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Les drones iraniens suscitent toujours des inquiétudes au Sahel et en Afrique du nord. Dans son édition du 7 mars 2023, le journal Military Africa alerte sur la menace que représentent ces engins militaire aux frontières du Maroc.
Depuis quelques mois, le Royaume du Maroc ne cesse d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur la menace que représentent les livraisons de drones iraniens à l’Algérie, à destination des séparatistes du Front Polisario. À la fin de l’année dernière, le Polisario a menacé d’utiliser des drones militaires contre les Forces armées royales marocaines (FAR), positionnées le long du mur de défense du Sahara marocain. Cette annonce est intervenue au moment où le chef du Polisario se préparait à lancer un mouvement militaire à partir de Tindouf pour la "guerre d’usure" du front contre le Royaume.
La nouvelle a été révélée lors d’une conférence de presse à Nouakchott par l’envoyé du Polisario auprès du président mauritanien. "L’armée sahraouie utilisera bientôt des drones armés dans la guerre d’usure au Sahara occidental", a menacé Omar Mansour.
Ces engins sans pilote constituent une préoccupation aux frontières du Royaume, car ils peuvent être utilisés à des fins de surveillance, de reconnaissance et même d’opérations militaires.
En réaction à ces véhicules volants qui menacent la sécurité dans la région, les FAR ont défini une zone d’exclusion terrestre et aérienne, à l’est du mur de défense. L’Armée royale a commencé à utiliser divers véhicules aériens sans pilote (UAV), y compris des drones Bayraktar TB2 de conception turque.
Moins de vingt-quatre heures après la menace du Polisario, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a mis en garde contre l’acquisition de drones armés par des groupes terroristes et séparatistes.
"L’Iran, après avoir sapé la stabilité de la Syrie, du Yémen, de l’Irak et du Liban, est en train de déstabiliser notre région", a alerté Omar Hilal, ambassadeur du Maroc auprès des Nations Unies.
Au moment où l’Occident a les yeux rivés sur le rôle des drones iraniens en Ukraine, des pays africains craignent pour leur sécurité avec le rôle flou que joue Téhéran dans la région, en soutenant des mandataires terroristes. Certains observateurs craignent que l’Afrique de l’ouest devienne son théâtre d’opération après ses soutiens aux Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen et aux Fatimiyoun en Afghanistan.
L’Iran joue un rôle actif au Sahel, dans toute l’Afrique du Nord, avec divers groupes, tandis que le Maroc, l’un des plus anciens alliés des États-Unis dans la région, s’est inquiété, dès 2006, du fait que la région devenait un vivier et un exportateur d’une nouvelle génération de terroristes, a souligné Kieran Baker dans Military Africa. En Afrique, on craint de plus en plus que le soutien et le matériel fournis à des individus par l’Iran, et d’autres acteurs malveillants en Afrique du Nord, n’entraînent une augmentation des attaques et de l’instabilité, a-t-il ajouté.
Le Maroc, qui a subi des attaques terroristes dévastatrices dans le passé, en raison de sa position pro-occidental de pare-feu contre l’extrémisme islamique, se trouve aujourd’hui confronté à une nouvelle forme d’attaque.
La présence de drones armés à la frontière du Maroc, contrôlée par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, est comparable à la présence de missiles russes à Cuba.
L’axe Algérie-Iran dans le dossier Maroc-Polisario, doit faire l’objet d’une attention particulière de la communauté internationale, qui doit plutôt voir la situation sous l’angle d’une coalition qui se dote de capacités pour attaquer un allié des États-Unis.
Aujourd’hui, le danger est réel et l’alerte que donne le Maroc doit être prise au sérieux par les États-Unis et leurs alliés européens pour éviter le pire dans la région.