jeudi, 15 janvier 2026 -

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Chute de la population d’éléphants d’Afrique de 70 %

La guerre de l’ivoire, le braconnage et la déforestation au banc des accusés




Les éléphants d’Afrique significatif à la vie de la nature sauvage, avec leur intelligence extraordinaire sont en danger critique d’extinction. Les derniers rapports de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sont sans appel : les populations d’éléphants de savane ont chuté en moyenne de 70 %, tandis que les effectifs d’éléphants de forêt ont chuté d’un pourcentage encore plus important, de 90 % en moyenne. Dans l’ensemble, les populations d’éléphants ont diminué d’environ 77 %. Ce qui veut dire clairement qu’un éléphant meurt en Afrique toutes les 25 minutes, tué pour ses défenses en ivoire. Pour ne pas se mentir, il est fort probable que les résultats de l’UICN sous-estiment la réalité en raison du manque de données quantitatives sur l’extinction des populations d’éléphants sur le continent africain.

L’Afrique abrite au moins 400 000 éléphants, dont environ 5 500 en Afrique de l’Ouest. L’éléphant de forêt d’Afrique et l’éléphant de la savane font partie des 37 480 espèces menacées. Seules quelques poches dans quelques pays ont permis aux éléphants de se stabiliser ou de croître de façon relative, comme au Gabon ou au Congo. Mais la situation demeure alarmante.

La chute drastique de la population des deux espèces d’éléphants d’Afrique est causée par le braconnage intensif et la destruction de leur habitat à travers l’urbanisation et la conversion des forêts en terres agricoles. Par ailleurs, la pandémie du coronavirus a eu un impact négatif sur les efforts de protection de la biodiversité. Elle avait privé les pays de revenus de l’écotourisme qui servaient à financer en partie la protection des réserves naturelles.

Le braconnage

Les éléphants d’Afrique font partie intégrante de l’écosystème dans lequel ils vivent. Sans eux, cet écosystème aurait du mal à fonctionner correctement. Cependant, la première menace pesant sur l’éléphant reste le braconnage. L’éléphant est braconné pour sa viande mais surtout pour ses défenses contenant la précieuse matière qu’est l’ivoire. Les populations d’éléphants ont donc été décimées par le commerce d’ivoire passant de plusieurs millions d’individus dans les années 1970 à quelques centaines de milliers dans les années 2000.

Le braconnage a atteint son point culminant en 2011 et a depuis connu un ralentissement dans certaines régions, notamment en Afrique de l’Est. Cependant, il persiste encore et s’aggrave dans d’autres régions, comme en Afrique Centrale et de l’Ouest. Depuis 2019, plus de 50% des décès d’éléphants constatés sont dus au braconnage en Afrique. Ce qui entraîne de grandes pertes que ne peut compenser le nombre de naissances d’éléphanteaux. Cela entraîne un déclin de la population d’éléphants de l’ordre de 2 à 3% par an. Pour exemple, la région du nord du Sahel, qui comprend le Mali, le Tchad et le Nigéria, a subi certaines des pertes les plus graves, la pression intense du braconnage et le manque de protection ont contribué à l’extinction de la population locale d’éléphants d’Afrique.

Au-delà de décimer la population, le braconnage et le commerce illégal d’ivoire des éléphants posent d’autres problèmes. Ils alimentent l’insécurité et sapent alors le développement économique, social et politique des Etats africains. Par exemple, le braconnage de l’éléphant en Afrique aurait pour conséquence une perte de 25 millions de dollars de revenus touristiques.

Le braconnage effréné est né à la suite de l’augmentation du prix de l’ivoire, qui a été multiplié par 10 entre 2004 et 2018. En raison de sa position géographique centrale et de son histoire coloniale, la Belgique, selon l’UICN, est une plaque tournante du trafic illégal de l’ivoire. Entre 2007 et 2016, les douaniers belges ont saisi 3 616 produits dérivés de l’ivoire, selon WWF. La plupart de ces produits transitent par l’aéroport de Bruxelles et sont destinés à la Chine, où 79 tonnes d’ivoire ont été saisies depuis 2000. Ce qui équivaut à 10 800 éléphants tués !

La déforestation

Qui parle de la déforestation, parle de la destruction de l’habitat naturel et nourricier des éléphants. En effet, La deuxième grande menace pour les éléphants est la perte de leur habitat. Primo, ce sont les hommes qui empiètent sur les espaces de vie des éléphants. Les hommes utilisent de plus en plus de terres pour l’agriculture et créent de plus en plus d’infrastructures de développement notamment des routes. Cela a pour conséquences une fragmentation voire une destruction des zones d’habitat mais aussi une diminution des ressources alimentaires des éléphants.

Secundo, le changement climatique. De nombreux phénomènes découlent de ce changement comme les incendies naturels de plus en plus fréquents ou la sécheresse de plus en plus intense. Il y a les exemples du cas du bassin du Congo et celui du Gabon, due à l’extraction du bois industriel. Les activités agricoles ont dégradé l’habitat de l’éléphant d’Afrique. En effet, la destruction de l’habitat des éléphants à travers l’urbanisation et la conversion des forêts en terres agricoles, constitue aussi une menace extrême à la survie de l’espèce, déjà sur la liste rouge de la CITES.

La dernière grande menace pour les éléphants est celle des conflits avec les Hommes. Il existe des conflits entre les éléphants et les hommes pour les zones d’habitat. Les zones d’habitat des éléphants sont mitées par les activités humaines conduisant à une dégradation des milieux et à une perte de ressources. Les éléphants errent alors dans les cultures pour se nourrir réduisant parfois à néant les récoltes des paysans. Cela mène à un sentiment de ressentiment chez les hommes et des éléphants sont alors chassés.

Au Togo

Le trafic illicite d’ivoire reste une menace existentielle majeure pour l’éléphant, surtout que le cycle de la reproductivité de l’espèce est lent, comme celui du pangolin ou encore du lamantin. Le parc d’éléphant n’attire plus pour autant, mais le pays constitue une plaque tournante de transit pour le transfert illicite des ivoires.

L’Office Central de Répression du Trafic illicite de Drogue et du Blanchiment (OCTRIDB), la Brigade de Recherche et d’Investigation (BRI) et le Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF) en collaboration avec EAGLE-Togo ont enregistré depuis 2017, plusieurs cas d’arrestations et de saisies de défenses d’éléphants. Aussi, le code pénal dans son volet environnement, renforce la protection de la faune et de la flore.

Politiques de conservation

Bien que les éléphants d’Afrique soient confrontés à de graves dangers, des efforts de conservation soutenus de l’espèce se font sur le continent. Les stratégies de conservation englobent des efforts de lutte contre le braconnage et le trafic d’ivoire, comme le fait aussi bien le réseau EAGLE qui privilégie la répression et la lutte contre la corruption, afin de dissuader d’éventuel trafiquant d’ivoire. Parmi les pays qui n’ont pas encore mis un terme au commerce domestique de l’ivoire, le Japon dispose du plus grand marché et les sculpteurs japonais ont une préférence pour l’ivoire des éléphants de la forêt.

Il faut aussi prendre en compte concernant les mesures de lutte contre le braconnage, les législations des pays qui sont favorables, dans un premier temps dans l’application stricte de la loi contre les trafiquants d’ivoire et des espèces sauvages protégées en voie d’extinction, et, associer ces mêmes législations à une planification de l’utilisation des terres visant à favoriser la coexistence entre l’homme et les espèces fauniques.

Ces dernières années, plusieurs pays africains, notamment certains pays de l’Afrique Australe, ont montré la voie à suivre, démontrant qu’inverser la tendance du déclin des éléphants est possible. En effet, une législation de plus en plus sévère pour lutter contre le braconnage et la mise en place de parcs et réserves naturelles dans lesquels les éléphants et les autres espèces sauvages protégées peuvent vivre de façon prospère, sera un atout majeur. C’est l’exemple du parc national d’Amboseli au Kenya.

— 
Nicolas Koffigan E. ADIGBLI

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