24 Heures au Bénin https://www.24haubenin.info Webzine, Quotidien Béninois indépendant, d'analyses et d'information en ligne Sun, 17 Jan 2021 21:32:34 +0100 fr-FR hourly 1 Spip 24 Heures au Bénin https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L144xH117/siteon0-fad27.png?1610838487 https://www.24haubenin.info 117 144 Paroles à éviter pour s'élever avec le Bénin https://24haubenin.info/?Paroles-a-eviter-pour-s-elever-avec-le-Benin https://24haubenin.info/?Paroles-a-eviter-pour-s-elever-avec-le-Benin Sat, 16 Jan 2021 11:12:13 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Il est des paroles qui détruisent, et l'on se détruit soi-même d'abord à la parole destructrice que l'on profère. Si la parole proférée par l'homme n'estampillait pas l'homme en toute sa matière et tout son esprit, le cardinal de Polignac ne se serait pas exclamé à la vue d'un grand singe : « Parle et je te baptise ! » C'est parce que la parole est à la fois lien de lumière et lieu de vipère que l'évangéliste Matthieu fait dire à Jésus le Christ : « C'est d'après tes paroles que tu seras justifié et c'est (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton29089-b477a.jpg?1610838502' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Il est des paroles qui détruisent, et l'on se détruit soi-même d'abord à la parole destructrice que l'on profère. Si la parole proférée par l'homme n'estampillait pas l'homme en toute sa matière et tout son esprit, le cardinal de Polignac ne se serait pas exclamé à la vue d'un grand singe : « Parle et je te baptise ! » C'est parce que la parole est à la fois lien de lumière et lieu de vipère que l'évangéliste Matthieu fait dire à Jésus le Christ : « C'est d'après tes paroles que tu seras justifié et c'est d'après tes paroles que tu seras condamné » (12/37). Il en est ainsi parce que la parole proférée induit l'acte agi. « Parler c'est agir ». Parlons donc pour nous élever et élever notre environnement. Evitons les paroles qui tirent vers le bas.<br class='autobr' /> ​« Bof ! avec mon maigre salaire… » Dans le secteur privé ou public (excepté peut-être au niveau international), le Béninois est mécontent de son salaire quand même celui-ci est plus ou moins souvent ajusté au coût de la vie. C'est avec ce salaire que, de toute façon, il résout les problèmes quotidiens, les siens et ceux des siens. Mais quoi qu'il fasse et réussisse avec son salaire, c'est un « maigre salaire », un « salaire de misère ». Par conséquent, au poste qu'il occupe, il maugrée sans cesse et exige constamment des bakchichs pour compenser ladite misère ; haut fonctionnaire, il vole à volonté l'Etat pour compenser ladite misère ; maire de sa ville, il vole mobiliers et terrains à bâtir pour compenser ladite misère. Et cette conduite chapardeuse à tout-va paraît normale au fonctionnaire béninois. Les fonctionnaires béninois pensent misère et volent. Raison pourquoi le Bénin va de guingois.<br class='autobr' /> ​« Bof ! moi je suis là en attendant. » Car le travailleur béninois est toujours mécontent de son poste. Pour échapper à la tension soutenue du pédagogue, l'enseignant se voit assis dans un bureau, à jaser et à rigoler la journée longue avec le tout-venant, et à farfouiller dans la paperasserie. « En attendant » cette aubaine, il marque au sceau de la nonchalance ses cours, ses fiches et la correction des devoirs. Et les enseignés ont droit à son humeur massacrante en permanence. Le préposé à la réception de l'usine d'à côté est d'humeur aussi massacrante que le ci-devant enseignant. Il voulait un emploi, on lui a offert celui-là, mais c'est un autre qu'il attendait. Il ne sait pas lequel. « En attendant » cet inconnu, il boude les clients, des gêneurs priés d'aller se faire voir ailleurs. Tout travailleur béninois attend un autre poste où il se tournera les pouces pour beaucoup d'argent. « En attendant » cette sinécure, il crache sur le poste qu'il occupe. Raison pourquoi le Bénin va de guingois.<br class='autobr' /> ​« Bof ! elle est folle. Comme d'ailleurs toutes les femmes. » Votre épouse folle, et votre mère folle, parce qu'elle est la femme de votre vieux père qui répète à l'envi que sa vieille épouse est folle : voilà une situation délicate, qui ne devrait cependant pas vouer à la camisole de force les femmes béninoises, estimées á 51-52 % de la population. Tout le Bénin féminin aurait une araignée au plafond ! Or, pour refuser de modifier tant soit peu nos attitudes, nous sommes enclins á traiter de fou celui dont le comportement dévie du nôtre. Les Béninoises observent les Béninois. Elles constatent leur déviance par rapport à elles. Elles soupirent en chœur : « Nos hommes sont fous ! » Et voilà le Bénin recouvert de 12 millions d'habitants qui travaillent tous du chapeau. Raison pourquoi le Bénin va de guingois.<br class='autobr' /> ​L'on doit aux Allemands l'adage « A force de peindre le diable sur le mur, il finit par se présenter en vrai ». Halte donc au massacre ! Nous ne pouvons pas, sans cesse, souhaiter et dire le beau et le bien dans les temples, les couvents, les loges, et sortir de là avec des paroles toujours malveillantes pour nous-mêmes. Pour l'élévation du Bénin, que soit chacun positif en paroles, que profère chacun sur soi et alentour le beau et le bien en tendant de tous ses mots et de tous ses actes vers le plus beau et le meilleur pour soi et pour le Bénin.</p></div> TALON II S'IMPOSE https://24haubenin.info/?TALON-II-S-IMPOSE https://24haubenin.info/?TALON-II-S-IMPOSE Tue, 12 Jan 2021 19:30:08 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>Moukaram A.M. BADAROU <br class='autobr' /> Le mandat du Président de la République tire à sa fin et d'aucuns continuent d'alléguer sur l'éventualité ou non de la candidature de Patrice Talon. Il faut mettre fin et définitivement à ce questionnement parce que les résultats du quinquennat qui s'achèvent sont si pertinents et concluants qu'il serait hasardeux et malheureux pour le pays d'arrêter un élan aussi porteur pour la construction des équilibres d'un développement durable ; Oui, il serait regrettable de marquer une (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton29039-83fe3.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>Moukaram A.M. BADAROU</p> <p>Le mandat du Président de la République tire à sa fin et d'aucuns continuent d'alléguer sur l'éventualité ou non de la candidature de Patrice Talon. Il faut mettre fin et définitivement à ce questionnement parce que les résultats du quinquennat qui s'achèvent sont si pertinents et concluants qu'il serait hasardeux et malheureux pour le pays d'arrêter un élan aussi porteur pour la construction des équilibres d'un développement durable ; Oui, il serait regrettable de marquer une monstrueuse pause et revenir sur nos pas peu glorieux d'il y a quelques années. Un second mandat de l'actuel chef de l'Etat est nécessaire et utile pour la continuité, pour l'enracinement d'une administration au service du développement et pour l'irréversibilité du respect de l'autorité de l'Etat. Pour la renaissance et la restauration du Bénin, un second quinquennat de Patrice Talon s'impose et pour cause :</p> <p><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il faut entretenir et renforcer les équilibres macroéconomiques et tendre résolument vers un taux de croissance à deux chiffres et pour longtemps ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce que les nécessaires reformes engagées dans tous les domaines y compris les plus sensibles et difficiles doivent se poursuivre. Les résultats déjà obtenus doivent se renforcer, ceux qui sont en instance doivent se révéler par nos efforts individuels et collectifs ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il faut continuer de prioriser l'école et l'université béninoise et travailler à l'élévation du niveau des apprenants. Il y va de la qualité du Bénin de demain ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il faut poursuivre et confirmer la restauration de l'autorité de l'Etat. Il faut continuer aussi la réorganisation de la défense et de la sécurité publique ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il faut continuer de prioriser le secteur de la santé et renforcer les décisions déjà prises pour de meilleurs résultats ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il faut renforcer les performances des filières agricoles clés telles le coton, le riz, le maïs, l'ananas et autres ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce que Patrice Talon a non seulement un lead mais aussi une vision claire du développement du pays et surtout une capacité avérée de conduire cette vision ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce que Patrice Talon est pondéré et, face à toute situation, sait se donner le temps de la réflexion, le temps de la conception, le temps de la réalisation, le temps des constats et le temps des réajustements nécessaires pour un Bénin plus fort et plus prospère ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il faut confirmer la Renaissance du Bénin ; <br /><img src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1610838491' width='8' height='11' class='puce' alt="-" /> Parce qu'il s'impose désormais.<br class='autobr' /> Ces dix points expliquent la nécessité et l'utilité d'un second quinquennat pour Patrice Talon qui, s'il ne remplissait pas ces conditions et qualités, au sein de l'Union Progressiste dont je suis membre fondateur, je me serai personnellement porté candidat à la candidature des prochaines élections présidentielles d'avril 2021 pour défendre ce courant de pensée politique et de développement.</p> <p>Vive le Bénin ;</p> <p>Vive la République.</p></div> Pourquoi le PAG doit enterrer ‘‘Yovo, cadeau'' https://24haubenin.info/?Pourquoi-le-PAG-doit-enterrer-Yovo-cadeau https://24haubenin.info/?Pourquoi-le-PAG-doit-enterrer-Yovo-cadeau Sat, 09 Jan 2021 11:27:03 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>​Une comptine qui date d'au moins cent ans, puisque les Béninois qui, en 2021, sont entre 70 et 80 ans, se souviennent de l'avoir psalmodiée, enfants, à chaque rencontre d'un Blanc, d'un Métisse ou d'un Jaune. Et il importait peu que le même étranger passât sous nos yeux plusieurs fois par jour, nous ne nous lassions point de l'accueillir au chant de : « Yovo, Yovo, bonsoir ! Ça va bien ? Merci ! » C'est que les missionnaires catholiques et les fonctionnaires coloniaux nous faisaient forte impression à (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28980-d76ab.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>​Une comptine qui date d'au moins cent ans, puisque les Béninois qui, en 2021, sont entre 70 et 80 ans, se souviennent de l'avoir psalmodiée, enfants, à chaque rencontre d'un Blanc, d'un Métisse ou d'un Jaune. Et il importait peu que le même étranger passât sous nos yeux plusieurs fois par jour, nous ne nous lassions point de l'accueillir au chant de : « Yovo, Yovo, bonsoir ! Ça va bien ? Merci ! » C'est que les missionnaires catholiques et les fonctionnaires coloniaux nous faisaient forte impression à cause de leur couleur différente de la nôtre et de leur mode de vie dont nous ne pouvions pas rêver pour nous-mêmes. A la vue donc de l'impossible destin, nous chantions, au bord de l'acclamation. Notre joie était proche de celle qui nous animait une fois l'an, à la fête du Christ-Roi, lorsque la procession solennelle passait dans notre quartier, et que nous apercevions le prêtre juché sur quatre marguilliers, et portant avec immenses dignité et piété l'ostensoir-or, habitacle du Créateur et Maître des univers. Mais pourquoi le sempiternel ‘‘bonsoir'' de notre chant ? Mystère !<br class='autobr' /> ​La belle tradition de l'heureux salut offert à toute personne non noire se poursuivit longtemps après le 1er août 1960, et quelque temps encore après le 26 octobre 1972. Puis, à tâtons d'abord et rasant les murs, le salut se dégrada en « Yovo, Yovo, cadeau ! » Il fallut bien reconnaître dans ce résumé décadent l'un des effets de l'extension de la pauvreté, compagne d'une croissance démographique non maîtrisée. La comptine dahoméenne, joyeuse et sautillante, travestie en mélopée maussade et mendiante. Et aujourd'hui, laissant tomber le double appel, l'enfant béninois va droit au but : « Yovo, cadeau ! » Cinglant. Un rien menaçant. Mais l'enfant, main tendue, ne le sait pas. Lui qui, ainsi mendie, est l'avenir du Bénin. L'enfant dahoméen fut heureux. L'enfant béninois, à l'évidence, n'est pas heureux.<br class='autobr' /> ​Faute de pétrole ou d'uranium pour nous apporter la richesse (et la guerre !?), notre pays consent aujourd'hui des efforts conséquents pour se rendre fréquentable, attractif pour les étrangers qui, venant le visiter, dépenseront le yen, le dollar, l'euro, pour habiter dans ses hôtels bien entretenus, acheter ses productions locales artisanales et artistiques, sourire et rire à ses spectacles nouveaux sur ses plages propres ou en d'autres lieux étudiés pour qu'il garde de ses vacances au Bénin un souvenir tel qu'il y reviendra souvent nous voir. La richesse générée par le tourisme se partage mieux entre les citoyens en même temps qu'elle rassure l'écosystème alors que l'abîme l'exploitation du pétrole ou de l'uranium.<br class='autobr' /> ​Mais pour exploiter au mieux les infrastructures touristiques, le Programme d'Action du Gouvernement (PAG) devra se doter d'un volet éducatif afin d'enseigner aux enfants la patience pour attendre les fruits escomptés du tourisme, la dignité et le respect de soi pour ne pas tuer dans l'œuf la poule aux œufs d'or que peut représenter le touriste. Les enfants béninois, bien plus nombreux que les enfants dahoméens, et qui, par nécessité ou avidité, chantent partout à l'oreille de l'hôte, non plus « Yovo, bonsoir » mais « Yovo, cadeau », voilà qui est du plus mauvais effet. A la fin de son séjour, l'Asiatique, l'Américain, l'Européen pourrait s'en aller, disant : « Le Bénin, c'est bien, mais partout, sauf dans ton lit, tu es assailli par des enfants-mendiants, prêts à te faire la poche ». Le PAG doit donc tuer et enterrer « Yovo, cadeau ! » pour que vienne et vive à l'aise le touriste. L'éducation à la patience et au respect de soi à l'approche de l'ère du grand tourisme au Bénin sera prise en charge par les enseignants dans les écoles primaires et par les journalistes sur les radios de proximité. L'Etat fiancera cette éducation pour que le tourisme nous soit vraiment source de devises étrangères. « Nos enfants nous sont chers », aussi croyons-nous urgent de leur enseigner, en plus de la science, la patience et le respect de soi, vertus qui les porteront haut et loin.</p></div> Les grands moments de la musique béninoise https://24haubenin.info/?Les-grands-moments-de-la-musique-beninoise https://24haubenin.info/?Les-grands-moments-de-la-musique-beninoise Sun, 03 Jan 2021 11:49:00 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>CHRONIQUE <br class='autobr' /> Musique : Angélique Kidjo n'a pas dit la vérité Le titre a été modifié par la rédaction <br class='autobr' /> Angélique Kidjo est une star planétaire de la musique d'origine béninoise dont le talent fait l'unanimité partout dans le monde. Ses prises de position en faveur de l'Afrique fait d'elle l'un des porte-voix du continent sur la terre. Angélique Kidjo est simplement une figure emblématique qui est convaincue des maux de notre continent qui, pour elle, sont savamment planifiés par l'Occident qui ne cherche (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28878-ee65e.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p><strong>CHRONIQUE</p> <p> Musique : Angélique Kidjo n'a pas dit la vérité</strong></p> <table class="spip"> <tbody> <tr class='row_odd odd'> <td>Le titre a été modifié par la rédaction</td></tr> </tbody> </table> <p>Angélique Kidjo est une star planétaire de la musique d'origine béninoise dont le talent fait l'unanimité partout dans le monde. Ses prises de position en faveur de l'Afrique fait d'elle l'un des porte-voix du continent sur la terre. Angélique Kidjo est simplement une figure emblématique qui est convaincue des maux de notre continent qui, pour elle, sont savamment planifiés par l'Occident qui ne cherche qu'à appauvrir notre continent au profit des pays du nord. Elle a souvent appelé les Africains à la prise de conscience et à l'union pour surmonter toutes les difficultés de l'heure de l'Afrique. Angélique Kidjo s'est forgée une personnalité grâce à la musique qui fait d'elle l'une des plus fortes célébrités du monde. Elle est très sollicitée et écoutée même par les dirigeants des plus grandes puissances de la planète. Elle a quitté son pays, le Bénin, en 1983, pour la France dans le but d'exercer une carrière internationale.</p> <p> <strong>La musique dans la vie des Béninois</strong></p> <p>J'ai suivi dans la nuit du dimanche 27 décembre 2020 la diffusion d'un spectacle de Angélique Kidjo sur TV5 Monde Afrique enregistré à Mulhouse en France sans le public à cause du Covid-19. L'artiste Angélique Kidjo était splendide, éblouissante avec une voix impeccable et stridente comme à l'accoutumée sur scène. Mais j'ai été surpris d'entendre Angélique Kidjo dire au cours de ce spectacle qu'elle a quitté le Bénin parce que le régime révolutionnaire avait interdit la pénétration des musiques étrangères dans son pays et qu'on écoutait que des chansons en l'honneur à la dictature en place à l'époque. Certes, le Bénin a connu, dans son parcours, le régime militaro-marxiste dirigé en 1972 par le commandant Mathieu Kérékou. C'était l'époque du parti unique et de la pensée unique, une période assez difficile pour les Béninois car les causes du retard du pays sur les plans économique et infrastructurel jusqu'à nos jours proviennent de cette période. Paradoxalement, c'était sous le régime dictatorial que le Bénin a connu les activités culturelles et surtout musicales les plus florissantes de son histoire. La capitale économique du Bénin, Cotonou, était devenue dans les années 70 et 80 la plaque tournante de la musique africaine bien avant Abidjan. La Satel avait eu l'idée d'implanter à Cotonou un studio d'enregistrement de huit (08) pistes, l'unique en Afrique centrale et de l'ouest. Ce studio faisait drainer des artistes comme Éboa Lottin, Dina Bell, Isidore Tamwo, Ékambi Brillant, Sam Fan Thomas, Pierre Tchana, Eko Roosvelt etc. tous des Camérounais qui profitaient de leur séjour pour offrir de beaux spectacles aux mélomanes béninois. Les Congolais des deux rives de bousculaient également à Cotonou. Je peux citer Franco et son orchestre OK Jazz, Monseigneur Rochereau Tabu Ley avec tout son groupe Afrisa international, Abéti Massikini et ses Tigresses, Zaïko Langa Langa, Mpongo Love, Sam Magwana et sa bande Africa All Stars composée de Lokassa Ya Bongo, Shimita, Dizy Madjèkou sans oublier Pépé Kallé et son groupe Empire Bakuba, Suzy Kasséya etc. Ces derniers venaient s'établir pendant plusieurs années à Cotonou où ils jouaient de la musique congolaise avec les orchestres béninois Poly Rythmo, Black Santiago, Les volcans et les sympathiques de Porto-Novo avant de s'envoler pour les USA via Lomé, Abidjan et Paris. Pamelo Mounka, Pierre Moutouari, Serges Essou, Papa Wemba, Évoloko Joker, Tchico Tchicaya, Kanta Nyboma, Théo Blaise Kounkou ne manquaient pas le rendez-vous de Cotonou. Il faut dire que les Congolais y venaient le plus souvent pour des spectacles. De même, Myriam Makeba, Manu Dibango, Fela Anikulapo Kuti, Aïcha Koné ont plusieurs fois offert gracieusement des spectacles dans les années 70 et 80 au président Mathieu Kérékou au Hall des Sports devenu plus tard Hall des Arts et au Palais des Sports de Cotonou. La musique afro cubaine était aussi très prisée à l'époque au Bénin. C'est ainsi que des artistes comme Johnny Pacheco, Celia Cruz, Roberto Torres, Lyda Lynda, Oscar D' Leon au cours d'une tournée africaine étaient venus se produire au Stade de Cotonou 2 (Stade René Pleven). Les artistes haïtiens Claudette & Ti Pierre, Coupé Cloué étaient également à Cotonou pour des concerts exceptionnels en 1982. Le 02 septembre 1983, le public de Cotonou avait eu la chance de découvrir sur scène au Hall des Sports de Cotonou la dame aux reins de roseau Tshala Muana avec la danse Mutuashi. Depuis, toutes les filles cherchaient à l'imiter comme Isbath Madou. L'année suivante en 1984, Mbilia Bel débarquait à Cotonou avec Tabu Ley et l'Afrisa international de retour d'une tournée époustouflante au Canada et aux USA.</p> <p> En 1982, le morceau "Thriller" et "Billy Jeans" de Michael Jackson envahissaient tous les jeunes du Bénin qui voulaient adopter non seulement l'habillement, la coiffure et la démarche de la méga star de la pop music, mais surtout se livraient à la contorsion de Break dance et de Smurf, de nouvelles danses inventées par des jeunes Noirs aux USA. C'est ainsi que Lionel Richie, Boby Brown, Sydney etc. étaient devenus populaires auprès des jeunes béninois.</p> <p>En 1983, le morceau "Madiana" du groupe antillais Kassav' était sur toutes les lèvres au Bénin et en 1984, c'était l'apothéose avec la chanson " Zoukla sessa médicament ma nuni" du même groupe Kassav'. Le groupe antillais a multiplié d'autres succès comme "Rété", "Siwo", "Pa bisoin palé", "Wep wep wep" etc. Cette influence de Kassav' sur le public béninois a été amoindri par l'arrivée fracassante du nouveau roi du Soukouss Aurlus Mabélé avec son "Washiwa". Ses compagnons Jean Baron, Mav Cacharel, Ti Jean, Rémy Salomon, Daly Dimoko, Kanda Bongo Man, Diblo Dibala, Yondo Sister venaient trottiner régulièrement sur les scènes de Cotonou.</p> <p> <strong>La musique, une priorité du régime marxiste</strong></p> <p>Beaucoup de personnes pouvaient se poser la question de savoir comment les Béninois arrivaient-ils à être au parfum de toute l'actualité musicale des autres pays surtout les sorties de disques malgré le règne sans partage du système révolutionnaire de la pensée unique tournée par le marxisme léniniste ? Il faut faire savoir que le régime dictatorial de Mathieu Kérékou faisait du développement de la culture et surtout de l'art musical une de ses priorités pour assurer un essor harmonieux du pays. Tous les artistes du monde entier pouvaient fouler la terre du roi Béhanzin sans visa, sans titre de séjour et sans contrôle. Le chanteur français Jacques Higelin et le Béninois Nel Oliver avaient partagé la scène au Palais des Sports à Cotonou vers la fin des années 80. Au cours de la même décennie, le chanteur italien Quinto Di Roco était à Cotonou pour un inoubliable concert. Bembeya Jazz international et Les Amazones de Guinée, un orchestre composé exclusivement des femmes gendarmes du pays du président Ahmed Sékou Touré venaient dans les années 70 et 80 à Cotonou pour égayer les mélomanes béninois. La radio nationale, La Voix de la Révolution (Ortb), l'unique radiodiffusion de l'époque, pouvait diffuser des musiques étrangères de Nana Mouskouri, de Mireille Mathieu, de Johnny Halliday, de toute la mélodie française sans restriction, de Julio Iglesias, de Bob Marley, de James Brown, de Boney M., de Jimmy Cliff, ou du séné-gambien Laba sosséh sans oublier King Sunny Ade, de Obey ou de Prince Nico Mbarga. Les magasins tels que Albarika Store, Mélo-disco, Sono-disco étaient implantés sur tout le territoire béninois pour vendre les disques de tous les artistes du monde sans distinction aucune. Je ne sais pas à quel moment le régime révolutionnaire de Mathieu Kérékou interdisait la musique étrangère aux Béninois dont a parlé Angélique Kidjo lors de ce concert. Je suis persuadé qu'elle s'est trompée de pays et d'époque. Nous pouvons aisément dénoncer avec véhémence les affres et les dérives totalitaires du système marxiste léniniste prôné par le Général Mathieu Kérékou. Mais il est indéniable de reconnaître que c'était sous ce régime que la culture s'était véritablement exprimée depuis l'école jusqu'à la vie active. Nous pouvons ne pas aimer ce régime, mais nous devons avoir l'honnêteté de reconnaître certains de ses mérites. C'est aussi le devoir de chaque citoyen béninois.</p> <p> <strong>Jean-Discipline Adjomassokou</strong></p></div> LE PARRAINAGE OU LA DERNIÈRE MARCHE DES RÉFORMES POLITIQUES https://24haubenin.info/?LE-PARRAINAGE-OU-LA-DERNIERE-MARCHE-DES-REFORMES-POLITIQUES https://24haubenin.info/?LE-PARRAINAGE-OU-LA-DERNIERE-MARCHE-DES-REFORMES-POLITIQUES Sat, 02 Jan 2021 11:15:25 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>Depuis quelques semaines, le débat politique au Bénin est polarisé autour de la question de parrainage. Tous les acteurs politiques ou presque, toutes les organisations de la société civile ou presque y donnent de la voix et il ressort, pour l'essentiel, de ces prises de position qu'il faut supprimer le parrainage parce qu'il serait exclusif. Et pourtant, il n'en est rien et nous y reviendrons. Ce qui est en cause ici et qui dépasse le simple débat sur le parrainage, c'est la critique, ou plutôt (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28879-07d6a.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>Depuis quelques semaines, le débat politique au Bénin est polarisé autour de la question de parrainage. Tous les acteurs politiques ou presque, toutes les organisations de la société civile ou presque y donnent de la voix et il ressort, pour l'essentiel, de ces prises de position qu'il faut supprimer le parrainage parce qu'il serait exclusif. Et pourtant, il n'en est rien et nous y reviendrons. Ce qui est en cause ici et qui dépasse le simple débat sur le parrainage, c'est la critique, ou plutôt l'une des critiques fondamentales de la démocratie béninoise et celle de son système partisan.</p> <p>En effet, tout le monde sait, d'une part, qu'il ne peut y avoir de démocratie sans un système partisan viable et, d'autre part, que toute crise de la démocratie est d'abord et avant tout une crise du système partisan. Il en découle qu'une démocratie ne peut s'accommoder durablement d'une crise de son système partisan. Or, tout le monde sait que le système partisan béninois et donc la démocratie béninoise étaient structurellement en crise depuis trente ans et qu'il fallait les réformer au plus tôt.</p> <p>Ce besoin de réforme a d'ailleurs été régulièrement exprimé, depuis plusieurs années, par les acteurs politiques majeurs de ce pays, du Président Mathieu Kérékou au Président Patrice Talon en passant par le Président Boni Yayi, le Président Adrien Houngbédji et bien d'autres. C'est le Président Mathieu Kérékou qui le premier a parlé du « Bénin du futur » débarrassé de ses tares.</p> <p>En succédant au Président Mathieu Kérékou, le Président Boni Yayi a repris les mêmes critiques en parlant, durant son premier mandat, de « Changement » et durant son second mandat de « Refondation ». Il est sans doute le Président qui est allé le plus loin dans la critique de la culture démocratique développée par les acteurs politiques Béninois ces trente dernières années. Il a parlé de « démocratie pagailleuse et nescafé » qu'il faut à tout prix réformer et c'est à partir de ce moment que le débat sur la « dictature du développement » a fait son entrée dans le lexique politique béninois. Ce débat tendait à soutenir maladroitement que le développement était incompatible avec la démocratie et qu'en conséquence, il fallait prioritairement travailler à développer le pays avant de penser à le démocratiser.</p> <p>Ni lui ni le Président Mathieu Kérékou n'auront réussi à changer significativement le cours des choses durant leurs deux mandats respectifs. Pour lui, le changement supposait un changement individuel et personnel de chaque Béninois tandis que pour le Président Mathieu Kérékou, c'est la responsabilité de ceux qu'il traitait abusivement « d'intellectuels tarés qui se comportent comme des étrangers dans leur propre pays » qui est en cause. Il faut dire qu'en réalité, au Bénin, les intellectuels (terme au demeurant auquel on donne tous les sens, des plus justes au plus injustes) sont les mal aimés de la société sur lesquels les politiques rejettent trop souvent et trop facilement leurs responsabilités. Car en définitive, la responsabilité de la gouvernance d'un pays dans un régime démocratique incombe d'abord et avant tout, au Peuple souverain lui-même qui choisit librement ses gouvernants, ensuite aux élites politiques que le peuple distingue et honore en les désignant et enfin seulement, aux intellectuels pour autant que le Peuple et les élites politiques veuillent bien les écouter.<br class='autobr' /> Au total, toutes ces prises de position témoignaient d'un désir collectivement exprimé de changer le cours des choses ; les quatre seules questions non élucidées étaient celles de savoir, quand commencer, par où commencer, dans quelle direction aller et jusqu'où chaque acteur était prêt à renoncer à ses privilèges acquis ces trente dernières années. C'est le jeu démocratique qui apportera les réponses à ces questions étant entendu que c'est à celui que le Peuple aura choisi, qu'incombera cette responsabilité. Nous tenterons et, sans aucune prétention à l'exhaustivité, de décrire dans une première partie, la situation tant dénoncée par tous, à savoir la symptômes de la faiblesse structurelle du système partisan béninois (I) avant de rappeler pour mieux le préciser dans une seconde partie, l'esprit des réformes engagées depuis 2018, à savoir le renforcement du système partisan (II).</p> <p><strong>I / La faiblesse structurelle du système partisan béninois</strong></p> <p>La crise du système partisan peut s'analyser autour de trois grandes problématiques, à savoir, d'abord, le caractère ethnique et régional des partis politiques, ensuite, l'incapacité des partis politiques à gagner une élection présidentielle et enfin, la pauvreté du travail de l'opposition.</p> <p>En effet, en ce qui concerne le caractère ethnique et régionaliste des partis politiques béninois, ils avaient la réputation d'être, au mieux, des partis régionalistes et au pire, des partis ethniques ; aucun d'eux n'avait une dimension nationale. En effet, leur rayonnement ne dépassait guère la zone d'origine de leur Président fondateur (départements pour les plus ambitieux et communale, voire ethnique pour les moins ambitieux).</p> <p>Tous les observateurs et analystes de la vie politique béninoise étaient unanimes pour reconnaître que le PRD avait pion sur rue dans le département de l'Ouémé, le MADEP dans le département des Plateaux, le PSD dans les départements du Mono et du Couffo, la RB dans les départements du Zou et de l'Atlantique, pour ne citer que ceux-là. Par contre, ce que l'on ne disait pas assez, c'est que si ces partis se sont réduits à une dimension ethnique et départementale, c'est parce que face aux coûts prohibitifs des activités politiques, d'une part, et à l'absence de financement public de la vie politique, d'autre part, les Présidents fondateurs des partis qui supportaient seuls la quasi-totalité des frais de fonctionnement de leurs partis étaient contraints de faire des choix stratégiques de fiefs dans lesquels ils investiraient prioritairement.</p> <p>En ce qui concerne l'incapacité des partis politiques béninois à remporter une élection présidentielle, il convient de relever qu'aucun grand nom de la politique béninoise n'a jamais réussi à remporter une élection présidentielle avec son parti, qu'il s'agisse d'Adrien Houngbédji avec le PRD, d'Amoussou Bruno avec le PSD, de Nicéphore Dieudonné Soglo avec la RB en 1996 et 2001 et d'Albert Tévoédjré, pour ne citer que ceux-là. A contrario, le candidat Nicéphore Dieudonné Soglo de 1991 et les candidats Mathieu Kérékou et Boni Yayi ont gagné avec la complicité de certains partis politiques. Quant au candidat Patrice Talon en 2016, il a gagné contre eux puisqu'aucun grand parti connu ne l'avait soutenu au premier tour. Cette particularité négative de la démocratie béninoise avait, sans conteste, un impact aussi bien sur la gouvernance politique que sur la gouvernance économique du pays.<br class='autobr' /> Sur le plan de la gouvernance politique, à défaut de conquérir le pouvoir d'Etat et de gérer le pays, les partis politiques se sont transformés en micro entreprises pour capter les rentes de l'Etat. Les acteurs politiques ont développé des pratiques que nous avions qualifiées, par ailleurs, de pratiques d'Etat-gâteau, chacun apportant un soutien politique au régime en place contre de fortes récompenses en numéraires, en fonctions nominatives et/ou en marchés publics. Ils exerçaient un véritable chantage sur les régimes en place qui se terminaient parfois en crises ouvertes avec la prise d'ordonnances prévues pour les circonstances exceptionnelles par l'article 68 de la Constitution.</p> <p>Sur le plan de la gouvernance économique, pour l'immense majorité des Béninois et des acteurs politiques, l'Etat n'est qu'un immense gâteau à parts multiples et infinies auquel il faut absolument accéder au moins une fois dans sa vie pour prendre sa part. Cette culture de l'Etat fondée sur une conception péjorative fait le lit de la corruption comme mode unique de redistribution équitable de la richesse nationale, du peu ou pas d'égard pour le bien public et de rapports exécrables, voire vicieux de voleurs à receleurs entre gouvernants et gouvernés. L'exemple du siège inachevé de l'Assemblée nationale à Porto-Novo, pour des raisons évidentes de corruption sans qu'aucun régime n'arrive à le démêler, suffit à lui-seul à illustrer cette conception de l'Etat.</p> <p>En ce qui concerne ensuite le travail de l'opposition ces trente dernières années, il est de qualité plus que douteuse. En effet, l'opposition politique a eu pour habitude de disparaître au lendemain des élections -qu'elles soient communales, législatives ou présidentielles- pour ne réapparaître qu'à la veille de l'élection suivante. De même, la dimension intellectuelle du travail de l'opposition a toujours été faible si ce n'est quasi inexistante de sorte qu'aucune élection (présidentielle et plus encore législatives ou communales), n'a jamais été remportée sur la base d'un programme. Le débat sur l'option idéologique comme condition de création ou non de parti politique est à cet égard révélateur. Par ailleurs, l'opposition n'a quasiment jamais été portée par des partis sur la base de programmes alternatifs mais par des individus sur la base d'intérêts particularistes. Ce qui a abouti à une très forte individualisation, voire à une très forte personnalisation du débat politique avec le risque de transformer durablement l'Etat en un instrument de vengeance au lieu d'être un outil au service de l'intérêt général. Au total, le travail de l'opposition démocratique n'a presque jamais été valorisé ces trente dernières années, les acteurs politiques préférant la transhumance pour rester en contact permanent avec l'Etat-gâteau plutôt que de se battre pour un Statut substantiel de l'opposition. C'est tout ceci et bien d'autres encore qu'il importait de réformer.</p> <p><strong>II / Le renforcement du système partisan ou l'esprit des réformes</strong></p> <p>Créer un système partisan solide avec des partis politiques forts ayant une dimension nationale et capables de conquérir, d'exercer et de conserver le pouvoir politique, tant aux niveaux national, communal que local, sur la base de programmes alternatifs, tel est l'esprit des réformes politiques entreprises depuis 2018. C'est pourquoi, il convient de rappeler que dans la forme, le critère de parrainage ne doit pas être pris et traité isolément comme c'est le cas actuellement, mais plutôt comme un élément d'un ensemble cohérent de mesures qui concourent à la réalisation de l'esprit des réformes. Cet ensemble est composé de cinq séries de mesures relatives au durcissement des conditions de création des partis politiques, aux conditions d'éligibilité aux fonctions électives, au financement public de la vie politique, au statut de l'opposition et à l'institutionnalisation des élections générales.<br class='autobr' /> Pour ce qui concerne la première série de mesures relatives au durcissement des conditions de création des partis politiques, elles sont contenues dans la Charte des partis politiques. Désormais, pour créer un parti, il ne suffira plus d'avoir dix membres fondateurs par département (120 membres) mais quinze par commune, soit 1155 membres fondateurs. De même, il est exigé l'ouverture d'un siège dans toutes les communes du pays. Ces dispositions garantissent que le parti sera présent dans toutes les communes du pays, ce qui est de nature à renforcer sa dimension nationale. Par ailleurs ces dispositions rendent prohibitifs les coûts d'entretien des partis de sorte à dissuader les fondateurs aventuriers de partis politiques.</p> <p>La deuxième série de mesures porte sur les critères d'éligibilité aux fonctions électives et sont contenues dans le Code électoral. Pour prétendre désormais aux fonctions de conseillers communaux et municipaux, il faut non seulement que le parti présente des candidats dans toutes les circonscriptions électorales du pays mais en plus il faut qu'il recueille 10% des suffrages sur le plan national. Cette dernière disposition fait que l'on peut très bien être élu dans une circonscription électorale mais que, faute pour le parti de recueillir 10% sur le plan national, l'on perde le bénéfice de son siège : c'est bien ce qui est arrivé, entre autres, aux candidats PRD et UDBN dans de nombreuses communes lors des dernières élections communales de 2020. Le raisonnement qui sous-tend cette disposition que certains ont taxé, parfois à raison, d'anti-démocratique, est d'avoir des partis véritablement nationaux représentant au moins 10% des suffrages à l'échelle nationale, ce qui laisse théoriquement et formellement de la place pour dix partis dans le paysage politique du pays.<br class='autobr' /> Il en est de même pour les élections législatives ; non seulement les 10% de suffrages au plan national sont exigés pour être éligibles au partage des sièges mais en plus les alliances de partis pour prendre part aux élections législatives sont désormais formellement proscrites. La finalité ici aussi est très claire, c'est le renforcement du caractère national des partis politiques et ces dispositions contribueront, à n'en point douter, à réduire l'élan créateur de partis fantaisistes car à quoi servirait-il à l'avenir de créer un parti à un coût prohibitif si on sait que l'on ne pourra jamais réunir 10% des suffrages sur le plan national.C'est dans le même ordre d'idée que le parrainage a été institué comme critère pour prendre part à la présidentielle et c'est, toutes proportions gardées, l'équivalent des 10% de suffrages exprimés sur le plan national pour être éligible au partage des sièges des conseillers communaux, municipaux et de députés. Il faut réunir au moins 10% du collège des parrains composés des Députés et des Maires. Désormais et dans l'hypothèse la plus pessimiste, on ne pourra avoir plus de dix candidats à une élection présidentielle. Certes, on peut considérer que 10%, c'est trop élevé mais il est clair qu'à l'avenir, on peut penser à un élargissement du collège des parrains et l'ouvrir à tous les conseillers communaux et municipaux élus en même temps qu'on réfléchirait à un relèvement corrélatif du pourcentage des parrains qui pourrait passer de 10% à 15, voire 20%.</p> <p>Toutes les critiques sur le parrainage ne sont donc pas fondées ; d'abord, celle sur sa nature exclusive : non seulement tout critère est nécessairement exclusif par nature mais aussi il y aura toujours quelqu'un pour se plaindre d'une réforme qui entre en vigueur à un moment ou à un autre. Lorsqu'en 1990, la Constitution était adoptée, tous ceux qui nourrissaient encore le rêve d'être candidats et qui avaient déjà 70 ans ou n'avaient pas encore 40 ans ont pu se plaindre d'un critère exclusif. Ce sentiment d'exclusion a encore été ravivé en 2015 quand l'envie de candidature du Ministre d'Etat Komi Koutché s'était heurtée à ce même critère d'âge contenu dans l'article 44 de la Constitution mais pour autant, cela n'avait donné droit à aucun débat sur la nature exclusive de la Constitution. Ensuite, le parrainage n'interdit pas les candidatures indépendantes, comme certains ont pu le laisser accroire mais, c'est vrai, il les rend plus contraignantes toujours dans l'esprit de la réforme. Enfin, seule la critique de ce qu'il convient d'appeler « les pratiques du parrainage » peut sembler légitime. L'absence d'une loi fixant très clairement les conditions d'application du parrainage peut inquiéter les acteurs politiques mais ce qui pourrait les inquiéter encore plus, c'est la « pratique » qui pourrait très bien être en décalage total avec une loi prévue à cet effet. C'est pourquoi, il urge d'observer minutieusement la première application de cette règle pour en tirer tous les enseignements et ainsi en codifier ultérieurement les seules bonnes pratiques.<br class='autobr' /> La troisième série de mesures porte sur le financement public des partis politiques ; elles sont d'ordre constitutionnel et légal (article 5 nouveau de la Constitution et Charte des partis politiques). Désormais, le financement des partis politiques ne pèsera plus sur les seuls Présidents fondateurs et ils ne seront plus l'objet de manipulation de la part de leurs bailleurs privés. Les partis politiques qui seront éligibles auront ainsi les moyens d'agir sur toute l'étendue du territoire national. Au minimum trois milliards de francs CFA seront consacrés aux activités politiques en République du Bénin et ce montant est appelé à s'accroître.</p> <p>La quatrième série de mesures porte sur le statut de l'opposition et relève du domaine de la loi. Le fait pour les partis politiques d'avoir le sentiment que tant que l'on est dans l'opposition sa voix ne compte pas a facilité ce qu'il est convenu d'appeler « la transhumance politique » qui consiste pour les acteurs politiques de « retourner leur veste » à chaque changement de régime pour espérer rester en contact avec le « gâteau » (l'Etat) pour « prendre leur part ». Cette pratique politique a largement contribué à jeter le discrédit sur la classe politique béninoise et à accentuer la crise du politique et de la démocratie. Avec un Statut de l'opposition, même imparfait, la vie démocratique garantissant la pluralité d'opinions n'en sera que plus galvanisée, plus redynamisée et plus revitalisée.</p> <p>La cinquième et dernière série de mesures porte sur les élections générales ; elles sont d'ordre constitutionnel et légal. Désormais, à partir de 2026, toutes les élections auront lieu au cours de la même année dite « année électorale », laissant ainsi quatre années et demie sur cinq pour travailler, sans relâche, au développement du pays. Les élections législatives et communales auront lieu le deuxième dimanche du mois de Janvier et le premier tour de la présidentielle le deuxième dimanche du mois d'Avril de l'année électorale. Cette inversion du calendrier électoral qui fait passer les législatives et les communales avant la présidentielle est un formidable tremplin pour les partis politiques car celui qui aura gagné les législatives et les communales aura fatalement, comme par effet de domino, un avantage réel sur la présidentielle trois mois plus tard.<br class='autobr' /> Au total, les réformes du système partisan n'ont pas pour finalité d'exclure mais de renforcer le système partisan et il faut se réjouir de ce que mutatis mutandis, les acteurs politiques commencent par en accepter les règles. En effet, après avoir adhéré, dans un premier temps, aux règles de renforcement des conditions de création des partis politiques puis, dans un second temps, aux critères d'éligibilité au partage des sièges de conseillers communaux et de Députés, la dernière étape à franchir dans un troisième temps, c'est d'adhérer au principe de parrainage étant entendu que ni le statut de l'opposition encore moins le financement public de la vie politique ne souffrent, pour l'heure, d'aucune contestation.</p> <p>En 2021, la vague des réformes politiques aura abouti et il faudra attendre les dix, voire vingt prochaines années pour en voir le plein effet. A l'horizon 2030, la vie politique béninoise sera dominée par cinq grands partis au maximum avec une alternance au pouvoir construite autour de programmes qui trahiront des influences idéologiques certaines. Et qui sait, ces réformes produiront peut-être un effet inattendu, celui d'amener les Béninois à travailler enfin ensemble, à passer d'une logique individualiste à une démarche collective pour le développement du capital social du pays : qu'entre temps, ces réformes suscitent des remous et fassent des dégâts collatéraux est dans l'ordre normal des choses.</p> <p><strong>Par Topanou Prudent Victor</p> <p>Maître de Conférences de Science politique</p> <p>Faculté de Droit et de Science Politique</p> <p>Université d'Abomey-Calavi</strong></p></div> Réhumanisation de l'homme en 2021 https://24haubenin.info/?Rehumanisation-de-l-homme-en-2021 https://24haubenin.info/?Rehumanisation-de-l-homme-en-2021 Sat, 02 Jan 2021 08:16:52 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​Masqués, nous sortons de 2020. Masqués, nous entrons en 2021. Inhumain. Et le bon sens nous commet à la tâche de rétablir l'humain. Hors masque. En proximité et convivialité. Nous réhumaniser de toute urgence, alors même qu'épidémiologistes et infectiologues ne nous promettent pas pour les douze mois à venir les roses de Sainte Thérèse de Lisieux, mais les épines de la couronne de douleur du Christ en croix. Pire qu'en 2020. Il nous faut donc cultiver une détermination hors norme pour (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28876-7e438.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​Masqués, nous sortons de 2020. Masqués, nous entrons en 2021. Inhumain. Et le bon sens nous commet à la tâche de rétablir l'humain. Hors masque. En proximité et convivialité. Nous réhumaniser de toute urgence, alors même qu'épidémiologistes et infectiologues ne nous promettent pas pour les douze mois à venir les roses de Sainte Thérèse de Lisieux, mais les épines de la couronne de douleur du Christ en croix. Pire qu'en 2020. Il nous faut donc cultiver une détermination hors norme pour entrer en réhumanisation, alors même que le laboratoire burkinabé qui, après moult essais cliniques réussis, vient de certifier l'efficacité et l'innocuité de l'Apivirine, subit les foudres de la Grande Médecine et de la Grande Pharmacie avec menace de poursuites judiciaires. Parce que le Bénin avec son Apivirine pour contrer la pandémie, Madagascar avec son Covid-Organics pour contrer la pandémie, font sourire les savants au long cours, au motif que « de la Galilée, il ne sort point de prophète » (Jn., 7/52), et qu'on ne saurait ajouter foi aux trouvailles de ces bantoustans accusés d'office de chanter faux, alors même qu'ils chantent sans doute juste avec leurs potions nouvelles et scientifiques émanées de la phytothérapie millénaire des bonnes grands-mères d'Afrique. Mais les Béninois peuvent se révéler surprenants. Voilà un peuple qui, alors même que ses poulaillers atteignent rarement la taille d'une niche ou d'une voiture 2CV, tient pour intelligent et sensé, quand on a perdu un cheval, d'aller le chercher aussi dans le poulailler, sous prétexte que, en situation de détresse, l'on ne sait pas à l'avance où se cache le salut.<br class='autobr' /> ​Or donc, il est au Bénin un bourgeon d'espérance pour notre réhumanisation en 2021 : c'est une enquête scientifique voulue par l'autorité compétente, et dont les résultats sont scellés afin que les Béninois ne se lassent pas sur le chantier mondial des gestes-barrières déshumanisants. L'enquête révèle que 75% des Béninois testés positifs au Covid-19 travaillent sous climatiseur et roulent souvent en voitures climatisées ; ils vivent donc en vase clos refroidi. De ce fait, dit-on, ces mal-ensoleillés accuseraient un important déficit en vitamine D, fournie à profusion par le soleil accueilli à ciel ouvert, à l'air libre. Cette vitamine D serait, dit-on, un antidote puissant au Covid-19. Assertion confortée par le fait que, depuis le mois de décembre 2020, avec l'arrivée de l'harmatan et son vent sec et froid qui atténue de beaucoup les ardeurs du soleil, le Covid-19 connaît un regain de vie dans le Département du Borgou où l'harmatan se fait plus glacial qu'ailleurs au Bénin. L'on dit aussi que, dans l'hémisphère nord de la planète, l'hiver serait propice au Covid-19 à cause de la raréfaction du soleil. Il est dès lors possible d'établir que le soleil, protecteur de toute vie sur la terre, est capable d'en découdre avec le Covid-19, destructeur de la vie de l'homme. De par sa teneur en vitamine D seulement ou en quelque chose d'autre encore ? Chercher et trouver.<br class='autobr' /> ​S'il avait été évident que l'ensoleillement des corps était le seul remède au Covid-19 et à ses mutations, le Bénin aurait donné le coup d'envoi de notre réhumanisation. Mais il reste vrai que les résultats de son enquête constituent une piste à explorer, sans doute, un bourgeon à observer, sans doute. Comme il reste vrai que la tâche à faire pour notre réhumanisation requiert de tout chercheur le décuplement du regard qui lui est, en principe, familier : « Creusez, fouillez, bêchez : ne laissez nulle place / Où la main ne passe et repasse », conseille aujourd'hui encore La Fontaine. La tâche de notre réhumanisation requiert de tout chercheur le décuplement de l'attention qui lui est, en principe, familière : « Ecoute les autres, /Même les plus ennuyeux et les plus ignorants. / Eux aussi ont quelque chose à dire », conseille aujourd'hui encore l'auteur inconnu de DESIDERATA. La seule tâche qui requière la réflexion et l'action de tous en 2021, c'est la réhumanisation de l'homme.</p></div> Cinq hommes qui disent la fin de l'homme https://24haubenin.info/?Cinq-hommes-qui-disent-la-fin-de-l-homme https://24haubenin.info/?Cinq-hommes-qui-disent-la-fin-de-l-homme Sat, 26 Dec 2020 14:41:49 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​Le but de la vie, la fin de l'homme, c'est la mort. Et voici cinq hommes qui, mutatis mutandis, disent la fin de l'homme à l'aune de l'intelligence artificielle (IA). ​C'est d'abord Stephen Hawking (1942-2018), pour qui la mort collective est possible, logiquement envisageable. Décédé juste avant le millésime qui servit à baptiser un certain virus qui tue en vrac, l'astrophysicien de renommée mondiale ne pouvait s'y référer lorsqu'il déclara en 2014 à la BBC : « Je pense que le (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28802-0a4c4.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​Le but de la vie, la fin de l'homme, c'est la mort. Et voici cinq hommes qui, mutatis mutandis, disent la fin de l'homme à l'aune de l'intelligence artificielle (IA).<br class='autobr' /> ​C'est d'abord Stephen Hawking (1942-2018), pour qui la mort collective est possible, logiquement envisageable. Décédé juste avant le millésime qui servit à baptiser un certain virus qui tue en vrac, l'astrophysicien de renommée mondiale ne pouvait s'y référer lorsqu'il déclara en 2014 à la BBC : « Je pense que le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l'humanité. » Si la science du professeur de Cambridge n'avait été éprouvée par ses étudiants et ses pairs, on eût pu le prendre pour un farfelu. Pourtant, Jean-Gabriel Ganascia, enseignant-chercheur en intelligence artificielle à Sorbonne Universités, y alla d'une réplique sans bémol : « Croire qu'une machine pourrait égaler ses concepteurs et se retourner contre eux relève soit du fantasme, soit d'une méconnaissance de l'IA ». Pour Ganascia donc, l'IA ne peut pas compromettre la vie des hommes sur terre.<br class='autobr' /> ​Or, le 17 décembre 2020, lors d'une Interview à France-Soir, le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine en 2008, a rejeté à nouveau la thèse qui veut que le ci-dessus virus soit parti d'un pangolin. Pour le savant nobélisé, et qui l'a martelé, « il y a eu aussi fabrication », et « erreur d'estimation ». Et de déplorer qu'on ait pu créer le sentiment que « il n'y a plus de vérité scientifique ». Pour expliquer l'infortune, le professeur a envisagé plusieurs hypothèses : « échapper », « une fuite calculée », « un essai ». Son avis est que les chercheurs n'ont pas planifié le malheur qui frappe la planète, ils ne voulaient pas le mal de l'humanité, mais au contraire son bien, car ils auraient été en quête d'un vaccin anti Sida.<br class='autobr' /> ​A aucun moment Luc Montagnier n'a évoqué l'IA. Elle pourrait cependant servir de toile de fond à son analyse pour conforter la prescience de Stephen Hawking et constituer une pierre dans le jardin de Jean-Gabriel Ganascia. Car ce sinistre virus semant le deuil et qui mute à sa guise pourrait préfigurer une cyberattaque planétaire décidée par des robots auto-actionnés, ayant échappé au contrôle de l'homme qui les aura créés intelligents. Et c'est bien une telle fatalité que craignait Hawking dès 2014 : que l'intelligence créée par l'homme, mais détachée de l'homme, en vienne à se comporter comme « une force qui va ». Une intelligence libre et indépendante de l'homme, mais une intelligence sans conscience.<br class='autobr' /> ​Si le virus apparu en 2019 se justifie de « il y a eu aussi fabrication », Luc Montagnier aura tranché en faveur de la vision apocalyptique de Stephen Hawking, car l'IA n'est qu'à ses débuts, et l'on n'arrête pas le progrès. Les avancées de l'IA promettent pour l'avenir des fruits abondants. Des fruits vénéneux ? En tout cas, le petit-chose qui a ‘‘échappé'' répand d'ores et déjà panique et enfermement. Il remet au goût du jour les conseils de l'évangéliste Marc, il y a environ 2000 ans, pour conjurer l'abomination de la désolation : « …que celui qui sera sur la terrasse ne descende pas pour rentrer dans sa maison et prendre ses affaires ; et que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ! Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là… » (13/14-18).<br class='autobr' /> ​Et c'est alors qu'on s'en remet à l'angoissante consolation de Blaise Pascal : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. » Mais noblesse et avantage et savoir seront-ils encore attributs de l'homme quand l'intelligence artificielle, détachée de l'homme, aura écrasé l'homme ?</p></div> RETOUR DE LECTURE... https://24haubenin.info/?RETOUR-DE-LECTURE https://24haubenin.info/?RETOUR-DE-LECTURE Thu, 24 Dec 2020 10:56:26 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>Il y a 21 ou 22 ans, en 1999 ou 1998, je ne me rappelle plus exactement, j'avais détecté sa plume par l'entremise du journal Le Progrès où il s'est fait l'auteur d'un billet livré sous forme de brûlot volontairement sarcastique et méchant concocté contre quelqu'un que j'affectionnais et qui était Rédacteur en Chef du journal Le Citoyen. C'était un petit texte très agressif, vindicatif qui s'est permis de s'attaquer au physique de cette personne dans une diatribe corrosive particulièrement bien roulée. <br class='autobr' /> Ainsi (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH126/arton28782-eb08d.jpg?1610840679' width='150' height='126' /> <div class='rss_texte'><p>Il y a 21 ou 22 ans, en 1999 ou 1998, je ne me rappelle plus exactement, j'avais détecté sa plume par l'entremise du journal Le Progrès où il s'est fait l'auteur d'un billet livré sous forme de brûlot volontairement sarcastique et méchant concocté contre quelqu'un que j'affectionnais et qui était Rédacteur en Chef du journal Le Citoyen. C'était un petit texte très agressif, vindicatif qui s'est permis de s'attaquer au physique de cette personne dans une diatribe corrosive particulièrement bien roulée.</p> <p> Ainsi Tiburce participait-il à sa façon à ce que je croyais être à l'époque une guéguerre épistolaire entre canards encartés PRD et PRD- NOUVELLE GÉNÉRATION dans un contexte d'affrontement entre Adrien Houngbédji et son fidèle lieutenant Kamarou Fassassi que le Général Kérékou avait réussi à retourner contre le leader tchoco-tchoco. Face au petit texte, j'avais un sentiment ambivalent, j'en détestais le fond, et en adorais la forme. C'est méchant de s'en prendre au physique d'un ami, mais c'est si bien écrit que je ne pouvais que l'adouber.</p> <p>Cette plume qui s'est présentée et s'est imposée à mon admiration sur 1/8 de page malgré l'ogive nucléaire qu'elle portait contre mes sentiments amicaux envers ce Red/Chef il y a plus de 20 ans, je l'ai retrouvée avec maturité et sagesse sur 624 pages entières. Quelle délectation !</p> <p>Je ne fais pas dans le conformisme en rentrant dans la mouvance du charivari ambiant que MÉMOIRE DU CHAUDRON a installé dans l'univers de la toile. C'est parce que le livre est bon que j'en parle. S'il n'était pas bon, je n'en dirais rien. Il est excellent même et c'est pour rendre hommage à ce travail d'orfèvre, à cette œuvre de mémoire et de témoignages, à cet épique récit politico-sociologique que j'accouche tout ceci.</p> <p>En 12 jours, je l'ai lu deux fois, et ce n'est pas que j'en avais le temps, mais du temps, je lui en amenagais, tellement il donne envie qu'on le lise si on aime la bonne lecture et si on aime scruter et visiter le landerneau politique béninois. MÉMOIRE DU CHAUDRON est ce parfait alliage entre le bon français et le français utile. Le passé-simple y est utilisé de la meilleure des manières avec un maniement de la concordance des temps qui honore la grammaire et la construction syntaxique.</p> <p>Les envolées biographiques de l'auteur qui pouvaient apparaître dans un essai politique comme une faiblesse, en sont au contraire la force. Quand on y lit le passage de l'effraction qu'il a commise pour être à sa première rentrée <br class='autobr' /> scolaire, sa quinte amoureuse avec la frêle et énigmatique Aminata, on ne peut que tomber de charme pour ce gamin de Yéboubéri.</p> <p>Autre chose qui m'a aimanté dans ce livre, c'est le coup de fouet qu'il donne à la mémoire en la réveillant d'une torpeur installée par le temps long et la disparition de certains acteurs majeurs de l'histoire politique du pays. Ainsi MÉMOIRE DU CHAUDRON m'a fait revenir en mémoire certaines personnalités avec des détails de churigien comme Jean-Claude Hounkponou et son IPD affublé de son inusable GAMESU, de SAKA KINA avec son 2ème prénom GUÉZÉRÉ, et surtout de l'évocation de SIMON IFÈDÉ OGOUMA, tout comme si j'entendais encore mon père parler avec enchantement de cet idéologue du comité central du parti de la révolution populaire du Bénin 35 ans en arrière.</p> <p>Bravo Tibo, salut l'artiste !</p> <p> Constant SINZOGAN</p></div> Comment nous avons tout perdu en 2020 https://24haubenin.info/?Comment-nous-avons-tout-perdu-en-2020 https://24haubenin.info/?Comment-nous-avons-tout-perdu-en-2020 Sat, 12 Dec 2020 09:42:30 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​« Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique » ont commencé en 2019, se poursuivront en 2021, après avoir culminé en 2020, année qui restera dans nos mémoires comme celle de tous nos ébranlements. Le Covid-19, et c'est un truisme de le dire, nous aura lessivés, essorés, étalés. Réduits à quia et à ne plus croire à grand-chose. On veut se défendre, supprimer le mal. Mais où le trouve-t-on, au bout de quel microscope, de quel bistouri, dans quels laboratoires ? Ah, nos (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28607-45a6f.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​« Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique » ont commencé en 2019, se poursuivront en 2021, après avoir culminé en 2020, année qui restera dans nos mémoires comme celle de tous nos ébranlements. Le Covid-19, et c'est un truisme de le dire, nous aura lessivés, essorés, étalés. Réduits à quia et à ne plus croire à grand-chose. On veut se défendre, supprimer le mal. Mais où le trouve-t-on, au bout de quel microscope, de quel bistouri, dans quels laboratoires ? Ah, nos laboratoires et leurs vaccins ! Depuis les années 1980, le Sida a fait 35 millions de décès, 76 millions de contaminations, 40 millions de contaminés « en cours et pour toujours », 1 million de contaminés par an ; 40 ans de Sida et zéro vaccin. 10 mois de Covid-19 et 9 vaccins anti Covid-19 sortis de nos laboratoires ! Sidération. Soupçon. Interrogation. Quelle vie veut-on nous inoculer ? Ou bien, pandémie et business ? Et le Covid-19 a ébranlé notre croyance en l'honnêteté de nos laboratoires.<br class='autobr' /> De même qu'il a ébranlé notre foi en Dieu lorsque, au tout début des douleurs, nous avons vu le Pape à la télévision. Presque seul au milieu de la Place Saint-Pierre. Les quelques prélats et servants présents s'étaient retranchés derrière la peur de la maladie, à bonne distance les uns des autres. Tous contagieux. Il faut s'éviter. Pour l'humanité en détresse, François a prié devant un Christ de Toute Douleur et une Madone de Toute Tendresse. Et nous avons espéré. En vain. Et de voir le Pape esseulé et triste nous avait poussés à errer sur les rives du désespoir apaisé d'Alfred de Vigny : « Gémir, pleurer, prier, est également lâche ». Et l'on fut tenté d'« opposer le dédain à l'absence…, Et ne répondre plus que par un froid silence / Au silence éternel de la Divinité ». Dans son élan, le Covid-19 ébranla aussi notre convivialité, notre connivence avec autrui, puisqu'il faut désormais fuir tout le monde.<br class='autobr' /> ​Les guillemets à l'ouverture de cette réflexion renvoient à La peste d'Albert Camus. Fiction submergée par la réalité du tyrannique Covid-19. A Oran, on a vu la peste passer des rats aux hommes, et l'on savait à quelle horreur s'en tenir. Et quand la ville a été fermée et coupée de l'humanité, tous les Oranais se savaient victimes potentielles de la peste, mais savaient aussi qu'il y aurait une fin à l'inacceptable et que les survivants l'emporteraient sur les morts. Les lieux de culte restaient accessibles, et les catholiques d'Oran pouvaient aller écouter les prêches du père Paneloux et se consoler autant qu'il était possible. Au lieu que, avec le tyrannique Covid-19, la panique est partout et l'espoir nulle part. Il est même devenu salutaire de ne pas fréquenter les lieux de culte. Du bout des lèvres, les responsables politiques autorisent que l'on s'y réunisse à quelques-uns, plutôt dispersés que réunis, dûment enfermés dans les gestes-barrières. Noël à deux ou trois et en catimini ? La ville de Porto-Novo privée de sa fête patronale, de sa carnavalesque Epiphanie ? Est-ce encore la vie ? Que nous fera perdre de plus le Covid-19 ? Jugeant inhumain le repli sur soi imposé par la pandémie, certains se sont enlevé la vie ? Le Covid-19 nous a fait tout perdre en 2020.<br class='autobr' /> ​Lorsque, ébranlés par l'horizon christique annoncé, « beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui », Jésus se retourna vers les douze et leur demanda : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Et ce fut Pierre qui s'empressa de répondre pour tous, comme pour arrêter la débandade entrevue : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn, 8/66-68). Courage forcené ou espérance résignée de la part de celui qui, pour ne pas mourir, se reniera devant une servante ? En ces temps de toutes les nuits, il nous faut tous les courages d'espérer et d'agir pour rallumer tous les soleils que le Covid-19 a éteints, notamment en l'an 2020. Espérance éperdue et active. Solidaire. Nous n'avons pas d'autre alternative. Pour l'immense défi à relever par les survivants, sursum corda !</p></div> Obama et Trump et l'empathie en politique https://24haubenin.info/?Obama-et-Trump-et-l-empathie-en-politique https://24haubenin.info/?Obama-et-Trump-et-l-empathie-en-politique Sat, 05 Dec 2020 18:55:58 +0100 fr Judicaël ZOHOUN <p>(Par Roger Gbégnonvi) ​Certains politologues rendent le Covid-19 responsable de l'échec de Donald Trump, au motif qu'il a pris à la légère la pandémie. Analyse trop simple pour être vraie. Le nouveau virus se préoccupe de faire le bonheur des cimetières où il continue d'envoyer hommes et femmes qui ne demandent qu'à vivre quatre ans encore et plus. Il n'est pas intéressé à s'offrir en rab le second mandat de Trump, candidat à sa propre succession. Tout au plus, le Covid-19 a servi de miroir grossissant à (...)</p> - <a href="https://24haubenin.info/?-Divers-" rel="directory">Opinion </a> <img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt="" style='float:right' src='https://24haubenin.info/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28498-f63ac.jpg?1610840679' width='150' height='74' /> <div class='rss_texte'><p>(Par Roger Gbégnonvi)</p> <p>​Certains politologues rendent le Covid-19 responsable de l'échec de Donald Trump, au motif qu'il a pris à la légère la pandémie. Analyse trop simple pour être vraie. Le nouveau virus se préoccupe de faire le bonheur des cimetières où il continue d'envoyer hommes et femmes qui ne demandent qu'à vivre quatre ans encore et plus. Il n'est pas intéressé à s'offrir en rab le second mandat de Trump, candidat à sa propre succession. Tout au plus, le Covid-19 a servi de miroir grossissant à l'affligeante sécheresse de l'ensemble du tableau de l'artiste Trump. Le Covid-19 n'a pas sorti les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le Climat afin que fonctionnent à pleines fumées les hauts fourneaux américains, dût la planète étouffer, s'encombrer et sombrer sous les coups et blessures de l'homme ; le Covid-19 n'a pas songé à un mur pour empêcher les Mexicains de venir chercher travail, gîte et couvert sur le sol des Etats-Unis. Etc. De toute façon, les mesures protectionnistes et autres de Trump pour « faire l'Amérique grande et America First » ont porté les fruits escomptés : économie florissante, taux de chômage à plat. Quand il en est ainsi à la fin de son premier mandant, le président des Etats-Unis obtient le second sur des chapeaux de roue. Donald Trump a pourtant perdu.<br class='autobr' /> ​Donald Trump a perdu parce que dès le prologue de « L'audace d'espérer », livre-programme du futur président qui préparait sa candidature, Barack Obama écrivait : « Je suis convaincu que ce qui afflige les quartiers défavorisés participe d'un effondrement de la culture qu'on ne guérira pas seulement par l'argent, et que nos valeurs, notre vie spirituelle comptent au moins autant que notre PIB. » Le chapitre II du livre porte sur les valeurs. Obama écrit : « On imagine mal qu'un P-DG s'accorderait une prime de plusieurs millions de dollars tout en réduisant l'assurance maladie de ses ouvriers s'il les considérait d'une façon ou d'une autre comme ses égaux. De même, on peut présumer que les gens au pouvoir réfléchiraient davantage avant de déclencher une guerre s'ils pouvaient se représenter leurs propres fils et filles tombant au front.- Je pense qu'un sentiment plus fort d'empathie ferait pencher la politique actuelle en faveur de ceux qui luttent. Car, s'ils sont comme nous, leur lutte est la nôtre, et si nous ne les aidons pas, nous les rabaissons. »<br class='autobr' /> ​Barack Obama héritier de Montesquieu, auteur de « De l'Esprit des Lois », qui écrivait au XVIIème siècle : « Il faut observer que ce que j'appelle la vertu dans la république est l'amour de la patrie, c'est-à-dire l'amour de l'égalité. Ce n'est point une vertu morale, ni une vertu chrétienne, c'est la vertu politique. » Et il supplie qu'il ne faille pas, s'appuyant sur « point une vertu morale », lui faire « dire des choses absurdes, et qui seraient révoltantes dans tous les pays du monde ; parce que, dans tous les pays du monde, on veut de la morale ». Barack Obama héritier d'Aimé Césaire, maire emblématique de Fort-de-France. Il écrivait en 1939 : « Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : ‘‘Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai. Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. » Barack Obama héritier de Lionel Jospin, Premier Ministre français, qui voulait « introduire la morale en politique », sur la base du « respect de la morale républicaine ». Au quotidien espagnol El Païs, il déclarait le 30 novembre 1997 : « La moralisation de tous est indispensable. Je compte sur celle des chefs d'entreprises dont je connais le dynamisme. »<br class='autobr' /> ​Libéré du rien-que-le-dollar, regard haut et loin levé, Barack Obama a bâti son action politique sur une empathie exigeante : l'autre est mon égal, et moi, homme politique, je dois faire de sa lutte ma lutte. Les maîtres d'idéal empathique de Barack Obama ne sont pas légion mai ils existent. Puissent nos dirigeants suivre leurs traces à l'instar de Barack Obama.</p></div>