourd'hui que les paysans commencent par construire leurs habitats en matériaux définitifs. Leur cadre de vie change et ils envoient leurs enfants à l'école, à l'université. Cette amélioration impacte 4 millions de personnes. C'est pareil dans le secteur des transports. À la fin de la campagne 2017-2018, il a été distribué au moins 34 milliards FCFA aux transporteurs, et aux producteurs 92 milliards FCFA. Ce sont des exemples qui montrent que la croissance est là et des millions de personnes voient leur quotidien s'améliorer. Il faut dire que le coton n'est pas le seul. Les noix d'anacarde sont à une augmentation de 30%, idem pour le riz, le maïs… Donc voilà des éléments concrets qui montrent qu'il y a croissance.</p> <p><strong>Comment expliquez-vous qu'en dépit des chiffres donnés, au sein de la population c'est-à-dire le panier de la ménagère, les gens se plaignent toujours ?</strong><br class='autobr' /> Les gens se plaignent souvent pour des raisons qui sont la résultante de plusieurs choses. Nous sommes en période de réformes. Les réformes gênent les intérêts et créent des frustrations. Dieu merci, nous voyons les bienfaits de ces réformes. Certaines plaintes sont le résultat de certaines frustrations liées à l'interruption de certaines mauvaises habitudes. L'argent facile qui ne circule plus. Tout à l'heure, j'ai pris l'exemple du taux de croissance comme premier indicateur. Votre exemple m'amène à prendre le deuxième indicateur économique qui est celui de l'inflation. On mesure la vitalité de l'économie par le niveau d'évolution des prix des produits de première nécessité comme le riz, le maïs, le manioc. L'évolution du prix de maïs : une mesure de maïs séché était à 250F le kg en 2015. En 2018, elle est de 205F/kg. Bien entendu, pour certains produits les prix ont légèrement augmenté mais pour la plupart, les prix ont diminué. En gros, quand on prend le taux d'inflation, il s'est élevé à -0,8% en 2018. Donc globalement, c'est bon. On peut souffrir car l'argent qui rentre, n'arrive plus à acheter la même quantité. En réalité, la plainte est liée à la diminution de l'argent qui rentre. Effectivement, nous reconnaissons que les coulages des finances publiques sont stoppés.<br class='autobr' /> On a l'impression que tous les gouvernants qui se suivent ont toujours la même explication surtout la réduction de l'argent sale. Mais le résultat est le même ?<br class='autobr' /> J'aime qu'on me donne des exemples. Quand vous doublez le nombre d'étudiants bénéficiaires d'allocations de l'Etat, quand vous augmentez les bourses aux étudiants avec la dématérialisation et la bancarisation, vous constatez l'amélioration de leur train de vie, ce qui impacte les parents et les résultats. Là, peut-on dire que les boursiers se plaignent ? Ou dans l'agriculture 4 millions de personnes voient leurs revenus s'améliorer, donnez moi l'exemple d'un paysan qui souffre ? Nous avons lancé l'année passée, le projet sur le maraîchage pour les femmes et les jeunes en mettant à leur disposition des matériels nécessaires. Demandez à ces femmes si leur niveau de vie a changé ? Bien entendu, si vous prenez quelqu'un en ville, qui prenait ses revenus des marchés fictifs de l'Etat, ou du coulage, il est évident que ce dernier se plaigne. On ne peut certes pas dire que tout va déjà pour le mieux, mais reconnaissons que la trajectoire est excellente et tout va de mieux en mieux. On ne peut pas par un coup de baguette, transformer un pays. Tout en répondant aux questions d'urgence d'aujourd'hui, nous travaillons pour le Béninois (qui sera là) dans 10 et dans 20 ans. Au Conseil des ministres par exemple, le Chef de l'Etat nous a interpellés en disant qu'à Natitingou, depuis quelques jours, ils ont des problèmes d'eau. Il a exigé que cela soit réglé en 24 heures. C'est un exemple d'urgence traitée. Quand le Chef de l'Etat dit d'ici 2021, tous les Béninois doivent avoir accès à l'eau potable, ça c'est prévoir pour demain. Vous imaginez que depuis 40 ans on n'a pas pensé à l'entretien des ouvrages d'eau. Par exemple à Togbin, près de Cotonou, les gens manquent d'eau potable. Quand on investit pour régler ses problèmes structurels, quand on investit pour la santé, là encore on a fait des réformes formidables, on a fini de moderniser trois agences de transfusion sanguine à savoir Parakou, Porto-Novo et Abomey. Allez demander aux populations qui en souffraient si elles ne sont pas contentes ? Donc il y a des investissements qui se font de manière massive pour que le Béninois se porte bien. Au niveau du budget 2019, nous avons mis 1 milliard pour les start-ups. Quand vous lancez de grands travaux dans l'ensemble des douze départements (cités administratives, asphaltage, stades, marchés et autres), c'est autant de bonnes dames qui font des commerces autour de ces chantiers.</p> <p><strong>À vous écouter, l'argent qui circulait, était mal obtenu. Cela voudra dire que la majorité des Béninois avaient de l'argent sale ?</strong><br class='autobr' /> Ce n'est pas cela. Ce que nous disons, c'est qu'il avait beaucoup de coulage au niveau des finances publiques. Nous avons mis un frein et nous continuons d'en mettre toujours. Dès que nous trouvons des niches, nous les supprimons. Vous savez celui qui achète de la friperie paie la TVA. Or la TVA constitue la moitié de nos recettes. Donc en dilapidant, nos ressources nous dilapidons les ressources du Béninois lambda. Je voudrais que la presse explique cela à la population. Dites-moi quand un pays comme le Bénin dépense 17 milliards FCFA pour les voyages officiels, mais avec la réforme qui a conduit à la création de la Cellule des Voyage officiels, on est passé à 3 milliards. Donc ceux qui bénéficiaient de cette manne vont être mécontents. C'est de cela qu'on parle. En entendant avec cet argent, nous avons fait des cantines scolaires.</p> <p><strong>Reconnaissant que vous avez verrouillé un certain nombre de choses, que faites vous alors pour améliorer leur condition de vie ?</strong><br class='autobr' /> Nous travaillons pour que chaque Béninois ait une égalité de chance pour contribuer à la création de richesse. Un modèle alternatif consisterait à dire que l'Etat puisse prendre de l'argent sur les recettes et les distribue. Mais en le faisant, le jour où l'Etat ne pourra pas faire, que va-t-il se passer ? En observant les agrégats macroéconomiques, vous constaterez que 20% des investissements devraient venir du secteur privé. Nous faisons tout pour avoir un secteur privé dynamique qui puisse prendre le relais. Nous créons les conditions pour une production durable dans le pays.<br class='autobr' /> Pour le moment, c'est l'Etat qui tient les rênes….<br class='autobr' /> Ce n'est pas que l'Etat, vous êtes d'accord avec moi que classiquement le Béninois aime le commerce c'est-à-dire acheter et vendre. Il faut créer les conditions pour que le Béninois aille de plus en plus vers les activités de transformation, de type industriel à grande consommation de main d'œuvre. Quand nous réglons les problèmes énergétiques, et en mars dernier le premier générateur de production d'électricité est mis en service sur la centrale thermique de Maria-Gléta, c'est pour permettre de régler les problèmes d'accessibilité, de coût d'énergie pour la population. Nous créons les conditions pour que les personnes puissent travailler en créant des emplois et des richesses. Et c'est à cela qu'on s'attèle.</p> <p><strong>Et vous créez et augmentez les taxes et impôts aussi ?</strong><br class='autobr' /> Ah, cela c'est très intéressant. Je voudrais demander aux gens de nous donner l'exemple d'une taxe qui a été augmentée. Je vous ai dit plus haut que la TVA est la taxe que tout le monde paie et qui contribue pour moitié à nos ressources. Le taux de TVA est resté inchangé depuis que nous sommes là. Il est demeuré toujours à 18%.</p> <p><strong>C'est assez clair que votre politique vise l'élargissement de l'assiette fiscale. Est-ce que vous allez continuer par presser vos concitoyens ?</strong><br class='autobr' /> Je voudrais que cette perception soit appuyée par des chiffres. Prenez la loi des finances 2019, aucun taux d'impôt n'a été augmenté. Mieux pour les entreprises qui sont sur le régime simplifié, l'impôt est passé de 400.000 FCFA à 150.000 FCFA. Nous avons baissé cela. Observons la fiscalisation directe, vous verrez que nous avons mené une politique de baisse. Mais nous avons augmenté le prélèvement sur l'alcool, le tabac en nous basant sur les normes communautaires qui nous permettent d'aller jusqu'à un certain niveau sans toutefois atteindre le plafond. Le fait de diminuer les impôts des PME n'est point un rétropédalage mais plutôt une incitation à la productivité et lever les entraves aux accès des marchés publics.</p> <p><strong>Implicitement, vous faites reposer tout sur quelques grosses entreprises ?</strong><br class='autobr' /> Absolument pas. Je vous ai dit que la grande partie de nos ressources proviennent de la TVA qui est payée par nous tous.</p> <p><strong>Alors Monsieur le Ministre, tout va bien et le Béninois peut espérer ?</strong><br class='autobr' /> Je dis encore :<br class='autobr' /> 1- Le Bénin se porte bien.<br class='autobr' /> 2- Que les choses sont beaucoup mieux que par le passé.<br class='autobr' /> 3- Les réformes et les investissements en cours, montrent que sur la trajectoire 2019-2021, nous allons avoir un rythme de création de richesse qui va continuer de s'accélérer et sera au-dessus des 7% et atteindre même peut-être les 10%.<br class='autobr' /> Pour que la grande masse puisse percevoir l'effet de la croissance, il faut que la croissance dure au moins 3 ans et soit au-delà des 7%. Actuellement, nous sommes en train de rentrer dans ce schéma. Le paysan qui a son champ d'anacarde, le producteur de coton, la dame qui fait le maraîchage, ceux-là, la vie change pour eux et va continuer de s'améliorer. Quand on fait les réformes dans la santé et on démantèle les faux médicaments, c'est l'ensemble de la population y compris vous et nous, qui avons une assurance meilleure sur la qualité de médicaments que nous consommons, quand le centre de santé d'Allada est en marche, c'est la population qui en jouit.</p> <p><strong>Il y a quelques semaines, le Bénin a lancé une opération pour prendre de l'argent à l'international</strong><br class='autobr' /> Permettez que je vous explique pourquoi je vous disais que le Bénin se porte bien. On peut s'auto féliciter. C'est encore mieux si ce sont les partenaires techniques qui le disent avec un regard indépendant. Récemment, le Bénin est primé premier pays en matière de transparence budgétaire par le FMI et l'UE. Cela ne s'est jamais produit. C'est grâce à ces éléments que quand nous allons vers les investisseurs, qui ne savent pas positionner le Bénin sur une carte, ils nous font confiance. Même l'UEMOA reconnaît que le Bénin a fait des bonds jamais faits dans l'UEMOA. Nous avons eu en décembre dernier, la notation B+ qui est la meilleure notation en Afrique subsaharienne, la même note que le Sénégal et mieux que le Rwanda. Vous ne pouvez pas faire des performances macroéconomiques passables et avoir ces résultats. Mais il est vrai que quand on part de si loin il faut du temps pour que la perception change.<br class='autobr' /> Le 17 mars dernier, il y a cette levée d'Euro bonds.</p> <p> <strong>Mais c'est quoi l'Eurobond ?</strong><br class='autobr' /> C'est un emprunt obligataire que nous avons fait. Ce sont des investisseurs qui vous prêtent de l'argent sous la forme d'obligations. En termes simples, le Bénin est allé sur le marché international obtenir des prêts de partenaires financiers. Dès notre arrivée en 2016, le gouvernement a adopté une stratégie de mobilisation des ressources. Doter le Bénin de tous les instruments lui permettant de lever des ressources. Il y a trois manières d'obtenir des ressources :<br class='autobr' /> 1- Les impôts ;<br class='autobr' /> 2- Les emprunts obtenus chez les bailleurs de fonds ;<br class='autobr' /> 3- Les prêts faits auprès des banques locales.<br class='autobr' /> Il faut dire qu'il y a deux autres instruments dont les pays modernes disposent mais que le Bénin n'avait pas du fait de certaines contraintes. Il s'agit de l'accès des prêts commerciaux et l'accès au marché des emprunts obligataires. Cela nécessite une certaine crédibilité. Quand les crédits locaux baissent ou les partenaires financiers ne vous apportent pas les ressources nécessaires, vous êtes limités en capacité de financement. C'est pour cette raison qu'il faut diversifier les sources de financement et de mobilisation des ressources. En 2018, grâce aux réformes du Chef de l'Etat, nous nous sommes dotés de l'instrument d'accès aux crédits internationaux par le biais de reprofilage de la dette. Le dernier instrument est celui d'accès au marché obligataire. Ce dernier est un peu compliqué. Sur instruction du Chef de l'Etat, nous sommes arrivés à avoir une taille des opérations qui permet à nos obligations d'être cotées. Cela est le résultat d'un travail de longue durée de l'ensemble du gouvernement et des cadres techniques des différents ministères. L'opération a été un succès pour plusieurs raisons. Je vous en donne 2 : La première, nous sommes allés sur le marché pour lever plus de 500 millions d'Euros mais nous sommes arrivés à un pic de plus d'un milliard d'Euros. C'est un vrai succès. D'ailleurs beaucoup de personnes ont voulu participer mais nous leur avons dit que notre objectif est de 500 millions Euros avec une maturité sur sept ans. Cela est un facteur de succès indiscutable. Le deuxième élément est que nous avons été le premier pays du continent à sortir en 2019.</p> <p><strong>Ces fonds serviront à quoi ?</strong><br class='autobr' /> Ces fonds serviront à financer les activités, investissements et projets prévus dans le cadre du budget 2019. Je rappelle que la loi de finances 2019 a prévu un budget d'investissement de 700 milliards FCFA à peu près. C'est une opération pour diversifier les sources de financement. Ayant levé ces fonds d'eurobonds, cela signifie qu'il y a d'autres sources où nous ne sommes pas allés. Je rappelle que nous sommes restés dans la fourchette des ressources votées par l'Assemblée nationale.</p> <p><strong>Quelles sont les caractéristiques de cette opération ?</strong><br class='autobr' /> Les caractéristiques, c'est 500 millions d'Euros, la durée de remboursement est 7 ans et le taux d'intérêt est de 5,75%, difficile à trouver dans la sous-région. Ce taux est aussi un facteur de succès dû aux réformes.</p> <p><strong>Monsieur le Ministre, n'y a-t-il pas des risques ? Et pourquoi ne pas aller en dollars ?</strong><br class='autobr' /> De façon factuelle en regardant les taux d'intérêt, ceux en dollars sont plus élevés. Le volume d'emprunt obligataire est en trilliards de dollars alors qu'en euros, on est en milliards. L'autre chose, il n'existe pas d'instrument de couverture standard pour couvrir ces risques. Nous sommes membres d'une union monétaire bénéficiant d'une parité fixe avec l'Euro. C'est pourquoi les eurobonds sont mieux pour nous.</p> <p><strong>Pour cette opération, vous attendiez-vous à une réaction aussi positive des investisseurs ?</strong><br class='autobr' /> Oui. Car depuis 2016, nous avons opté pour de bonnes performances permettant l'accès à ces marchés financiers. Donc cela ne nous a pas surpris. Le Bénin a été le premier en Afrique à réussir une émission inaugurale et le premier à le faire en euros.</p> <p><strong>Pensez-vous revenir sur le marché pour autre opération ? et dans quelle échéance ?</strong><br class='autobr' /> Notre stratégie est de doter notre pays des instruments de mobilisation de ressources. Et c'est fait. Car maintenant, nous avons cinq instruments de mobilisation. Nos ressources propres conditionnent notre capacité à aller au crédit. Donc nous devons améliorer les ressources propres car il faut compter sur nos propres forces. Pour les autres instruments, le recours à l'un ou l'autre des 4 autres instruments dépendra des opportunités.</p> <p><strong>Monsieur le Ministre, sommes-nous en train de nous endetter pour la postérité à travers ces opérations ?</strong><br class='autobr' /> Pas du tout. J'ai récemment fait un exercice intéressant pour l'ensemble des 8 pays de l'UEMOA, en tant que président du Conseil des Ministres. L'exercice a consisté à regarder les 10 derniers budgets du Bénin. Regardons combien nous dépensons pour le fonctionnement de l'Etat et combien nous investissons ? Regardez ensuite de combien s'accroît la dette de l'Etat et par rapport à combien on investit. En 2018, nous avons investi plus de 500 milliards FCFA. Le niveau de la dette a augmenté de 349 milliards. Cela veut dire que pour 2018, qui est un exemple, nous nous sommes endettés beaucoup moins que nous avons investi. Quand vous faites des investissements structurants, des investissements productifs, qui créent de la valeur, de la richesse mais que la valeur de ces instruments est quasiment 2 fois plus importante que l'endettement, c'est un signe que vous faites bien de prendre la dette. Ce qui se passait en 2014, 2015 par exemple, le niveau d'investissement inférieur à 200 milliards, la dette a augmenté de 300 milliards. Cela est inquiétant car il montre que la dette sert à faire fonctionner l'Etat. Mais quand vous êtes dans un schéma où l'accroissement de la dette (comme en 2018), le montant de la dette a augmenté de 349 milliards mais nous avons investi 500 milliards, cela est une performance et depuis 2016, la trajectoire est la même. Nous faisons des investissements productifs pour créer de la valeur pour aujourd'hui et demain. Actuellement, nous sommes dans la tranche des 50% de dette contre un plafond de 70% qui ne sera jamais atteint tant que le Président TALON sera là.</p> <p><strong>Vous avez pris part récemment à une réunion du Conseil des Ministres, avez-vous parler du franc CFA ?</strong><br class='autobr' /> La question du FCFA n'était pas à l'ordre du jour à notre réunion de la zone Franc à Niamey pour la simple raison qu'il s'agit de notre monnaie. Nous avons des institutions, des accords, des mécanismes qui fonctionnent au quotidien sur les questions monétaires.</p> <p><strong>Quel est votre avis sur la question du CFA car il y a des voix qui s'élèvent pour demander une réforme du CFA.</strong><br class='autobr' /> En tant que ministre des Finances et président en exercice du Conseil des ministres des Finances de la sous-région, il est normal que je ne vous dise autre chose que ce que disent les autres. Je vais vous donner une réponse factuelle. La monnaie est clé. Vous avez deux éléments pour mesurer une économie : la monnaie et le budget. Dans aucun pays du monde, il y a une décorrélation entre la politique budgétaire et celle monétaire. Prenons la zone UEMOA, cela fait 7 ans que nous avons un taux de croissance supérieur à 6% dans la zone, taux d'inflation maîtrisée en-dessous des 3%. L'ensemble des pays sont en régime de croisière en matière d'investissements. Cela ne peut arriver que s'il y a une corrélation forte entre les budgets et la monnaie. Alors regardons le fonctionnement de nos économies actuelles, il n'y a pas d'indicateur montrant un dysfonctionnement monétaire. Que des personnes se posent la question sur le nom et autre, elles sont libres. Mais aucun opérateur économique n'a dit dans la sous-région qu'il est pénalisé par le CFA. Vous savez on se fait peur parfois mais il n'y a aucun système parfait au monde. En somme, aujourd'hui aucun indice montrant une menace sur notre monnaie. Une des caractéristiques du CFA est que c'est un régime de change fixe. Cela peut présenter des avantages et des inconvénients. Si les inconvénients étaient supérieurs cela agirait sur les performances macroéconomiques. Hong Kong marche bien mais pourtant, il est dans un régime de change fixe avec le dollar, comme le Danemark avec l'Euro. Ce qui est sûr en cas d'alerte sur le CFA, nous prendrons nos responsabilités.</p> <p><strong>A vous écouter, on a l'impression que tout va bien pour le franc CFA alors que des voix se lèvent de plus en plus pour demander qu'on sorte du FCFA ?</strong><br class='autobr' /> Je ne rentre pas dans la polémique. Je suis ministre de l'Economie et des Finances, président du Conseil des Ministres de la zone. Je vous dis que tout modèle a du plus et du moins. Mais aujourd'hui, les données ne nous alertent pas sur un éventuel problème structurel qui nécessite une réaction. On ne peut pas avoir un problème avec une monnaie et générer des croissances de plus de 6% 7 ans de suite sur la zone.</p> <p><strong>Toujours au sujet du CFA, c'est quoi le fameux compte des opérations ? A quoi cela sert ?</strong><br class='autobr' /> Nous sommes dans un système de change fixe. Nous sommes en accord avec le Trésor français qui nous permet qu'en cas de besoin de devises, que le trésor français puisse nous aider à l'avoir. Quand nous importons des équipements, pour rembourser des dettes en devises, il nous faut des devises. Au niveau de l'UEMOA, nous avons une caisse centrale qui nous permet de garantir notre monnaie. Le jour où nous allons avoir une insuffisance de devises, nous allons solliciter le Trésor français pour payer. Le coût de l'argent au niveau mondial est négatif aujourd'hui. Il faut dire que l'argent n'est stocké nulle part. Il faut avoir un mécanisme pour garantir vos partenaires. Sinon ils ne vont pas travailler avec vous. Certains pensent qu'on n'a pas accès mais c'est faux car parfois, on peut aller au découvert. En décembre 2018, nous avons 4,8 mois de réserves dans l'UEMOA. Imaginons par exemple que les recettes d'exportations baissent. Mais il faut payer nos engagements financiers à l'international. C'est grâce à ces devises qu'on le fait. C'est la preuve qu'on y a accès.</p> <p><strong>Revenons au Bénin avec les réformes dans le domaine de la pension de retraite. Qu'en est-il exactement ?</strong><br class='autobr' /> Il s'agit d'une instruction du Chef de l'Etat qui a consisté à tout faire pour payer les retraités dès leur premier mois de retraite. Aujourd'hui avec les réformes, c'est possible. La semaine dernière avec ma collègue du Travail, nous avons fait une cérémonie de remise de carnets de pension aux bénéficiaires qui pourront bénéficier de leurs allocations dès la fin du mois d'avril 2019. Dans le même courant en décembre 2018, le Chef de l'Etat a annoncé le paiement des arriérés de pension de 2011 et 2012. Une partie a été payée dès le mois de janvier et le solde est payé ce mois-ci.</p> <p><strong>En élargissant l'assiette fiscale, allez-vous améliorer les prestations de l'Etat ?</strong><br class='autobr' /> L'amélioration de l'assiette fiscale n'est pas une démarche visant à couvrir plus de contribuables. Notre démarche est d'abord de fournir le service public puis on demande qu'on contribue. Pour le Chef de l'Etat, en expliquant aux contribuables à quoi servent leur argent, ils contribueront davantage. Par exemple, nous avons lancé les travaux d'asphaltage, la salubrité dans le Grand Nokoué ; mais nous n'avons pas prélevé des taxes pour le faire. Nous commençons d'abord à changer le cadre de vie et après quand nous leur demanderons de contribuer, ils vont le faire car ils savent à quoi cela sert désormais. Cette stratégie du Chef de l'Etat est à saluer. Par ailleurs, l'une des réformes de 2016 est de ramener à zéro les taxes sur les transactions immobilières et faire le cadastre qui est un service public efficace.</p> <p><strong>On parle maintenant des élections. Le ministre des Finances a-t-il mis à la disposition de la CENA les fonds nécessaires ?</strong><br class='autobr' /> La réponse est oui ! Nous suivons de très près pour que les institutions de la République impliquées dans les législatives ne manquent d'aucun moyen. Les coûts des élections sont d'environ 5 milliards FCFA.</p> <p><strong>Qu'en est-il des quitus fiscaux ?</strong><br class='autobr' /> Certains continuent de dire qu'ils n'ont pas leur quitus malgré les formalités.<br class='autobr' /> Je voudrais qu'on donne des exemples. Ce que je sais, nous avons mis en place une procédure claire, dématérialisée et il y a des voies de recours. A ce jour, nous n'avons reçu aucun recours d'un contribuable qui serait à jour et n'aurait pas eu son quitus fiscal en dépit des formalités remplies. Il peut cependant y avoir des loupés même si nous avons essayé autant que possible d'éviter l'implication de la main de l'homme. Si c'est le cas, nous sommes prêts à le reconnaître. Mais j'insiste pour dire qu'à ce jour notre comité de médiation n'a reçu aucun recours. Je peux donc vous assurer que l'ensemble des personnes qui sont à jour et qui ne sont pas des fugitifs au sens de la loi ont bénéficié de leur quitus fiscal dans les délais prescrits.</p> <p><strong>Un mot pour conclure cet entretien ?</strong></p> <p>Merci pour ces échanges. Ce que je peux dire pour terminer est quand vous voyez les efforts, qui commencent à produire des résultats comme la fourniture d'eau potable, l'opérationnalisation de l'ARCH notamment la phase pilote de l'assurance maladie, et le micro crédit pour lequel 6 milliards ont été débloqués le mois passé, les réformes dans le secteur de la santé, l'amélioration des cantines scolaires, les chantiers qui impactent l'ensemble des 12 départements,… les perspectives pour les trois années à venir sont bonnes. Je voudrais profiter pour remercier les compatriotes pour leurs contributions car ces résultats sont les efforts de tous. Aujourd'hui, le Bénin existe sur le plan financier international. Je garde l'espoir que chacun jouera sa partition pour davantage de belles performances. Des performances qui permettront à chacun d'avoir une santé de qualité, une formation de qualité, l'accès à un numérique de qualité, à une condition de vie de qualité pour créer la richesse.</p></div> Des réactions à l'entretien de Patrice Talon https://24haubenin.info/?Des-reactions-a-l-entretien-de-Patrice-Talon https://24haubenin.info/?Des-reactions-a-l-entretien-de-Patrice-Talon Fri, 12 Apr 2019 10:21:37 +0000 fr Dg24h <p>Le chef de l'Etat Patrice Talon au cours d'un entretien tenu dans la soirée du jeudi 11 avril 2019, sur la Télévision nationale avec deux journalistes s'est prononcé sur la situation de crise pré-électorale que traverse le Bénin. Au terme de la diffusion de l'émission, des réactions n'ont pas tardé. L'ancien ministre-député Candide Azannaï, les députés Houndété et Mitokpè ainsi bien que Dénis Assongba, Béninois vivant aux Etats-Unis ont exprimé leurs opinions. <br class='autobr' /> Candide Azannaï, président du parti Restaurer (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L133xH150/arton20380-d4bba.jpg?1571353450' width='133' height='150' /> <div class='rss_texte'><p>Le chef de l'Etat Patrice Talon au cours d'un entretien tenu dans la soirée du jeudi 11 avril 2019, sur la Télévision nationale avec deux journalistes s'est prononcé sur la situation de crise pré-électorale que traverse le Bénin.<br class='autobr' /> Au terme de la diffusion de l'émission, des réactions n'ont pas tardé. L'ancien ministre-député Candide Azannaï, les députés Houndété et Mitokpè ainsi bien que Dénis Assongba, Béninois vivant aux Etats-Unis ont exprimé leurs opinions.</p> <p>Candide Azannaï, président du parti Restaurer l'Espoir à travers un post sur sa page Facebook juge cet entretien ‘'indigne du Bénin''. « Cet entretien ridicule et comédien expose à tous s'il en était besoin qui est l'auteur, le vrai commanditaire du complot de la délinquance électorale en cours au Bénin », dénonce-t-il. A en croire l'opposant au régime Talon, « c'est un coup de force orchestré au plus haut sommet de l'Etat qui vise à la confiscation du pouvoir législatif, donc la privatisation du parlement qui est en cours. La prédation de l'Etat issu du pacte républicain de la Conférence Nationale ». <br class='autobr' /> « Nous vivons un coup d'Etat à ciel ouvert. Triste et honteux ! », se désole-t-il</p> <p><strong>‹‹Il n'y a plus une démocratie...››</strong></p> <p>Pour l'ancien ministre délégué à la Défense de Patrice Talon, il n'y a plus une démocratie « dès l'instant où les élections politiques et celles législatives cessent d'être inclusives ».<br class='autobr' /> « C'est vous qui voulez incendier le pays ; nous ne vous laisserons pas le faire. Nous ne voulons plus voir les chars et autres engins militaires canons pointés sur les paisibles populations. Arrêtez ! Cessez de prendre tous les Béninois comme des incultes », s'indigne-t-il. <br class='autobr' /> Le député Eric Houndété a aussi réagi face à l'entretien du président de la République. « Je croyais pouvoir tirer quelque chose de bon de ce débat. Mais hélas rien. Il est dans le colportage des incongruités véhiculées par les membres de ses partis politiques privés depuis quelques jours », indique-t-il. Et il ajoute que pour Patrice Talon, la paix ne vaut pas plus que son pouvoir. <br class='autobr' /> Guy Mitokpè de la minorité parlementaire estime que « c'est un droit constitutionnel de résister face au forfait en cours ». D'après lui, la plus grande tragédie que le pays s'apprête à consommer, ce n'est pas ce qui se passera le 28 avril 2019 mais ce qui se passera après cette date. L'opposant appelle à une lutte pacifique avec de petites serviettes blanches puisque pour lui, il « est de notre responsabilité de préserver, au nom de l'article 66 de la constitution nos acquis démocratiques ».<br class='autobr' /> « Nous sommes en train de finir nos consultations avec nos populations et notre peuple est prêt à sortir massivement pour refuser à ce régime et à toutes les institutions qui ont dealé sur notre silence de commettre cette forfaiture », annonce le député Mitokpè.</p> <p>‹‹ <strong>Les acteurs de l'opposition devraient tirer toutes les leçons de cette situation...›</strong>›</p> <p>Dénis Assongba, citoyen de la diaspora américaine, quant à lui félicite le courage politique du Président Patrice Talon « car ça aurait été regrettable que cette réforme du système partisan qui élève le Bénin sur la même longueur d'onde que les grands Etats du monde, tombe ». Pour lui « la stabilité politique d'un pays ainsi que les conséquences heureuses qui pourraient en découler pour ses populations dépend de la force et de la constance de ses acteurs politiques ».<br class='autobr' /> Le Président de l'Organisation non gouvernementale Midogbékpo international a, aussi salué l'appel à la non-violence du chef de l'Etat. Dénis Assogba estime que « les acteurs de l'opposition devraient tirer toutes les leçons de cette situation et se préparer à être plus disciplinés et plus dynamiques à l'avenir ». <br class='autobr' /> Avec la campagne des élections législatives qui démarre ce vendredi 12 avril 2019, Dénis Assongba demande aux opposants de ne rien faire qui puisse donner raison à ceux qui croient qu'ils mettront le pays en ébullition du fait de leur seule non-participation au scrutin prochain. « Il y a plusieurs moyens de contribuer au progrès et au développement de son pays », a-t-il indiqué tout en invitant les uns et autres au maintien de la paix.</p> <p>Akpédjé AYOSSO</p></div> L'intégralité de l'entretien de Patrice Talon https://24haubenin.info/?L-integralite-de-l-entretien-de-Patrice-Talon https://24haubenin.info/?L-integralite-de-l-entretien-de-Patrice-Talon Fri, 12 Apr 2019 06:02:18 +0000 fr Dg24h <p>Le chef de l'Etat s'est exprimé ce jeudi 11 avril sur la situation Socio-politique que le traverse notre pays. A l'occasion le chef de l'Etat a réaffirmé sa volonté de pérenniser le modèle démocratique du Bénin, à travers le respect des textes, en occurrence de la constitution. Votre journal publie l'intégralité de son entretien avec nos confrères de la Télévision Nationale et de Canal 3. <br class='autobr' /> Monsieur le Président de la République, pourquoi cette réforme apparemment trop contraignante et qui, finalement, (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH82/arton20379-1703b.jpg?1571353450' width='150' height='82' /> <div class='rss_texte'><p>Le chef de l'Etat s'est exprimé ce jeudi 11 avril sur la situation Socio-politique que le traverse notre pays. <br class='autobr' /> A l'occasion le chef de l'Etat a réaffirmé sa volonté de pérenniser le modèle démocratique du Bénin, à travers le respect des textes, en occurrence de la constitution. <br class='autobr' /> Votre journal publie l'intégralité de son entretien avec nos confrères de la Télévision Nationale et de Canal 3.</p> <iframe width="480" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/7YwDe6SHesw" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe> <p><strong>Monsieur le Président de la République, pourquoi cette réforme apparemment trop contraignante et qui, finalement, plonge le pays dans une crise politique inédite ?</strong></p> <p>Je vais d'abord faire un commentaire sur votre introduction, monsieur SOUNOUVOU, belle et assez poignante mais qui matérialise un fait très simple : ainsi va la vie dynamique. Une vie dynamique est faite d'espérance, de fierté, de stress, parfois de déception, de questionnements mais à la fin le bilan peut-être à la hauteur de l'espérance. Mais au quotidien, le stress de l'action, les questionnements révèlent bien le caractère dynamique de la vie, surtout la vie en communauté. C'est pour ça qu'il n'y a pas à désespérer parce qu'il y a des questionnements en cours de vie.</p> <p>Vous avez introduit, monsieur Dossa, cette question de manière frontale. Pourquoi cette réforme ? Je dois vous avouer et je m'en voudrais de ne pas le dire, cette réforme du système partisan n'a pas été une initiative de Patrice TALON, du président Talon. On l'oublie trop souvent et il convient de rétablir cette vérité. Nous avons, les Béninois tout entiers, toutes tendances confondues, toutes classes politiques confondues, nous avons tous conscience de l'état de déliquescence du système partisan. Depuis la Conférence nationale, nous avons opté pour et instauré un système partisan pluraliste, et qui, depuis, a fait ses preuves et son chemin. Il est malheureusement à constater que c'est davantage les perversions de ce système qui le caractérisent aujourd'hui ; et ne rien faire serait une faute de la classe politique. C'est bien pour ça qu'en 2015, à l'entrée en mandature de la 7ème législature qui est en cours, cette question a été évoquée et les députés, par la voix du président élu, ont indiqué que cette mandature sera celle de la réforme du système partisan. Je n'étais pas au pays.</p> <p><strong>C'est une question récurrente d'ailleurs depuis fort longtemps</strong></p> <p>Question récurrente. Et puis en 2018, il y a deux séminaires parlementaires auxquels ont été associés bon nombre de partis politiques, de leaders politiques même non présents au Parlement et de consensus général, il a été admis qu'une réforme s'avère nécessaire. Je dois dire que depuis 3 ans que je suis dans la fonction, la charge, je mesure encore davantage combien il est nécessaire de réformer le système partisan qui, selon notre Constitution, est le système par lequel la Cité doit être gouvernée. Nous sommes dans un système démocratique, les partis politiques animent la vie politique et exercent le pouvoir aussi bien parlementaire qu'exécutif, en principe. Mais ce n'est pas le cas. Nous sommes dans un système présidentiel et le pouvoir essentiel est celui-là. Le pouvoir exécutif. Donc théoriquement, ceux qui ont en charge d'animer la vie politique devraient pouvoir exercer ce pouvoir-là. Mais depuis 1990, on peut observer qu'aucun parti politique n'a été en mesure de conquérir le pouvoir présidentiel, exécutif.</p> <p><strong>La preuve, vous qui êtes là…</strong></p> <p>Que ce soit le président SOGLO qui a été Premier Ministre à l'issue de la Conférence nationale, qui est devenu président de la République, le président KEREKOU 2, le président Boni YAYI puis moi-même, aucun n'a été porté par un parti politique ; et qu'est-ce qui se passe ? Quand les présidents sont en fonction, autour d'eux s'agglutinent des partis politiques, des leaders politiques, des mouvements politiques pour les accompagner dans l'exercice du pouvoir et à leur départ, tout s'effondre. Or, ce n'est pas ce modèle qui est celui que nous avons choisi. De sorte qu'il n'y a pas de parti politique suffisamment fort, suffisamment influent, qui ait l'envergure nationale qu'il faut pour conquérir et exercer le pouvoir politique de manière homogène. Je le constate aussi dans ma fonction actuelle. Je vois combien il est difficile de former un Gouvernement avec des groupes politiques homogènes. Il y a quelque chose peut-être que le peuple ne sait pas mais qui caractérise désormais notre système partisan, c'est que la classe politique, les forces politiques présentes au Parlement sont en permanence dans des relations incestueuses, perverses avec l'Exécutif. Ce sont des négociations de couloirs, toutes sortes de marchandage, et chacun négocie son soutien au Président de la République en échange de quelque chose et non en fonction d'un idéal.</p> <p><strong> Vous voulez parler de la difficulté à composer, à former un gouvernement avec des groupes hétérogènes qui s'agglutinent mais pas homogènes.</strong></p> <p> La difficulté, ce n'est pas dans le choix des hommes qu'il faut mais dans la possibilité d'avoir une équipe homogène. Cela est impossible. Et même dans les cabinets ministériels. Vous donnez un ou deux portefeuilles ministériels à un groupe politique, qui va être le ministre est un problème. Même s'ils parviennent à trouver celui qui va être le ministre, le groupe politique hétéroclite va lui imposer un Directeur de Cabinet d'un tel bord, un Directeur adjoint de Cabinet d'un autre bord, un Secrétaire général d'un autre bord de sorte que ni le Gouvernement ni les équipes ministérielles ne sont homogènes, ne sont capables de travailler en synergie. Le peuple ne mesure pas ce que c'est comme perversion et combien ça handicape la bonne gouvernance et la gestion convenable du pays. Je n'irai pas plus loin parce que mon rôle n'est pas de tirer sur la classe politique mais c'est de contribuer à l'amélioration des choses. Je veux dire que ce choix qu'a fait la classe politique toutes tendances confondues pour réformer le système partisan, est à saluer. Je l'ai salué, je l'ai appuyé et bien que n'ayant pas été à l'origine.</p> <p><strong>Quand bien même le candidat Patrice TALON a porté des propositions de réformes institutionnelles et politiques…</strong></p> <p>Je l'ai signalé pendant que j'étais candidat ; à mon avènement dans la fonction, je l'ai signalé également mais ce genre de réformes relève davantage de la volonté politique et de l'action politique que de l'action de gouvernance de l'Exécutif. Et c'est pour ça que l'ère des réformes ayant permis la chose, les députés ont été dans cette dynamique et ont mis en place cette réforme en votant deux lois, l'une relative à la Charte des partis, et l'autre au Code électoral. Ces deux lois ont consacré une réforme osée, courageuse mais nécessaire.</p> <p><strong> Nous y voilà. Des réformes qui ont conduit à une impasse, vous l'avez dit vous-même, parce que ça a conduit à la validation des deux listes de partis qui vous adoubent et à l'exclusion des partis d'opposition. Là, il y a maldonne. La question, c'est de savoir si ce n'était pas suspect… Au fond, ces réformes que vous avez portées, je présume que vous y avez adhéré, où est-ce qu'il y avait le mal ? C'est quoi l'intention ? Vous avez envie de vous débarrasser de la vieille classe politique comme on vous soupçonne de faire ?</strong></p> <p>Moi, je n'ai jamais dit que l'issue de ce processus nous a conduits dans l'impasse. Je n'ai jamais dit ça. Je n'ai jamais utilisé ce mot. C'est vrai que ce qui se dessine n'honore pas l'image de la démocratie béninoise. Je l'ai dit, je l'ai constaté et j'en ai été bien désolé mais nous ne sommes pas dans l'impasse. Il faut le dire, il faut le rétablir. C'est par abus que nous le disons. Ce n'est pas parce que ce qui se passe n'honore pas l'image démocratique du Bénin que cela constitue un blocage du fonctionnement démocratique du pays. Pas du tout.</p> <p><strong>Fonctionnement démocratique, vous avez dit, Monsieur le Président ?</strong></p> <p>Tout à fait parce que le fonctionnement démocratique, c'est bien ce qui permet à chacun d'apprécier l'image, le fonctionnement démocratique du pays. Est-ce que chacun apprécie convenablement le processus politique, démocratique du pays ? Malheureusement, non.</p> <p>La compétition politique est par définition sélective. Ce n'est pas parce que tout le monde participe au débat politique et concourt au choix des dirigeants que tout le monde dirige à la fois, que tout le monde exerce à la fois les fonctions politiques. Le processus de sélection des acteurs politiques, des dirigeants politiques, est par définition sélectif, donc forcément discriminatoire. Le problème auquel nous sommes confrontés est celui-ci : nous avons jugé nécessaire, nous tous, de réformer le système partisan de sorte que les partis politiques soient plus forts, plus représentatifs, avec une envergure nationale avérée et qu'ils puissent fonctionner de manière démocratique afin que les valeurs émergent plutôt que ce soient les présidents ou les mécènes qui décident au niveau des partis. Donc la réforme a été conçue pour être contraignante. La réforme a pour vocation de forcer la main aux acteurs politiques à la fusion, à la constitution de grands partis politiques afin qu'ils soient capables de conquérir le pouvoir exécutif, de l'exercer de manière homogène et de ne plus introduire dans ce système, comme on peut le constater aujourd'hui qu'au Parlement, il y a des individualités qui exigent des contreparties pour leur soutien au pouvoir avec des exigences d'ordre individuel qui, en définitive, pervertit le système. Donc cette réforme a vocation à forcer la main aux acteurs politiques pour aller à l'union et former quelques 3 ou 4 grands partis politiques dans le pays. Cette contrainte est effectivement de nature à gêner et à rendre la compétition plus difficile</p> <p> <i>Comment se fait-il, monsieur le Président de la République, que ce soient vos partisans qui aient réussi le défi du rigorisme qu'on observe dans l'applicabilité de ces lois ? N'est-ce pas ce qui paraît suspect aux yeux de l'opinion ?</i></p> <p>Le casting auquel nous avons assisté et qui a abouti à cette compétition qui va s'ouvrir avec deux formations politiques est de nature à discréditer notre bonne foi collective, à discréditer notre modèle démocratique mais il faut discerner. Est-ce que les deux structures qui ont été en charge de qualifier les candidats, de qualifier les partis politiques, je veux parler du ministère de l'Intérieur qui avait pour rôle de donner aux formations politiques l'accréditation nécessaire de parti politique puis de la CENA qui a pour rôle de qualifier les partis politiques quant à leur rôle de compétir par rapport au Code électoral. Le respect des dispositions de la Charte des partis a été de la compétence du ministère de l'Intérieur et celui du Code de la compétence de la CENA. Je concède que ceux qui n'ont pas pu franchir l'étape du ministère de l'Intérieur suspectent celui-ci de n'avoir pas agi de manière équitable. C'est légitime, c'est humain quoique je peux vous affirmer que nous avons veillé, le Gouvernement a veillé et moi-même personnellement, à ce que la sélection soit certes rigoureuse mais juste et équitable. Mais est-ce qu'au niveau de la CENA on peut reprocher à Patrice Talon, au Gouvernement ou au ministre de l'Intérieur d'avoir influencé, d'avoir entrepris la CENA pour agir de manière partisane et écarter des partis politiques qui sont arrivés à l'étape de la sélection par rapport au Code électoral ? Il faut être sincère, il faut être honnête sur la question. Personne ne peut me soupçonner d'avoir une relation du genre avec la CENA qui a donné les preuves de son honorabilité depuis des lustres et qui constitue depuis des temps notre fierté. Les membres de la CENA n'ont pas changé. Ceux qui sont là, je suis venu les trouver en place. Je peux vous dire combien ils sont reconnus pour leur indépendance et leur impartialité. 5 partis politiques ont pu réunir les conditions nécessaires exigées pour participer, mais à la phase CENA, trois ont été éliminés. Et parmi les partis qui ont été éliminés, il y a bien des partisans qui n'ont pas également franchi cette étape. Ce qu'il faut constater tout simplement est que la sélection, elle est rude, difficile et peut-être un peu au-dessus de nos compétences. Peut-être ! Mais dire que c'est par des manœuvres que deux groupes politiques sont sortis du lot, ce n'est pas honnête.</p> <p> <strong>Monsieur le Président pour remédier à cette situation qui constitue aujourd'hui un gros souci pour l'expérience démocratique en cours dans notre pays depuis 30 ans, vous avez invité le Parlement à s'investir dans la recherche d'une solution politique. Étiez-vous sincère, sinon comment comprendre l'échec de cette initiative au Parlement ? Pourquoi n'avez-vous pas pu, monsieur le Président contraindre, forcer la main à vos partisans ?</strong></p> <p>Qui n'a pas envie de plaire à l'opinion publique ? Qui n'a pas envie de séduire ses concitoyens ? Qui n'a pas envie d'avoir une bonne image ? Je l'ai dit et je veux bien le répéter, l'issue de ces deux phases de qualification n'est pas quelque chose qui me donne à être fier, satisfait parce que je sais combien cela est suspectable, combien cela entache mon image personnelle et l'image du pays tout entier mais je n'ai pas à mon niveau, comme un souverain absolu, à remettre en cause ce qui est réglementé, structuré par la Constitution et les lois. C'est pour cela que j'ai invité les partis politiques présents au Parlement, le Bureau de l'Assemblée nationale, le président de notre Assemblée, à trouver les solutions, les voies consensuelles permettant de corriger cette mauvaise image. Une chose est de réussir une réforme, une autre est également de pouvoir maintenir la bonne image démocratique du Bénin donc je suis soucieux de cela. Mais vous savez très bien qu'à cette étape-là, dans un processus électoral qui est à quelques jours de son épilogue, il n'est pas possible que des modifications soient apportées au dispositif sans un certain consensus. Et c'est à cela que j'ai appelé les uns et les autres sous la direction du président de l'Assemblée afin que la solution qui serait trouvée soit consensuelle et même si cela devrait écorcher un peu la dynamique de la réforme, elle puisse sans remettre en cause le principe global de la réforme, gommer cette impression d'une démocratie qui s'essouffle. C'est pour ça que j'ai prié le président de l'Assemblée, les uns et les autres, d'aller à cette négociation et de proposer une solution à laquelle, j'étais d'ores et déjà acquis quel que soit ce que ça serait pourvu qu'il y ait consensus. J'ai utilisé toute ma force de persuasion pour convaincre ceux qui se réclament être mes partisans. J'ai noté avec satisfaction et vous l'avez peut-être su vous-même que les premiers jours ont pu consacrer un certain consensus. Un comité a été mis en place par la majorité parlementaire et la minorité parlementaire, ceux qu'on appelle l'opposition et ils ont abouti à quelque chose de consensuel qui, sans remettre en cause le principe même de la réforme, devrait permettre à ceux qui ont été recalés d'être rachetés, qu'ils puissent se mettre à jour et rentrer dans la compétition aux conditions les plus essentielles qui ont été fixées et qui consacrent la réforme. Nous étions prêts à applaudir et à rentrer dans cette satisfaction quand la minorité parlementaire qu'on appelle opposition, a remis en cause ce consensus et a exigé le retour en arrière pur et simple ; a exigé que la nouvelle loi portant Code électoral et celle portant Charte des partis soient purement et simplement mises de côté et que la réforme en cours soit différée. Je pense que ça a été une erreur fondamentale et la situation actuelle dans laquelle nous sommes, ils en sont quelque peu responsables.</p> <p>Non, Non. Vous avez dû constater depuis que le défaut de consensus n'est pas lié aux détails de documents et pièces à fournir. Les choses ont beaucoup évolué. Les partis de la minorité parlementaire, notamment ceux qui se réclament de l'opposition, ont trouvé l'occasion de remettre complètement en cause ce qui était déjà un acquis pour tout le monde, c'est-à-dire le besoin de réformer le système partisan. Je les comprends. C'est en cela qu'il faut savoir discerner. Vous avez surement entendu parler de l'article 242 du code électoral. On ne l'a pas dit souvent et l'opinion ne sait peut-être pas. Une chose est qu'on trouve les moyens aux uns et autres de participer à la compétition, trouver les voies et moyens pour que les conditions de sélection soient assouplies, que les gens puissent participer à la compétition politique, (Faites bien attention à ce que je dis) il y a deux étapes : Les conditions de qualification pour participer à la compétition politique et les conditions pour aller au Parlement. Il faut être d'abord qualifié. Tout le monde était d'accord qu'on ferme les yeux sur certaines dispositions pour permettre au plus grand nombre de participer à la compétition électorale. Mais, ceux qui l'exigent ou ne veulent pas que la réforme tienne, leur problème est que les conditions pour enlever des sièges sont trop contraignantes voire trop sélectives pour eux. C'est à raison que ne voulant pas faire les sacrifices nécessaires exigés par le code électoral, disent nous voulons aller aux élections et pouvoir enlever des sièges à leurs conditions. Mais la réforme dit quoi exactement ? Elle dit : désormais au Bénin, les partis politiques ne doivent plus être des partis politiques de quartier, de commune, de circonscription électorale, de régions, mais des partis politiques d'envergure nationale. Que la mosaïque des partis politiques soit de 40 voire 50 pièces. Aujourd'hui au Parlement, il y a plus de 30 partis politiques représentés. Tout ce que vous avez en dehors d'un ou deux partis politiques, comme le PRD, tout le reste n'est pas parti politique mais des coalitions de partis. Les partis ont un à deux députés. Nous avons quelque chose qui n'est pas du tout homogènes qui empêche l'exercice parlementaire. La classe politique a trouvé qu'il est temps qu'il y ait au Parlement des partis politiques bien représentatifs et non des partis qui viennent chacun avec un député. Donc, des conditions sont fixées dans le code électoral dont l'une des conditions, dit : Un parti qui va à la compétition électorale (législatives) et qui doit enlever un siège, doit avoir une envergure nationale, c'est-à-dire recueillir au moins 10% des suffrages exprimés au plan national. C'est très contraignant. Et beaucoup de partis politiques dans l'état actuel des choses, ne sont pas capables de satisfaire cette exigence. Vous comprenez donc quand les gens se disent qu'ils sont de l'opposition, et veulent satisfaire à cette obligation de créer de grands ensembles, voulant toujours demeurer présidents de partis politiques, garder leur fonds de commerce pour négocier avec l'Exécutif pour avoir des postes de responsabilité, des fonds de commerce qu'il faut se départir pour former des grands ensembles, évidemment, renoncer à cela est un sacrifice énorme qu'ils n'étaient pas disposés à faire. Donc, refuser les conditions actuelles c'est légitime pour eux. Indirectement, on parle d'exclusion. Mais dans les faits, ces partis politiques, n'ont rien fait désormais que d'exiger la remise en cause de la réforme des partis politiques afin que les choses restent en l'état comme depuis toujours. Je dois avouer que ce n'est pas admissible. Parce que nous avons l'obligation de corriger nos travers, nos perversions afin que le pays évolue. Donc le problème, auquel nous sommes confrontés aujourd'hui, d'ailleurs, j'ai lu une tribune hier qui a été écrite par d'éminentes personnalités du pays mais qui ont leur opinion. Le problème qui est posé, c'est les deux lois. Le code électoral n'est pas rédigé pour satisfaire de manière explicite quelqu'un. Ce sont des conditions posées auxquelles tout le monde doit satisfaire. Il n'a pas été dit que des partis de telle couleur sont dispensés de telles exigences et que les partis de telle ou telle couleur sont astreints à respecter ces dispositions-là. Le code s'impose à tout le monde. Ceux qui ne sont pas dans le dynamisme du respect du code, exigent que le code soit abandonné.</p> <p><strong>Quand vous avez fait tous ces efforts, votre bonne volonté à œuvrer pour une solution consensuelle et que cela n'a pas abouti au Parlement, pourquoi ne prenez-vous pas une ordonnance ?</strong></p> <p>L'ordonnance, ce serait pour dire quoi ? Pour abroger la Charte et le Code. Pour remettre en cause la réforme voulue et décidée par la classe politique toute entière. Il faut signaler que c'est seulement à la mise en œuvre qu'il y a revirement. Donc moi qui ai choisi de faire des réformes nécessaires, courageuses, quand il s'agit de la réforme majeure, qui concerne la classe dirigeante, je dois remettre en cause cette réforme par autorité ?! Pour rappel, la Charte des partis politique est votée par la quasi-unanimité y compris par ceux qui refusent aujourd'hui sa mise en œuvre. Ils savaient bien et je les comprends. On prône l'idéal mais quand il s'agit de respecter les conditions de réalisation de cet idéal, chacun en lui, commence par rechigner et cherche les voies et moyens pour contourner les conditions de l'idéal. Et quand on ne parvient pas à contourner les conditions de l'idéal, on remet en cause l'idéal. Mais il n'en demeure pas moins que cet idéal est reconnu de tous. Donc je n'ai pas dans mon rôle à remettre en cause un idéal défini et fixé par la classe politique toute entière, et parce qu'à l'occasion de sa mise en œuvre certains ne veulent plus, et pour jouer au bon Président, sauver l'image de la démocratie, gommer la mauvaise perception de la chose, je remets en cause ce qui est fondamental. Il faut choisir entre ce qui est fondamental et ce qui relève de l'accessoire, il faut faire quoi ? Mon choix, il est clair. Même les réformes les plus difficiles, si elles sont pertinentes, nous avons l'obligation de les opérer. Maintenant au-delà de ça. Admettons que je sois disposé à remettre en cause la réforme pour la convivialité comme on aime bien le dire, c'est-à-dire pour la paix et la sécurité de tous, et favorable à ce qu'on diffère cette exigence des réformes. Ce que me demandent quelques leaders que je reçois ou je lis, c'est de prendre une ordonnance pour imposer ce que le Parlement n'a pas fait. Si le Parlement décide de remettre en cause la Charte et le nouveau Code électoral, je vais me conformer, on va se conformer tous. Mais si le Parlement ne le fait pas et maintient la charte des partis politiques et le Code électoral après les discussions, pour soigner l'image de la démocratie, je vais, comme souverain absolu, prendre une ordonnance et légiférer dans un domaine qui n'est pas le mien ?! Et dire voilà ce que sera désormais la Charte des partis politiques et le Code électoral. Je voudrais signaler que notre Constitution ne permet pas au Président de la République de légiférer dans tous les domaines. Quand on parle d'ordonnance, de manière classique, la Constitution permet au Gouvernement en place ou au Président de la République de légiférer pour la mise en œuvre de son programme d'action en cas de blocage. On prend des ordonnances dans un champ bien déterminé. On ne prend pas une ordonnance pour fixer un nouvel ordre politique. Et cela ne se fait dans aucun pays démocratique. Le jour où on fait cela, c'est qu'on a mis à terre tous les fondements de la démocratie. Parce que la compétition électorale est la chose fondamentale dans un système démocratique. Et il ne revient pas à un homme, fut-il Président de la République, de décider par lui et lui seul, d'un processus électoral. C'est cela qui est gênant. Ceux qui évoquent l'article 68 de la Constitution, cet article ne parle pas des prérogatives du Président de la République à utiliser la voie de l'ordonnance pour agir. L'article 68 permet au Président de la République de prendre des mesures exceptionnelles quand il y a blocage des institutions, remise en cause de l'indépendance du pays, quand le territoire est en danger, bref dans des conditions extrêmement limitées. Evidemment au titre des mesures exceptionnelles, il peut avoir une ordonnance ou une déclaration après consultation du président de l'Assemblée nationale. Mais la Constitution a encadré cela. L'article 69 qui suit l'article 68, précise que les mesures exceptionnelles doivent être prises dans le sens de la préservation des prérogatives des institutions de la République de sorte à permettre le bon fonctionnement rapide des institutions. Ces mesures doivent avoir pour objectif le retour à l'ordre dans un meilleur délai. Or dans le cas actuel, les institutions ne sont pas bloquées, le Parlement n'est pas bloqué. La commission des lois a fonctionné. Les débats ont eu lieu, les votes ont eu lieu. Donc puisque le Parlement n'a pas fait ce que je lui demande (modifier les lois en cours), je prends une ordonnance, je prends des mesures exceptionnelles pour retirer au Parlement ses prérogatives, pour fixer de nouvelles conditions ? Ce serait un coup d'Etat, contraire à la Constitution.</p> <p>Nous avons un problème, nous avons une contrainte. Nous avons adopté une Constitution depuis 1990 qui dit comment telles et telles prérogatives doivent être exercées. Je consulte les composantes de la société y compris les anciens présidents de la République. Ceux-ci me prient d'aller dans un sens et je transmets à l'institution politique en charge, qui a pouvoir en cette matière, mais cette institution politique refuse de donner suite à ma requête. Cette requête a beau provenir d'une large consultation que je prends soin de transmettre à l'institution qui ne suit pas ma requête. Est-ce que cela signifie que l'institution est bloquée ? La Constitution a donné au Parlement ce pouvoir de manière exclusive. Est-ce que à tout moment ce que souhaitent quelques leaders, même beaucoup de leaders, s'impose aux institutions ? Je vous dis ce que prévoit l'article 4 de la Constitution : « Le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus et par voie de référendum. Les conditions de recours au référendum sont fixées par la présente Constitution et par une loi organique. La Cour constitutionnelle veille à la régularité du référendum et en proclame les résultats ». Le premier alinéa dit que « le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus et par voie de référendum ». Il y a deux moyens par lesquels notre Constitution permet de solliciter l'avis du peuple. Soit par le parlement où siègent les élus du peuple. Quand le Parlement se prononce pendant sa mandature, c'est au nom du peuple. Si l'on veut solliciter l'opinion du peuple en dehors du Parlement, c'est par voie référendaire. Donc le fait que Patrice TALON recueille des avis des uns et des autres et demande au Parlement une loi en ce sens et que le Parlement ne le fait pas, nous devons pour le respect de la Constitution, nous y conformer. Et je n'ai pas le pouvoir pour prendre une ordonnance pour dessaisir le Parlement de ses prérogatives. Et surtout pas en matière électorale. Même à titre exceptionnel, l'exception sera que ce modèle est désormais établi au Bénin. Je prie mes concitoyens de ne pas permettre qu'il soit établi au Bénin quelles que soient les raisons, qu'un Président de la République organise des élections par sa seule volonté, quand bien même cette volonté relèverait d'une certaine consultation ou concertation. C'est trop dangereux ! Parce que dans deux ans, dans trois ans, mon successeur peut également à tout moment s'en servir pour modifier le processus électoral à son goût.</p> <p><strong>Des propositions vous sont faites dans ce sens. Avez-vous une aversion à ce sujet ?</strong></p> <p>Vous voulez parler d'une conférence nationale ?</p> <p>Pas du tout ! au contraire, certains me disent Monsieur le Président, à défaut de prendre une ordonnance par vous-même, puisque vous ne voulez pas violer la Constitution ni faire un coup d'Etat, pourquoi ne pas convoquer une conférence nationale ? Je convoque une conférence nationale à titre consultatif ou à caractère décisionnel ? Alors si c'est à caractère consultatif, c'est déjà fait. Puisque j'ai transmis au Parlement le souhait et la volonté d'un grand nombre. Si demain je réunis à nouveau toute les classes sociales et je transmets à nouveau les conclusions. Si le parlement refuse à nouveau d'aller dans ce sens ? Ce n'est pas un blocage. Les lois votées par le Parlement s'imposent à tout le monde même si nous ne sommes pas d'accord jusqu'à ce qu'un autre Parlement vienne changer les choses. C'est cela que nous appelons l'ordre constitutionnel des choses. Donc une conférence à titre consultatif ne servirait à rien. Il nous faut à nouveau une conférence souveraine qui va dire ce qui va se faire dans le cadre des élections en cours et ces décisions s'imposent à la Nation entière et les institutions. Mais si cette assise nationale a ce caractère décisionnel, souverain, cela veut dire simplement que l'ordre constitutionnel actuel est remis en cause.</p> <p>Si cette décision est juste portée sur la question de la crise électorale, juste cela,</p> <p>Si la cité devait fonctionner ainsi à chaque controverse, si la Cité devrait fonctionner ainsi à chaque instant, chaque fois qu'il y a un problème, chaque fois qu'il y a un incident, chaque fois qu'il y a une controverse, on déroge à la Constitution.</p> <p>Non, non, suivez bien, écoutez bien. Parce que nous avons l'obligation de gérer la Nation. Et moi j'ai prêté serment pour respecter et protéger la Constitution. Je ne peux pas, l'article 4 de la Constitution n'autorise pas la convocation d'assises politiques, la convocation de conférences nationales souveraines. Elle n'autorise pas, et ça les gens ne le savent pas.</p> <p>Notre Constitution actuelle interdit la consultation du peuple par la voix de Conférence nationale à caractère décisionnel parce que cela est une remise en cause de l'ordre constitutionnel. La Constitution n'a prévu que deux voies de consultation du peuple. C'est la consultation du parlement ou le référendum. C'est pour cela que je ne peux pas convoquer une conférence nationale ou une assise en cette matière aujourd'hui, et lui donner un caractère impératif, capable donc de prendre une décision en cette matière.</p> <p>Si je le fais, je remets en cause l'ordre constitutionnel actuel, et cela, quand j'ai rencontré il y a quelques jours les présidents des Institutions de la République, laquelle réunion a été élargie au président de la CENA et au Médiateur, j'ai posé la question à chacune de ces personnalités de manière personnelle : « Êtes-vous favorable Monsieur/Madame à la remise en cause de l'ordre constitutionnel actuel ? » Tout le monde m'a répondu : « Il n'en est pas question ».</p> <p>Quand je reçois des personnalités politiques diverses à l'occasion de cette affaire et que je leur demande : « Vous êtes demandeur ou favorable à la remise en cause de l'ordre constitutionnel actuel ? », tout le monde me dit : « Non ».</p> <p>Je dis : « Mais vous ne pouvez pas me demander de prendre sur moi de violer la Constitution alors que chacun de vous, par derrière, dit : « Ne remettez pas en cause l'ordre constitutionnel ».</p> <p>Messieurs, je conclus là-dessus, sur ce point-là : La prise d'une Ordonnance par moi, pour interférer dans le processus électoral, en lieu et place de l'Assemblée nationale, en lieu et place de la Cour constitutionnelle, serait, de ma part, une remise en cause de l'ordre constitutionnel. Ce serait interprété comme un coup d'État. La convocation d'une Conférence nationale souveraine pour décider aujourd'hui en cette matière serait également une remise en cause de l'ordre constitutionnel puisque cela n'est pas permis, n'est pas envisagée par la Constitution. Et toute Conférence nationale qui a un caractère souverain statue au-delà des règles, des lois qu'elles soient réglementaires simplement, qu'elles soient législatives ou fondamentales, qui statue de manière souveraine, remet en cause l'ordre constitutionnel. Est-ce que c'est cela que veut notre opinion, notre peuple pour régler un problème qui certes nous préoccupe, mais qui ne vaut pas, à mon sens, la remise en cause de l'ordre constitutionnel actuel ?</p> <p>Alors, quand on est responsable, on dit : « Entre deux maux, il faut choisir le moindre ». Est-ce qu'il faut aller aux élections dans ces conditions ? Aller aux élections avec cette image qui ne nous honore pas tant, je le reconnais, qui jette un peu la suspicion sur moi, je l'admets. Mais j'ai déjà porté beaucoup de chapeaux. Je suis prêt à porter encore ce chapeau, ce n'est pas un problème. Mais est-ce que pour me préserver de cette image, pour ne pas porter ce chapeau, est-ce que je vais organiser la remise en cause de l'ordre constitutionnel actuel ? Est-ce que je vais permettre l'instauration d'une arme de destruction massive ? Cette arme-là, c'est celle que vous me suggérez, de conférer au Président, dans l'histoire politique du Bénin, le pouvoir de légiférer en matière électorale.</p> <p><strong>Même si laisser organiser les élections dans les conditions actuelles pourrait être considéré aussi comme un échec au plan des réformes politiques que vous portez.</strong></p> <p> j'ai l'habitude d'être direct. Je préfère porter le chapeau d'un échec du genre, que je n'ai pas réussi dans la réforme politique actuelle. Je n'ai pas réussi à appeler les uns et les autres à mettre en place une réforme qui corrige nos travers. Si je n'ai pas réussi à le faire, mais je n'en porte pas seul la responsabilité. Je n'ai pas réussi à faire cela. Est-ce que pour autant je vais être égoïste à ce point, et aller jusqu'à la remise en cause de notre Constitution, et saisir une arme qu'on me donne inconsciemment parce que beaucoup de gens ne sont pas conscients de l'arme qu'on me tend. Moi, j'en suis conscient, et je sais que je suis un homme. Je ne sais pas de quoi je serais capable demain. Je ne vais pas tenir dans mes mains une arme que je pourrais être tenté d'utiliser à d'autres fins demain. Et après moi, même si moi je ne le fais pas, celui qui me succédera, qui succédera dans 10, 15, 20 ans, nous aurions mis dans les mains du président de la République du Bénin une arme qui peut faire pire que ce que nous voulons corriger aujourd'hui. Il faut se garder de faire ça, et c'est bien pour ça que je dis : « Ce mal, ces élections, telles qu'elles se présentent, ont quelque chose qui, pour moi, porte un certain discrédit. Je l'accepte, je veux bien assumer cela. La vie, elle est ainsi faite. Quand on accepte d'être responsable, il faut des fois accepter de porter certains chapeaux. Je veux bien le faire. Mais je veux pouvoir en même temps préserver l'essentiel. C'est ça mon serment.</p> <p><strong>M. le Chef de l'État, nous sommes en train d'épuiser les dernières secondes de cette émission, cet entretien spécial que vous avez bien voulu nous accorder sur cette question de l'heure. Je voudrais finir par cette phrase, la dernière phrase que vous avez laissé entendre à savoir la prévenance que vous-même vous portez à une arme redoutable qu'on peut mettre dans vos mains pour régir la vie, et l'ordre des choses. De ce point de vue, vous êtes conscient qu'actuellement là maintenant avec deux partis acquis à votre cause, vous aurez une hyper puissance présidentialiste.</strong></p> <p> M. SOUNOUVOU, que voulez-vous que je fasse d'un Parlement dans lequel tous les députés sont mes partisans ? À quoi ça me servirait de plus qu'un Parlement dans lequel j'ai une majorité ? Le Parlement actuel qui est en place, je dispose d'une majorité suffisante pour conduire l'action gouvernementale.</p> <p><strong> qui n'a pas pu vous permettre de tout avoir non plus</strong></p> <p>Patrice TALON : Mon objectif n'est pas de tout avoir. J'ai voulu réviser la Constitution par deux fois, et je n'ai pas obtenu la majorité nécessaire. La dernière fois, la toute dernière tentative, j'avais la possibilité d'aller au référendum. J'ai dit « Non ». Parce que la révision d'une Constitution doit être toujours consensuelle. Mais mon action, le succès de mon action n'est pas exclusivement fonction de la révision de la Constitution ou des réformes constitutionnelles que j'ai voulu faire, et je n'ai pas vocation, par moi et moi seul, pendant mon mandat, de transformer le Bénin, de tout régler en une fois. Je n'ai pas cette prétention. Je n'ai pas besoin d'avoir un Parlement du genre, et dans tous les cas, ce n'est pas parce que deux grandes formations politiques seraient allées au Parlement et seraient les seules présentes au Parlement que cela me donnera une homogénéité absolue. Non, il ne faut pas se faire d'illusions. Le Bénin est un pays de grande démocratie, de grands débats, et même au sein de ces deux formations politiques, il y a déjà beaucoup des courants de pensée de compétition en interne dans les partis politiques ; ce qui est bien d'ailleurs. Donc, je ne crains pas que du jour au lendemain la démocratie au Bénin bascule parce que le débat démocratique, la critique de l'Action gouvernementale ne se fait pas qu'au Parlement. Et d'autres élections arriveront très vite. Dans un an, nous allons aux élections municipales. Dans deux ans, nous allons aux élections présidentielles. Dans quatre ans, nous aurons à nouveau des élections législatives. Je pense que la réforme aura fait son chemin et que les uns et les autres auraient pris le train en marche, et notre processus démocratique n'en aura que plus de vigueur. C'est certain. Donc, pour moi, il est évident que ce chemin difficile sur lequel nous sommes va nous amener à un lendemain meilleur en matière d'animation de la vie politique. Et les partis politiques qui, parce qu'ils ont refusé de faire les efforts qu'il faut, ne seront pas aujourd'hui peut-être présents auront l'occasion de revenir au Parlement peut-être de manière plus forte, de manière plus structurée, et seront capables demain de conquérir le Pouvoir exécutif, de l'exercer, ou d'être majoritaires au Parlement sans que ce qui s'est passé aujourd'hui établisse de manière éternelle une vie politique sans débats. Ce n'est pas vrai !</p> <p>Je vais vous dire une chose : « La réforme, elle est difficile. On l'a évoquée longuement tout à l'heure. Je voudrais profiter de cet entretien pour quand même féliciter les partis politiques qui ont fait le sacrifice de fusionner, qui ont renoncé à leurs intérêts individuels, à leur fonds de commerce, il faut le dire, pour créer ces deux grands partis politiques. Je souhaite qu'il y ait au Bénin une troisième force politique, une quatrième force politique de cette envergure-là dans lesquels les gens auraient fait les sacrifices nécessaires.</p> <p>J'ai noté qu'au Bénin il y a plus de 250 partis politiques, et j'ai interpellé les responsables des deux partis en question, et j'ai remarqué que chacun de ces nouveaux partis regroupe plus de 70 à 80 partis politiques avec des dizaines de mouvements politiques, leaders politiques. Je vois que les deux partis, ensemble, regroupent plus de la moitié des partis politiques existant au Bénin, c'est-à-dire ensemble regroupent 140 à 150 partis politiques. J'ai remarqué également que ces deux formations regroupent plus de 2/3 des partis politiques actuellement présents au Parlement. Et je dis : « Mais donc, ces deux partis ont quand même certaine représentativité. Ces deux partis ne sont pas que deux partis politiques selon le schéma actuel, la mosaïque actuelle. C'est environ 150 partis politiques qui vont à la compétition, mais dans une autre dynamique, dans une dynamique de regroupement. Nous avons déjà, d'une certaine manière, réussi un peu ce que nous espérions. Parce que nous voulons que les partis politiques fusionnent, deviennent de grands ensembles politiques. De 250 partis politiques, nous avons aujourd'hui plus de 150, 200 partis qui sont regroupés en 2 partis politiques. Imaginez que du reste, sortent encore 1 ou encore 2 partis politiques. Est-ce que nous n'avons pas réussi ? Donc, ce qui se passe, il faut pouvoir également le lire sous un autre angle certes difficile mais qui ouvre le chemin d'un succès de la réforme du système partisan. Ce que les deux ont fait, nous allons prier, nous allons tout faire pour que le reste fasse autant.</p> <p><strong>pas forcément dans votre giron hein</strong></p> <p>Non dans le pays, dans le pays. Vous avez vu l'article 242 du Code électoral ? Si vous l'avez lu, vous avez vu un chiffre 4 dedans. Dans ce Code déjà, on sent que le nombre de partis politiques pressenti, souhaité pour animer le Parlement ne devrait pas dépasser 4 ou 5. Le choix du Bénin, le choix de la réforme, c'est d'amener les 250 partis politiques à se regrouper, à se répartir en 3, 4, 5 grands partis politiques dans le pays pour effectivement jouer leur rôle. Et cela a été explicitement ou implicitement en tout cas dit dans le Code électoral. Donc, il s'agit pour nous d'agir, de prier, de tout faire pour que les gens se fondent dans de grands ensembles pour jouer leur rôle en tant que partis politiques d'envergure nationale capables d'influencer la gouvernance dans le pays, capables de conquérir le pouvoir, de l'exécuter de manière homogène. Donc, ceux qui ont réussi, ceux qui l'ont fait aujourd'hui, peut-être parce qu'ils sont dans ma dynamique, ils ont fait le sacrifice qu'il faut. Vous avez vu dans les partis des gens qui étaient des adversaires éternels, je ne vais pas citer de noms, mais des gens qui n'auraient jamais pu se mettre ensemble dans un parti politique. Certains ont renoncé à être présidents de parti, ont renoncé à tout rôle et se retrouvent comme de simples membres de partis politiques. C'est un sacrifice énorme. C'est en cela que je voudrais inviter les acteurs politiques, les uns et les autres, à faire ce sacrifice et à pouvoir entrer dans les partis politiques à caractère, à dimension, à envergure nationale afin que ce que nous avons vécu cette année, ce que nous sommes en train de vivre ne se répète pas. Et d'ailleurs, ils n'auront pas le choix. Ils vont devoir le faire parce qu'ils ne vont pas renoncer à exercer ce qu'ils veulent bien faire comme métier, le métier de la politique. Donc, à quelque chose, peut-être malheur sera bon. Je suis pragmatique, je suis quelqu'un de réaliste, et je suis quelqu'un qui avance malgré les difficultés. Je suis quelqu'un qui cherche les voies et moyens pour corriger nos insuffisances. Mais parfois à l'impossible je ne suis pas tenu. À l'impossible je ne veux tenir personne. Et je voudrais que nos difficultés nous permettent de voir de manière plus lucide notre réalité et au lieu de fermer les yeux là-dessus, de corriger nos travers et d'avancer. C'est cela mon souhait, c'est cela aujourd'hui ma position. Et je voudrais, pour finir, prier la classe politique, les leaders politiques de ne pas appeler à incendier le pays. Si ce pays leur tient tant à cœur et qu'ils ont vocation à le diriger aujourd'hui ou demain, ce n'est pas un pays brûlé, ce n'est pas un pays en cendres qu'ils auront à diriger demain. Ne pas participer à une élection, la vie ne s'arrête pas là. La vie ne finit pas à un échec. Cela souvent vous permet d'être plus aguerri, d'avoir peut-être des succès inespérés plus grands demain. Donc, appeler à brûler le pays parce qu'on ne va pas à une élection, ce n'est pas responsable. Ce n'est pas bien. Il faut souhaiter que, même si les élections doivent avoir lieu dans ces conditions, que cela nous permette d'aller de l'avant, que cela nous permette de mieux construire notre pays, et que ce qui ne va pas maintenant, qu'on puisse le corriger dans les jours à venir afin que l'on ne retrouve plus ce genre de choses. Mais il ne faut pas brûler le pays, et je ne le permettrai pas d'ailleurs.</p> <p><strong> Le peuple a besoin d'être rassuré tout simplement M. le Président de la République</strong></p> <p>Je veux rassurer le peuple par mon action, je veux rassurer les uns et les autres par mon attitude, et vous avez bien vu : « Quand j'ai souhaité une révision de la Constitution et que nous ne l'avons pas obtenue, je me suis incliné ». Je me suis incliné. Je suis un homme d'action. Mais je veux que l'action s'opère dans le champ tracé et encadré par la Constitution. Il ne faut pas que la volonté d'agir nous fasse sortir du cadrage constitutionnel. C'est bien pour ça que je voudrais dire à mes concitoyens que je resterai autant un homme d'action, autant un défenseur de la démocratie, des libertés, de la rigueur, et du respect de l'ordre constitutionnel pour lequel j'ai prêté serment. Je voudrais vous rassurer ainsi, M. DOSSA et M. SOUNOUVOU, d'une chose : Notre démocratie, même si elle est parfois peut-être mise à l'épreuve par la compréhension que nous avons de ce qui se passe dans la Cité, notre démocratie, elle est dynamique, elle est vivante, elle est solide, elle se renforce, et elle va servir notre développement. Notre démocratie permettra au Bénin (aujourd'hui ce n'est pas encore le cas. Mais ça viendra très vite) permettra d'avoir une gouvernance efficace pour sortir du sous-développement et de la pauvreté. Il ne sert à rien de se contenter d'une démocratie aisée, confortable qui, malheureusement, nous maintient dans la perversion, maintient et éternise nos travers, nos insuffisances et in fine nous amènera dans le chaos. Et c'est pour cela que la démocratie doit rester un outil de développement. Et toutes les fois qu'en respectant les dispositions de l'ordre constitutionnel, en préservant la démocratie, nous allons trouver les voies et moyens pour corriger nos travers, nous allons le faire parce que c'est cela qui nous permettra de mieux vivre.</p></div> ''Le Programme d'alimentation scolaire ne devrait pas concerner que le gouvernement...'' (ADOUA) https://24haubenin.info/?Le-Programme-d-alimentation-scolaire-ne-devrait-pas-concerner-que-le https://24haubenin.info/?Le-Programme-d-alimentation-scolaire-ne-devrait-pas-concerner-que-le Fri, 15 Mar 2019 05:45:25 +0000 fr Dg24h <p>Monsieur le Représentant Résident du PAM au Bénin. Chaque 1er mars, on célèbre l'alimentation scolaire au niveau africain. Dites-nous quelle est la signification cette journée ? <br class='autobr' /> Guy ADOUA : Le mois de mars est généralement reconnu comme le mois de la femme et qui dit femme, dit enfant et qui dit l'enfant, dit école et qui dit école, dit alimentation. Il y a donc un lien entre tous ces événements. Je dirai que l'alimentation scolaire à tout son sens parce que s'il y a 4 ans, les chefs d'États (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH137/arton20044-da3a0.jpg?1571353450' width='150' height='137' /> <div class='rss_texte'><p><strong>Monsieur le Représentant Résident du PAM au Bénin. Chaque 1er mars, on célèbre l'alimentation scolaire au niveau africain. Dites-nous quelle est la signification cette journée ?</strong></p> <p><strong>Guy ADOUA :</strong> Le mois de mars est généralement reconnu comme le mois de la femme et qui dit femme, dit enfant et qui dit l'enfant, dit école et qui dit école, dit alimentation.<br class='autobr' /> Il y a donc un lien entre tous ces événements. Je dirai que l'alimentation scolaire à tout son sens parce que s'il y a 4 ans, les chefs d'États d'Afrique ont décidé d'instituer le 1er mars , Journée de l'alimentation scolaire en Afrique, c'est surtout pour donner un sens à l'alimentation scolaire. C'est pour s'assurer que les enfants qui constituent notre futur ont tout ce qu'il faut dès leur jeune âge, dès l'instant qu'ils vont à l'école pour se ressourcer et être de véritables générations qui vont remplacer les générations actuelles. C'est dans ce sens qu'on a pensé que l'alimentation qui était l'un des éléments à prendre en compte pour s'assurer que les enfants seront en train de bien se préparer à leur futures responsabilités.</p> <p><strong>Quels sont les problèmes observés au niveau des écoles et qui ont conduit les dirigeants africains à instituer cette journée ?</strong></p> <p>Au moment des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), on n'a fait un petit état des lieux. Et la plupart des pays n'ont pas atteint le millénaire de développement en rapport avec l'éducation surtout l'éducation pour tous. Et l'une des raisons, c'était qu'on arrivait pas à maintenir les enfants à l'école. Et si on arrivait pas à maintenir les enfants à l'école, il y avait d'autres facteurs dont celui lié à l'alimentation. On peut dire ce mois-ci je n'ai pas d'habits à acheter je vais attendre le mois prochain. Mais se nourrir non. On ne peut pas dire je ne vais pas manger je vais attendre le mois prochain. Donc se nourrir, c'est comme un droit et une obligation et ça, il faut le faire tous les jours. Mais si on mange, ce n'est pas juste pour manger. C'est plutôt pour être capable de se concentrer et faire un certain nombre d'activités. Et ici, nous parlons de l'école et un enfant qui n'est pas concentré à l'école, un enfant qui n'a pas bien mangé, un enfant qui n'a pas pu mettre quelque chose sous la langue, ne fera que dormir à l'école car il n'aura pas tout ce qu'il faut pour se concentrer et donner des résultats. C'est donc fort de ce constat que les chefs d'États ont pensé qu'il fallait encourager les programmes d'alimentation scolaire pour assurer au moins aux enfants un repas à l'école, pour les tirer à l'école mais aussi pour qu'ils soient concentrés pour suivre le cours dans de meilleures conditions. Voilà les raisons qui sous-tendent cet engagement fort dont nous sommes à la 4ème édition cette journée.</p> <p><strong>Qu'est-ce qui a pu évoluer depuis la première édition ?</strong></p> <p>Vous allez remarquer que les thèmes sont restés autour de la production locale au fil des années. Ce qui a pu évoluer, c'est la prise de conscience. On observe de plus en plus des initiatives visant à renforcer la production agricole pour pouvoir financer les programmes de cantines scolaire aujourd'hui. Il y a des initiatives de jardins autour des écoles y compris la pisciculture pour apporter les protéines animales afin d'essayer de varier ce que le PAM apporte. Car le PAM a un panier composé de céréales, de légumineuses, de l'huile, de sel mais il faut aussi de temps en temps des protéines animales. C'est d'ailleurs ces initiatives et expériences qui ont permis à l'école primaire publique d'Agbodjèdo, dans les Aguégués d'être récompensée lors des festivités officielles de la 4ème édition de la JAAS à Toffo, jeudi dernier. Il y a également des initiatives allant même à développer des petits programmes d'élevage de volailles, de production des œufs autour des écoles. Aussi, a-t-on vu à l'extérieur des écoles, des initiatives de grands champs communautaires pour appuyer le programme. Ce sont entre autres les évolutions qu'on a pu observer. Il y a 4, 5 ou 10 ans, on en parlait pas. Les vivres étaient achetés. Quelque fois, ils venaient de l'extérieur. Mais de plus en plus, on est en train d'encourager la production agricole locale, et en faisant de cette manière, on essaie d'entraîner aussi dans le programme la communauté, les paysans et les producteurs pour faire de ce programme un véritable programme intégré, c'est à dire joindre et associer les autres couches. L'évolution qui a été notée aussi est que hier était juste une histoire d'école, des enseignants, du PAM et ça se limitait là. Mais aujourd'hui, c'est toute la communauté entière. Les parents d'élèves et les associations aussi s'investissent désormais pour produire et alimenter les programmes. Cela voudrait dire qu'il y a une prise de conscience avec comme impact un niveau de contribution de la communauté qui devient de plus en plus considérable.</p> <p><strong>Le jeudi 7 mars 2019, à l'occasion de la cérémonie officielle de la célébration de l'édition 2019 de la JAAS, le Pam a procédé à une remise officielle de motos aux agents de suivi programme sur le terrain. Quel en est le but visé ?</strong></p> <p>J'ai toujours dit et mes collègues peuvent peut-être confirmer que notre travail ce n'est pas ici au bureau. Au bureau, c'est juste mettre en place des stratégies qu'il faut aller appliquer sur le terrain. Nous avons besoin d'être beaucoup plus proches des écoles pour nous assurer que le Programme fonctionne bien. Qu'il y a tout ce qu'il faut, les vivres sont là en bon état, dans de bonnes conditions ; que les gens qui préparent sont là, qu'il y a des fiches qui sont là et qui sont suivies au jour le jour. Alors le sens de ces motos, c'est pour s'assurer de la présence de tous les acteurs sur le terrain, d'être plus proches et plus mobiles des écoles. Être en mesure d'aller discuter avec les communautés, discuter avec les parents, discuter avec les élèves, discuter avec les enseignants, discuter avec les transporteurs pour s'assurer que tout se passe bien. C'est ça qui est l'objectif. L'objectif ce n'est pas tout ce que nous faisons ici au bureau. C'est le travail sur le terrain. Quand le travail sur le terrain fonctionne bien, on a toute les garanties que le Programme va aller plus loin. Avec une moto, on peut visiter facilement 5, 10,15 écoles, dans la journée et s'assurer que tout se passe bien. Donc les motos dont l'échantillon a été présenté jeudi dernier, c'est juste pour dire que nous passons de plus de 1500 écoles à plus de 3000 et bientôt 4000 écoles. Il faut donc réfléchir sur comment mettre les moyens en place pour être présent sur le terrain. Car, plus le nombre d'écoles est croissant, plus on doit réfléchir pour ne pas laisser une seule école de côté. Donc, nous avons acheté ces motos. Nous allons aussi doter ces motos à certaines structures qui nous accompagnent dans le suivi programme sur le terrain.</p> <p><strong>Avez-vous des projets innovants dans le cadre du programme national alimentaire scolaire intégré ?</strong></p> <p>Oui beaucoup. Actuellement, nous sommes en train de développer un mécanisme de gestion de plaintes. C'est à dire qu'on va arriver à obtenir un numéro vert gratuit qui devrait permettre aux bénéficiaires, à tout le monde,<br class='autobr' /> à tout citoyen là où il se trouve s'il remarque quelque chose en rapport avec le fonctionnement des cantines scolaires, il appelle et nous dit le problème et nous, on intervient. En un mot, nous voulons avoir un système de communication qui fonctionne pour que chaque fois qu'il y a un problème, nous intervenons. Maintenant, quand vous parlez d'innovation, il y en aura beaucoup. Je pense que le fait d'associer dans les tout prochains mois, les groupements des femmes dans la production agricole et les vivres dans les écoles vont être achetés auprès de ces fermiers ou de ces femmes serait quelque chose de très bien et d'innovant. C'est à dire au lieu d'acheter directement auprès des commerçants, on donne aussi la possibilité, l'opportunité à d'autres couches vulnérables et on va les encadrer à ce que leurs produits soient aussi compétitifs du point de vue qualité et quantité et ça veut dire que le Programme ira au-delà de l'éducation. Il va donc trouver d'autres couches et de façon un peu indirecte les pas du programme seront beaucoup plus grands.<br class='autobr' /> On va aussi utiliser du cash, c'est-à-dire que ces femmes qui vendent aux écoles vont recevoir du cash (de l'argent en espèce) et ça va leur permettre de développer d'autres activités. Mais là où je veux vraiment parler de l'innovation, c'est que le PAM ait des mécanismes de suivi qui doivent permettre à tout citoyen qui dispose d'une application qui renseignerait sur le programme sur sa tablette, d' avoir accès à toutes les informations relatives aux cantines scolaires. Par exemple, si vous avez l' application sur votre tablette, vous rentrez dedans si vous voulez savoir combien d'écoles ont reçu de vivres à la date d'aujourd'hui et vous pouvez avoir accès à ces informations là. Avoir des petits programmes dans les écoles et autour des écoles, élevage de volaille, élevage de cabri, production d'œufs sont aussi des innovations. Réfléchir sur comment motiver les écoles dont les communautés ne fonctionnent pas assez bien, proposer des prix et faire en sorte que les écoles qui fonctionnent bien avec beaucoup d'initiatives partagent leurs expériences avec les autres. Organiser des mini-ateliers d'échanges d'expériences en utilisant uniquement les écoles qui font bien pour qu'ils expliquent aux autres comment ils font. Faire des visites de terrain pour aller voir là où ça se passe très bien pour les entraîner à mieux faire aussi. Ce sont autant d'innovations que nous comptons faire. Déjà, le fait d'utiliser les motos fait partie de ces innovations. Il y en aura plusieurs d'autres. Et l'avantage que nous avons ici est que le gouvernement du Bénin est pleinement impliqué et ça c'est une particularité. Le fait que le gouvernement est engagé, est pour nous une force parce que, pour toute initiative que nous aurons à apprendre, nous aurons son appui pourvu que ces initiatives nous amènent vers des résultats visibles et palpables.</p> <p><strong>Lors de la cérémonie commémorative de la 4ème édition de la JAAS, nous avons vu le personnel féminin du PAM offrir des kits de cuisine aux femmes cuisinières des cantines dans le cadre du 8 mars. Avez vous un mot à leur endroit et qu'elle est votre appréciation ?</strong></p> <p>Je suis très content. J'ai été émerveillé par cet acte posé par mes collègues. J'avoue que je n'étais vraiment pas impliqué , j'apprécie beaucoup cette initiative. Le message voudrait dire que le Programme d'alimentation scolaire ne devrait pas concerner que le gouvernement ni les écoles, c'est une affaire de tout le monde y compris les hommes et femmes de la presse. Ils ont aussi un grand rôle à jouer pour que ce programme soit un succès. Tout ce que nous pouvons faire pour que ça marche serait une très bonne idée. Les femmes, les mamans, c'est votre préoccupation que nous les enfants nous mangions bien. Ça veut dire que les femmes ont toujours un rôle à jouer. L'acte que mes collègues ont posé voudrait dire qu'elles aussi, en dehors de faire partie du PAM, ont aussi une contribution à apporter, à leur manière, pour le succès de ce programme</p> <p> Réalisée par Juliette Mitonhoun</p></div> Les députés donnent carte blanche à Talon pour 1877,5 milliards FCFA https://24haubenin.info/?Les-deputes-donnent-carte-blanche-a-Talon-pour-1877-5-milliards-FCFA https://24haubenin.info/?Les-deputes-donnent-carte-blanche-a-Talon-pour-1877-5-milliards-FCFA Thu, 20 Dec 2018 13:51:35 +0000 fr Dg24h <p>En plénière, ce jeudi 20 décembre 2018, au palais des gouverneurs, à Porto-Novo, les députés de la 7ème législature ont adopté à l'unanimité moins 11 voix, la loi 2018-39 portant budget de l'Etat exercice 2019. <br class='autobr' /> Le projet de loi de finances pour la gestion 2019 est équilibré en ressources et en charges à la somme de 1877,543 milliards FCFA contre 1862,918 milliards FCFA en 2018, soit une hausse de 0,8%. Son vote est intervenu après le débat général et les amendements des parlementaires. <br class='autobr' /> F. A. (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Interview-" rel="directory">Interview</a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH100/arton19185-8d755.jpg?1571353450' width='150' height='100' /> <div class='rss_texte'><p>En plénière, ce jeudi 20 décembre 2018, au palais des gouverneurs, à Porto-Novo, les députés de la 7ème législature ont adopté à l'unanimité moins 11 voix, la loi 2018-39 portant budget de l'Etat exercice 2019.<br class='autobr' /> Le projet de loi de finances pour la gestion 2019 est équilibré en ressources et en charges à la somme de 1877,543 milliards FCFA contre 1862,918 milliards FCFA en 2018, soit une hausse de 0,8%. Son vote est intervenu après le débat général et les amendements des parlementaires. <br class='autobr' /> F. A. A.</p></div>