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Les eaux usées, un atout pour l’irrigation des cultures




Julien Chongwang

Lecture rapide
- Les eaux usées peuvent être une réponse à la pénurie d’eau croissante dans les champs
- Mais elles doivent être traitées avant d’être utilisées pour irriguer les cultures
- L’Egypte, la Jordanie et la Tunisie sont déjà citées comme des exemples en la matière

Au sortir du forum mondial sur l’alimentation et l’agriculture qui s’est tenu du 19 au 21 janvier 2017 à Berlin (Allemagne), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a recommandé l’usage des eaux usées dans l’agriculture pour faire face aux pénuries d’eau qui vont s’accentuer avec le changement climatique.

Pour Marlos de Souza, fonctionnaire principal au sein de la Division des terres et des eaux à la FAO, bien que des données y relatives ne soient pas disponibles, "seule une infime proportion des eaux usées traitées est utilisée à des fins agricoles (…) Cependant, de plus en plus de pays faisant face à une hausse des pénuries d’eau ont exploré plusieurs options".


“Selon la qualité des eaux usées traitées, certaines cultures seront ou non admissibles à l’irrigation. Par exemple, dans la plupart des pays, il n’est pas permis d’irriguer des légumes comme la laitue avec les eaux usées traitées”

Sara MarjaniZadeh
Expert en qualité de l’eau, FAO


Contactée par SciDev.Net, Sara MarjaniZadeh, expert en qualité de l’eau à la division des Terres et des eaux à la FAO, tient à définir au préalable ce que l’on entend par eau usée.

Pour elle, il s’agit de "l’eau qui n’a plus de valeur immédiate pour le but pour lequel elle a été utilisée, en raison de sa qualité, de sa quantité ou de son temps d’occurrence".

A cet effet, elle ajoute que "les eaux usées d’un utilisateur peuvent être une source potentielle pour un autre utilisateur ailleurs" ; avant de préciser que "l’eau de refroidissement n’est pas considérée comme de l’eau usée".

La FAO souligne pour cela que cet usage peut se faire en particulier pour l’irrigation directe ou indirecte des cultures.

Selon les explications de Sara MarjaniZadeh, "l’irrigation directe implique que les eaux usées sont directement utilisées dans l’agriculture, avant la dilution avec toute autre ressource en eau ; tandis que l’irrigation indirecte implique que les eaux usées ont été diluées avant d’être utilisées en aval".

"L’utilisation indirecte décrit également l’utilisation des eaux usées qui ont été injectées dans les eaux souterraines, puis l’eau souterraine est utilisée", poursuit-elle.

Problème

Le problème à présent est qu’à l’observation, les eaux usées sont produites en grande quantité dans les villes ; c’est-à-dire assez loin en général des zones où se pratique l’agriculture qui pourrait en avoir besoin.

Pour autant, cela n’est pas un souci majeur aux yeux de l’experte en qualité de l’eau de la FAO, surtout si l’on se projette dans le futur.

"Les villes sont dans une tendance continue de croissance et d’expansion. L’agriculture périurbaine et urbaine se développe en conséquence et devient une source importante d’alimentation de la population", dit-elle.

Attirant au passage l’attention sur une évaluation de l’ONU qui estime que d’ici 2050, 6,5 milliards de personnes vivront dans les villes et que les villes deviendront dès lors "l’avenir de l’agriculture".

Reste alors la teneur même de ces eaux usées qui contiennent souvent des déchets solides, voire des résidus chimiques qui les rendent incompatibles avec la pratique agricole qui se veut de plus en plus écologique de nos jours

A ce propos, Ababacar Diouf, ingénieur agronome en service au ministère sénégalais de l’Agriculture et de l’équipement rural, indique qu’à son avis, cet aspect ne constitue pas en soi un problème insoluble.

"En parlant de l’usage des eaux usées, dit-il, vous remarquerez qu’il y a la redondance des termes du genre : "correctement gérées", "traitées correctement", "bien gérées", "traitement adéquat", "en toute sécurité"…"

"Tout cela pour signifier qu’il y a des préalables impératifs, que des conditions sont posées et que cette utilisation est encadrée", conclut-t-il.

Risques environnementaux

Marlos de Souza précise justement que "utilisées et gérées en toute sécurité en vue d’éviter des risques environnementaux et pour la santé, les eaux usées peuvent passer de fardeaux à atouts".

Et Sara MarjaniZadeh d’insister : "Il est important de mentionner que nous mettons l’accent sur "l’utilisation sûre des eaux usées" dans l’agriculture", dit-elle.

Et d’ajouter : "les pays ont une réglementation qui les régit, dont certaines sont plus strictes que d’autres, exigeant un traitement tertiaire pour les eaux usées avant d’être appliquées dans le domaine agricole".

"De plus, conclut-elle, selon la qualité des eaux usées traitées, certaines cultures seront ou non admissibles à l’irrigation. Par exemple, dans la plupart des pays, il n’est pas permis d’irriguer des légumes comme la laitue avec les eaux usées traitées".

Quoi qu’il en soit, pour se convaincre de la faisabilité de cette recommandation, la FAO cite des exemples de pays qui recourent déjà plus ou moins abondamment à l’usage des eaux usées dans leurs pratiques agricoles sylvicoles.

Ainsi, l’organisation écrit que "en Egypte et en Tunisie, les eaux usées sont utilisées dans les projets agroforestiers, contribuant à la fois à la production de bois et aux efforts visant à lutter contre la désertification" ; tandis qu’en Jordanie, "l’eau recyclée représente 25 % de l’ensemble de l’eau utilisée dans le pays".

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